29/08/2012 03:37:18
Le mépris du droit par l'impérialisme et la chasse aux sorcières contre Julian Assange
L’objectif de la Grande-Bretagne de déporter le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, vers la Suède est de créer les conditions pour le transférer aux États-Unis et pour qu’il y soit jugé pour trahison. Il s’agit là d’une entreprise malpropre, exécutée sur les instructions de l’administration Obama à Washington.
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Julian Assange

L’objectif de la Grande-Bretagne de déporter le fondateur de WikiLeaks, Julian Assange, vers la Suède est de créer les conditions pour le transférer aux États-Unis et pour qu’il y soit jugé pour trahison. Il s’agit là d’une entreprise malpropre, exécutée sur les instructions de l’administration Obama à Washington.

Son but est de punir et de détruire quelqu’un qui a grandement contribué à révéler au grand jour les crimes sanglants de gouvernements américains et britanniques successifs. L’élite dirigeante américaine et ses complices internationaux veulent faire un exemple d’Assange. Ils visent à intimider tous ceux qui cherchent à réfuter le tissu de mensonges officiels promu par la presse « grand public », habituée à dissimuler ou à justifier les crimes de guerre et les complots contre les populations du monde entier.

Ceux qui sont coupables de conduire des guerres d’agression en Afghanistan, en Irak et en Libye, de mener une guerre secrète contre la Syrie et de commettre des assassinats ciblés, des restitutions et la torture n’ont aucun scrupule à fouler aux pieds des principes fondamentaux du droit international et qui incluent le droit à l’asile politique.

Le gouvernement britannique qui est mené par une coalition conservatrice a menacé de retirer le statut diplomatique à l’ambassade d’Équateur à Londres et d’envoyer la police pour envahir les lieux et arrêter Assange. L’arrogance impérialiste de cette menace a été condamnée à juste titre par l’Équateur comme « un acte inacceptable, inamical, hostile et comme une attaque sur notre souveraineté. » Le ministre équatorien des Affaires étrangères a ajouté jeudi, lors d’une conférence de presse donnée pour annoncer la décision de son gouvernement d’accorder l’asile politique à Assange, « Nous ne sommes pas une colonie britannique. »

La Convention de Vienne définit explicitement une ambassade étrangère comme étant un espace souverain. Un tel poste diplomatique est considéré être le territoire d’une nation étrangère.

Le gouvernement britannique et ses suzerains américains se moquent bien de telles futilités juridiques. Le ministre britannique des Affaires étrangères, William Hague, a réitéré le refus de son gouvernement de délivrer un sauf-conduit à Assange et sa détermination de l’arrêter s’il mettait les pieds en dehors de l’ambassade équatorienne. Il a déclaré, « La Grande-Bretagne ne reconnaît pas le principe d’asile diplomatique. »

Proférant un mensonge méprisable après l’autre, Hague a poursuivi en précisant : « Il est important de comprendre que cela n’a rien à voir avec les activités de M. Assange à la tête de WikiLeaks ou l’attitude des États-Unis. Il est recherché par la Suède pour répondre d’allégations sérieuses de nature sexuelle. »

Le gouvernement suédois – le complice consentant du coup monté impérialiste contre Assange – s’est relayé pour soutenir la violation du droit d’asile commis par la Grande-Bretagne. Il avait fait usage d’accusations hautement contestables d’inconduite sexuelle pour exiger qu’Assange comparaisse en Suède pour y être interrogé, fournissant le prétexte pseudo-juridique pour son extradition. « Il est inacceptable que l’Équateur veuille entraver le processus juridique suédois et la coopération judiciaire européenne, » a dit le ministre suédois des Affaires étrangères, Anders Joerle.

Il n’existe aucune base juridique sérieuse pour les allégations d’abus sexuels contre Assange – les autorités suédoises n’ont même pas émis contre lui un acte d’accusation formel. Les accusations sont faites par deux femmes qui avaient rencontré Assange et qui avaient eu des relations librement consenties avec lui.

