16/09/2009 15:43:58
Gérard Sevestre : Alucam veut construire deux barrages hydro-électriques
Le directeur de développement de projets au Cameroun de Rio Tinto Alcan annonce des réalisations.
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Vous annoncez un projet de construction d'un barrage hydro-électrique sur le fleuve Sanaga à partir de Songmbengue (dans le département de la Sanaga-Maritime). Peut-on en connaitre les contours ?

Le projet de construction du barrage hydro-électrique sur le fleuve Sanaga commencera en principe en 2012. Et donc, il y a encore beaucoup d'études sur l'impact environnemental, social, etc. à faire, ceci dans le but de minimiser ces impacts et pour préparer le plan d'accompagnement sur le volet développement social et développement industriel. C'est aussi important pour nous car il faut préparer les programmes de formation et de mise à niveau des sous-traitants qui vont participer au projet.

Où sera situé le barrage de Songmbengue et quels sont ses caractéristiques ?

Le barrage sera construit en aval du pont sur le fleuve Sanaga qui traverse Songmbengue. Le pont sera reconstruit au niveau du barrage. Celui-ci aura une capacité de 1000 Megawatts. C'est-à-dire que le barrage de Songmbengue construit par Alucam aura une capacité trois fois supérieure à celui de Songloulou construit par Aes Sonel. C'est une construction qui va s'étaler sur quatre ans avec beaucoup d'emplois directs, indirects et induits que ce projet va générer.
Ces emplois se retrouvent dans des secteurs tels que le génie civil, le terrassement, la mise en œuvre de tous les équipements hydro-électrique. C'est un très gros projet. Une ligne électrique haute tension sera construite entre Songmbengue et Kribi pour alimenter l'usine de cette ville. L'excédent de l'énergie, de l'électricité produit sera mis dans le réseau pour le service public des Camerounais.

Est-ce à dire que si ce projet venait à être réaliser, Alucam, le plus gros client d'Aes Sonel, n'aurait plus besoin de la société production de l'énergie électrique ?

Non. Ces deux projets sont complètement différents. Comme vous le savez, le 12 août dernier, on a signé un protocole d'accord avec Aes-Sonel et on a envie de parapher le contrat avant fin septembre courant. Il y a donc un contrat d'approvisionnement avec Aes-Sonel pour l'usine d'Edéa. En dehors du barrage de Songmbengue, on construira un autre barrage sur le pont Nachtigal pour alimenter l'extension du barrage d'Edéa. Le barrage sur le pont Nachtigal aura une capacité de 330 Megawatts, c'est-à-dire dire à peu près l'équivalent du barrage d'Edéa. Mais Alucam va continuer à bénéficier de l'énergie d'Aes Sonel qui vient d'Edéa ; en plus de l'énergie du barrage de Nachtigal, car les besoins de l'extension de l'usine d'Alucam sont énormes. Aujourd'hui, Alucam a une capacité de 90. 000 tonnes et avec l'extension, on va passer à une capacité de 300. 000 tonnes par an. Et donc, on a besoin de ce contrat avec Aes-Sonel qui nous a aussi retardé dans l'évolution de ces projets. Car, comme vous le savez, il y a eu beaucoup de discussions dans cette affaire. Mais je crois que nous sommes en bonne voie, puisque nous avons un très fort soutien du gouvernement camerounais.

Ces grands projets sont à quels niveaux de leur exécution ?

Nous sommes à la phase conceptuelle. On va bientôt passer à la phase d'étude de faisabilité. Vous avez vu que le 27 juillet dernier, nous avons signé avec le gouvernement camerounais un protocole d'accord. Ce qui nous permet de passer à l'étude de faisabilité. Nous sommes sur une bonne lancée pour démarrer la construction du barrage de Songmbengue d'ici 2012.

L'énergie produite sera-t-elle mise à la disposition de la population ?

Tout dépendra d'Aes Sonel. Nous aurons de l'énergie haute tension qui sera disponible sur le réseau. Il faut ensuite que cette énergie soit transformée en basse tension pour l'usage domestique. On est aujourd'hui en train de rechercher des Gic (groupement d'initiative commune) qui vont construire des micros centrales électriques.

Vous annoncez tous ces grands projets dans un contexte mondial plombé par la crise financière. N'est-ce pas un peu paradoxal ?
C'est une très bonne question. Comme vous le savez à Alucam, nous ne lésinons pas sur les moyens pour réaliser nos travaux de manière rigoureuse. Pour le projet d'extension de l'usine d'Edéa par exemple, nous avons déjà dépensé 25 millions de dollars (environ 12,5 milliards Fcfa). Nous sommes bien conscients de la crise financière. Mais cette crise financière ne saurait durer éternellement. Comme tout phénomène, elle a un début et une fin.

Et lorsque la crise finira, nous déploierons notre plan d'action qui est sur le long terme, sur environ 75 ans. Nous n'allons pas quand même croiser les bras en attendant que la crise finisse. Nous sommes conscients que les besoins des Camerounais croissent au fil des ans. C'est la raison pour laquelle il nous faut concevoir des projets ambitieux comme l'extension de l'usine d'Alcuam et la construction d'une autre usine à Kribi pour répondre en temps réel aux besoins de la population camerounaise.

Eric Roland Kongou

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