31/08/2012 02:39:47
Syrie. La catalyse des ruptures
Pour le commun, il y a incontestablement une entreprise étatsunienne de mise en coupe réglée du monde, il n'y a qu'à voir l'agitation effrénée d'Hillary Clinton et de ses supplétifs britannique, français et arabe dominer l'actualité.Pourtant, cela n'est pas évident pour tout le monde, notamment au sein des milieux traditionnellement réactifs aux événements politiques.
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Pour le commun, il y a incontestablement une entreprise étatsunienne de mise en coupe réglée du monde, il n'y a qu'à voir l'agitation effrénée d'Hillary Clinton et de ses supplétifs britannique, français et arabe dominer l'actualité.Pourtant, cela n'est pas évident pour tout le monde, notamment au sein des milieux traditionnellement réactifs aux événements politiques.

A cet égard, ce que l'opération de l'Alliance atlantique en Libye a permis d'initier, la situation en Syrie est en phase de l'accomplir. Elle est en train de constituer un catalyseur de toutes les ruptures au sein des courants admis comme étant  marxistes révolutionnaires. Entre anti-impérialistes et soutiens à la «révolution syrienne», les clivages ont atteint le point de non-retour. Au milieu, un marais de militants désemparés est ballotté entre les arguments des uns et des autres. Et ce n'est pas le flot d'informations des médias de l'OTAN qui peut aider à se faire une idée claire des forces en présence sur le terrain, sauf à prendre pour argent comptant ce que disent les grands groupes de presse.

C'est-à-dire, en toute simplicité, qu'il y aurait un peuple en mouvement contre la dictature de Bachar Al Assad qui le réprime. Exit le fait que la moitié des morts soient des «pro-régime» et l'implication massive de combattants étrangers. Exit les manifestations massives des Syriens en défense de leur pays contre la volonté d'agression. Un pas est vite franchi par la majorité de l'extrême gauche européenne, selon le principe qui veut que toute contestation populaire est bonne à prendre contre un pouvoir considéré comme liberticide, conformément aux critères de la démocratie occidentale.

Cette attitude ancrée dans ses certitudes n'est pas trop perturbée par la  formidable machine de guerre mise en branle par les Etats-Unis et leurs vassalités européennes et arabes, principaux acteurs d'une «révolution», «représentée» par un CNS, dont on sait la composante interlope et le rejet dont il fait l'objet, y compris par les bandes armées. La difficulté est tournée par la dénonciation de l'ingérence impérialiste (en filigrane) qui sonne comme un alibi en marge d'un engagement franc aux côtés de «révolutionnaires» invisibles et inaudibles, qui ne sont pas islamistes et qui ne sont pas ces milliers de miliciens infiltrés par l'OTAN et par ses dépendances.

Ainsi, le confort intellectuel est assuré puis conforté par le fait que les anti-impérialistes sont rejoints par l'Iran, par le Hezbollah et par des personnalités qui flirteraient avec l'extrême-droite nationaliste. A contrario, le fait de se trouver, en tant qu'anti-Bachar, dans le même camp que l'OTAN et les monarchies du Golfe, ne semble pas déranger la conviction d'être du bon côté des choses. Pour la tendance anti-impérialiste, les éléments mis en jeu sont beaucoup moins emberlificotés.

A aucun moment il n'y a de caution donnée au pouvoir syrien, qui de son point de vue ne diffère en rien, par sa nature, de tous les pouvoirs au service de l'argent et du marché mondial. Ce qui rend, de fait, infondée  l'accusation de soutien à Bachar Al Assad et rend suspectes les attaques enrobées, qui occultent l'anti-impérialisme fondateur d'une opposition à l'ingérence étrangère et aux atteintes à la souveraineté d'un pays, sous n'importe quel prétexte et, encore moins, du fait d'une coalition impérialiste, dont les objectifs sont, on ne peut plus, évidents:

Ceux de choisir les gouvernements à la place des peuples. Une coalition OTAN/pétromonarchies plus déterminée que jamais à imposer son diktat.  

Ahmed Halfaoui

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