29/08/2012 05:32:43
Bakassi. Que fallait-il faire, et que faire ?
Presqu’île de Bakassi: Menaces constantes inquiétantes et inertie du régime de  Paul Biya. Que fallait-il faire, et que faire ?
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Presqu’île de Bakassi: Menaces constantes inquiétantes et inertie du régime de  Paul Biya. Que fallait-il faire, et que faire ?

Les menaces et visées de la reconquête de Bakassi se multiplient du côté des Nigérians et rencontrent l’apathie de M. Biya. Cette situation ne laisse la moindre tache de sommeil dans l’œil des patriotes camerounais, non pas parce que c’est Bakassi qui rendra le Cameroun riche et prospère ou aurait rendu le Nigéria tel (détrompons-nous !) mais tout simplement parce que ce qui est au Cameroun doit revenir pleinement au Cameroun.

Le 14 août 2008 se déroule la rétrocession au Cameroun de la péninsule de Bakassi, avec le retrait définitif de l’administration et des troupes nigérianes de cette partie du territoire camerounais.

BakassiLe régime spécial de transition dont bénéficient les Nigérians y vivant va du 14 août 2008 au 14 août 2013 (5 ans). Le Cameroun devra alors exercer ses pleins droits de souveraineté sur cette chère partie du pays aux terres très fertiles, au climat agréable, aux plages enviables, aux richesses halieutiques saisissantes et dont le sous-sol regorgerait beaucoup de gaz et de pétrole.

Malheureusement, les autorités de Yaoundé n’auraient pas compris que tout ce qui est chèrement reconquis ou conquis se conserve au moyen des sacrifices colossaux ; peut-être qu’elles l’ont compris, mais se trouvent trop occupées à voler des biens publics, à se régler des comptes personnels, à conserver leur pouvoir égoïste et à voyager à l’étranger, et affichent du mépris à l’égard de l’art de gérer les grandes victoires. 

Des nouvelles et signes en provenance de Bakassi et du Nigéria font voir que le 14 août 2013 pourrait trouver les Camerounais dans un état de désenchantement et non de jubilation. Ces bruits nous font imaginer que le sol de Bakassi pourrait en cette date boire en abondance le sang des fils et filles d’Um Nyobe dans un conflit armé pour la reconquête et de pacification qu’on aurait pu éviter.

Des nigérians vivant depuis longtemps sur Balassi nourrissent de plus en plus des ambitions indépendantistes et les matérialisent jour après jour. En cette ère de la rareté de l’énergie, il ne coûterait rien à certains empires industriels d’appuyer ces Nigérians et mettre enfin la main sur les ressources de Bakassi.

Du côté de certains officiels, c’est la remise en question même de la décision définitive de la Cour Internationale de Justice qui trancha ce litige territorial en  faveur du Cameroun. Ce que dit le Nigérian l’honorable Essien Ekpenyong Ayi, est assez révélateur et troublant:          

"We the people of Bakassi, up till today, reject the International Court of Justice judgement whose focus was on oil and not the people (…) New facts have emerged showing that the ICJ reached its judgement in error. (…) We have other legal, historical and geographical facts that were not considered by the International Court of Justice. (…) In due time, our legal team will present these facts to the ICJ but we need the Federal Government of Nigeria to put the machineries in place …”

Damnation ! Tout ceci parce que M. Biya est ailleurs ; parce qu’il est plus occupe à veiller sur son fauteuil ! Et peu importe que Bakassi nous glisse des mains comme un silure fraichement sorti de l’eau, et peu importe que d’autres parties du pays se détachent : tout va bien tant qu’il contrôle Yaoundé.  Il biaise sur ce qu’il faut faire pour mieux contrôler et conserver une  terre reconquise stratégique, riche, convoitée et occupée par des âmes mécontentes et rebelles.

Ce qu’il fallait faire : Au lieu que les éléments du Bataillon d’Intervention Rapide (BIR) passent le temps à se saouler sur des populations pacifiques du Cameroun qui ne revendiquent souvent que leurs droits, Paul Biya aurait formé ces hommes en uniforme et d’autres corps tout en les spécialisant dans divers secteurs de la vie économique, environnementale et sociale pour les déverser sur la péninsule.

Parmi les pécheurs nigérians aux côtes de Bakassi devraient se trouver des éléments militaires en civil bien équipés pour la pêche, la défense, la protection et les renseignements. 

Parmi les paysans et citadins nigérians devraient se retrouver beaucoup de militaires camerounais en civil bien équipés pour l’agriculture, la défense, la protection, le commerce et les renseignements.

Parmi les éducateurs et le personnel sanitaire devraient se retrouver en majorité des bouches très courtoises bien entrainées aux renseignements et aux armes. 

Dans un pays qui a des dirigeants responsables et visionnaires, la reconquête d’une terre discutée comme Bakassi aurait amené les dirigeants à y installer des centaines de milliers de patriotes camerounais en 5 ans en les appuyant matériellement et financièrement sur une période déterminée. 

Dans un pays avec des dirigeants responsables, ceux-ci se seraient rapprochés des Nigérians qui peuplent Bakassi sous différents angles : Appui sur des autorités traditionnelles et religieuses flexibles de la place, appui sur des éléments au sein de cette communauté pour obtenir plus d’informations et d’adhésions moyennant argent, biens de consommation ; accent mis sur les œuvres sociales : écoles, centres de santé, routes, ponts, médicaments et bons soins gratuits, aliments, nouvelles technologies, électrification.

Que faire ? Avec M. Biya il n’y a rien de grand à bâtir pour le Cameroun. Avec lui le pays va continuer à perdre. Une chose est certaine : N’étaient les négligences des deux régimes (Ahidjo et Biya) nous ne serions pas ici aujourd’hui.

M. Biya étant pris entre M’vomeka et les hôtels de luxe de l’occident, étant établi qu’avec le code électoral actuel l’on ne pourra chasser M. Biya du pouvoir par la voie des urnes, étant donné qu’il n’a rien fait de grand pour sécuriser Bakassi, ne fait rien et ne fera rien :

L’éviction de Paul Biya du Palais pour trouver des solutions définitives à la situation de Bakassi et aux questions cruciales d’intégrité territoriale du Cameroun et bien d’autres passeraient par un soulèvement populaire sans précédent dans l’histoire du Cameroun, ou par le courage des patriotes qui se trouvent au sein des armées camerounaises. Bien qu’en petit nombre ils sont nombreux car, le peuple est avec eux.

Léon Tuam,
Ecrivain, activiste des droits humains et enseignant.

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