En réaction à l’octroi de l’asile politique par l’Équateur, Claes Brogstrom, l’avocat des femmes qui ont formulé les accusations d’agressions sexuelles, a déclaré de façon malhonnête, « Il n’y a aucune demande d’extradition de la part des Etats-Unis. »

Pas encore. Mais, comme Brostrom le sait parfaitement, le gouvernement Obama a convoqué un grand jury secret pour élaborer des accusations contre Assange. Il attend que ce dernier soit expédié en Suède pour intervenir.

WikiLeaks a rapporté qu’un groupe spécial a été mis en place par les agences américaines de renseignement et des assignations émises pour contraindre les associés de WikiLeaks à comparaître devant un grand jury. Assange a toutes les raisons de craindre de partager le sort du soldat Bradley Manning qui est accusé d’avoir divulgué des documents militaires confidentiels à WikiLeaks et qui est déjà incarcéré depuis plus de 760 jours, la plupart du temps dans des conditions inhumaines et abusives.

Une condamnation pour sédition pourrait entraîner la peine de mort. Alternativement, Assange pourrait être jeté dans le trou noir de Guantanamo ou dans une autre prison militaire. Assange a dit à juste raison craindre pour sa vie.

Tout le monde sait, sauf ceux qui ne veulent pas voir, qu’Assange est victime d’une chasse aux sorcières, et pourtant ceci n’a pas empêché les médias qualifiés de libéraux de continuer à soutenir une extradition et à dénoncer Assange. Le New York Times a carrément déclaré que « Le gouvernement Obama a refusé de dire ce qu’il planifiait le cas échéant, pour solliciter l’extradition de M. Assange vers les États-Unis. » Il s’est ensuite réjoui de ce que « WikiLeaks a considérablement rétréci durant les mois pendant lesquels M. Assange était en train de mener sa bataille juridique, » en dénonçant l’organisation d’être « une agence de la gauche politique. »

Les médias britanniques sont encore pires. Le Guardian a publié l’avis d’un juriste au nom des persécuteurs d’Assange, en écrivant dans un éditorial qu’il n’avait pas « de bonnes raisons de craindre » une persécution politique mais qu’il cherchait simplement à éviter les « allégations d’agression sexuelle qui sont, aux dires de tout le monde, un crime non politique grave. »

L’éditorial du journal The Independent a admis que « tous deux, le Royaume-Uni et la Suède, ont, ainsi qu’il fut rapporté, refusé de garantir qu’il n’aurait pas à faire face à des procédures d’extradition vers les États-Unis, » avant de déclarer benoîtement que ceci « pourrait alimenter les doutes. » Mais, il a souligné, « Dans les circonstances actuelles, toutefois, les États-Unis sont une source de distraction. Si M. Assange veut être à la hauteur de l’honnêteté et de l’intégrité qu’il professe, il doit se défendre en Suède pour ensuite contester au mérite toute extradition vers les États-Unis.»

Jamais depuis les années 1930 qui ont vu le triomphe du fascisme dans une grande partie de l’Europe et le développement de la Seconde Guerre mondiale, l’impérialisme n’avait opéré sur la scène mondiale en affichant un tel mépris de la légalité. Une fois de plus, la loi de la jungle prévaut dans les relations internationales. Ceci est la manifestation extérieure du virement vers la guerre de classe ouverte au sein des pays impérialistes sous la poussée de l’effondrement mondial du système capitaliste.

La persécution d’Assange qui est orchestrée par les États-Unis a uni une bande de brigands, de voleurs et de menteurs invétérés. Ils forment collectivement les représentants d’une oligarchie dont la richesse colossale porte la marque du sang, de la sueur et des larmes d’innombrables millions de gens à travers le monde.

La défense de Julian Assange et de WikiLeaks requiert la mobilisation politique indépendante des travailleurs et des jeunes contre l’offensive qui est menée par la classe dirigeante et tous ses défenseurs politiques. Une telle lutte doit être fondée sur une perspective socialiste visant à mettre en place des gouvernements ouvriers engagés à réorganiser la société sur la base de l’égalité sociale, de la liberté et d’une démocratie authentique.

Chris Marsden et Barry Grey

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