31/08/2012 03:34:11
Abus. Un Camerounais tabassť par un policier devant l'ambassade d'IsraŽl
Le message semble absolument probant : désormais, les simples citoyens de la capitale camerounaise devront certainement faire très attention  lorsqu’ils passeront devant l’ambassade d’Israël à Yaoundé.
Le Messager
TEXTE  TAILLE
Augmenter la taille
Diminuer la taille

Quartier Bastos à Yaoundé

L’infortuné a juste  commis le « péché » de s’arrêter pendant un temps devant la représentation diplomatique du pays de Benjamin Netanyahou à Yaoundé.

Le message semble absolument probant : désormais, les simples citoyens de la capitale camerounaise devront certainement faire très attention  lorsqu’ils passeront devant l’ambassade d’Israël à Yaoundé.  Car à tout moment, ils peuvent se faire tabasser et menotter par un policier posté devant cette représentation diplomatique située au quartier Bastos à Yaoundé. 

En tout cas c’est ce que vient de vivre dans la journée de ce 29 juin 2012, le nommé Vingvour René. Ce jeune homme âgé de la vingtaine a en effet été violemment tabassé puis menotté avant d’être enfermé dans une cellule du commissariat de police du dixième arrondissement de la ville de Yaoundé. Le jeune homme s’en est sorti avec des traumatismes au niveau du corps. Son bourreau n’est autre qu’un policier (dont l’identité n’a pas été révélée) qui était en poste à la guérite sécuritaire de l’ambassade israélienne à Yaoundé. Sa faute : s’être retrouvé pendant un temps devant cette représentation diplomatique.

Selon les différents témoignages, il était environ 10h lorsque le jeune homme Vingvour René est arrivé au quartier Bastos. Chercheur d’emploi, il avait rendez-vous ce matin là avec une dame (la prénommée Suzanne) qui travaille dans une société de coopération Sino-camerounaise basée au quartier Bastos, précisément non loin de la chancellerie de l’Ambassade Israélienne à Yaoundé, pour y déposer son dossier de demande d’emploi. Ce lieu lui avait apparemment été donné comme repère. Il s’y retrouve donc à l’heure indiqué, et muni d’un téléphone portable qu’il utilise avec une oreillette, il s’arrête donc juste devant l’ambassade pour appeler la dame avec qui il avait rendez-vous. Celle-ci lui aurait alors demandé de l’attendre sur place.

Regard rugueux

Alors qu’il patiente en face  de l’ambassade avec les oreillettes de son téléphone portable toujours en place, il est abordé par un policier armé jusqu’aux dents, qui vient de sortir du bâtiment de l’Ambassade d’Israël. Celui-ci, d’une voix ferme, lui intime l’ordre  de quitter immédiatement les lieux. 

Le jeune homme qui ne connait pas les habitudes de ce quartier diplomatique, à la fois un peu surpris et perdu par la fermeté du ton de cet homme en tenue armé de plusieurs pistolets automatiques, lui fait alors savoir qu’il a rendez-vous avec une personne qui lui a demandé d’attendre sur place et qu’elle ne saurait tarder. Mais le policier au regard rugueux ne veut rien entendre. « Je te demande de partir et tu me racontes ta vie ?Reste encore là une minute et tu vas voir ce qui va t’arriver », lui lance alors le flic-gorille.

C’est pendant que le jeune homme essaye encore de s’expliquer avec le policier qu’arrive Suzanne, la dame avec qui il a rendez-vous. Celle-ci, face aux éclats de voix, cherche ainsi à savoir ce qui se passe. Le policier plus acariâtre encore, exige à tout le monde de dégager. Les témoins affirment que, pour joindre l’acte à la parole, le policier aurait alors bousculé  le jeune homme et la dame. Il s’en est suivi une altercation verbale à l’issue de laquelle, le jeune Vingvour René aurait lancé à la dame venue la chercher les propos suivants : « Allons-y. Eloignons-nous d’ici face à ce comportement de fou ». Suffisant pour provoquer alors l’ire du policier qui va se saisir du jeune homme qu’il va jeterau sol avant de le rouer de multiples coups de pieds et de poings. Ni les cris des voisins de l’ambassade d’Israël et ceux des passants ne vont calmer le policier-gorille qui cognait davantage avec plus de vigueur. Notre consœur de la Crtv, Michelle Ngoumou qui habite le quartier et qui a suivi toute la sinistre scène, n’a pas pu ramener à la raison le policier déchainé. 

Ce qu’il faut noter est que la même triste scène où le policier se montre inutilement violent était certainement aussi suivie, on l’imagine, de l’intérieur de l’Ambassade israélienne, à travers les écrans de contrôle de sécurité installés un peu partout dans les alentours de cette représentation diplomatique. Mais aucune intervention n’a suivi pour stopper les violents coups du policier-gorille sur le pauvre homme. 

Après quoi, le Vingvour René est brutalement menotté et embarqué pour le commissariat du 10è arrondissement. Sur place, il lui est demandé par des policiers apparemment solidaires de leur collègue de service, de signer une lettre dans laquelle il avoue avoir insulté un policier dans l’exercice de ses fonctions. Ce que refuse le jeune homme qui sera ainsi jeté en cellule. Il ne sera libéré qu’en début d’après midi, après d’âpres négociations menées  par des membres de sa famille.

Moralité : il est désormais assez  dangereux de s’afficher devant l’ambassade d’Israël à Yaoundé.

Marlyse SIBATCHEU 

Publicité
Publicité

comments powered by Disqus
Publicité
Autres actualités
Plus populaires

PUBLICITE