12/09/2012 00:16:31
La « communauté internationale » peut-elle combattre le terrorisme international ?
De la « communauté internationale » au terrorisme international
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La « communauté internationale » peut-elle combattre le terrorisme international ?

Dans une de nos réflexion, nous avons modestement mis en lumière, toute l’escroquerie intellectuelle et morale que cachent systématiquement, certaines expressions utilisées pour masquer l’immoralité des entités politiques et économiques qui y recourent. Nous avions dit que l’expression « communauté internationale » participait de cette dynamique immoraliste qui est consubstantielle au capitalisme. À ce propos, nous devons retenir que le concept de capitalisme n’a plus la même signification que celle qu’avait donné K. Marx.

De nos jours, le capitalisme consiste en le financement des intérêts privés par l’argent public. Ce qui confirme, la vision que communistes et anarchistes avaient de l’État. C’est à juste titre qu’ils appelaient à son extinction. Mais, le contexte économique et politique actuel ne peut appeler à son extinction. Car, si je devais reprendre cette métaphore que le penseur Noam Chomsky a empruntée aux villageois brésiliens, je dirai que l’État est, pour les peuples soumis par les multinationales, une grille qui protège de leur voracité. La « crise économique et bancaire » qui frappe l’Occident depuis 2008 est là pour prouver que de nos jours, le capitalisme est devenu financements des intérêts privés par de l’argent public. L’argent des contribuables français, allemands et étasuniens a contribué à enrichir les intérêts privés représenté par Goldman Sax, Société Générale, General Motor, AIG et autres organisations terroristes financières qui auraient, nous a-t-on dit, perdu de l’argent.

a) De la « communauté internationale » au terrorisme international
 
Le terrorisme est l’autre expression si on ne prend garde, donc se sert l’organisation terroriste « communauté internationale », pour essayer de réaliser ses funestes et criminels desseins. Pour combattre toute organisation progressiste qui refuse son diktat impérialiste, cette entité génératrice de terrorisme dans le monde, les affuble du qualificatif « terroriste ».

Tels furent les cas de l’UPC de R. Um Nyobé, de l’ANC et Nelson Mandela (dont les Etats-Unis enlèveront le nom sur la liste en 1994), du Hamas, du Hezbollah et autres organisations politiques dans le monde qui lutte pour une autre voie du développement. En suivant la logique de leur définition, on ne peut conclure que les organisations telles que les FRCI en Côte d’Ivoire, le CNT en Libye, l’ASL et l’OSDH en Syrie, les États comme les Etats-Unis, Israël, la France, la Turquie, l’Arabie Saoudite, le Qatar, l’Allemagne, la Grande Bretagne, des organisations « humanitaires » comme HRW, FIDH, Amnesty International, « politiques » comme la Cédéao en Afrique, « économiques » comme la BM, FMI, Goldman sax, AIG, Coca cola, des médias comme AFP, CNN, TF1, France télé et autres médias sont des organisations terroristes.

Derrière la lutte contre le terrorisme, comme l’a si bien analysé le président Poutine, se cache une volonté « d’invulnérabilité » pour les Etats-Unis. Ce qui amène Poutine à penser, et avec raison, que « l’invulnérabilité » pour l’un signifie « vulnérabilité » pour les autres. Ce qui est, moralement et politique, inadmissible. Militairement impossible.

Nous entendons systématiquement la phrase « la communauté internationale doit se tenir comme un seul homme pour combattre le terrorisme international ». Dès lors, on peut se poser la question de savoir si la « communauté internationale » peut combattre le « terrorisme international » ?

Le terroriste Bill Clinton  eut raison lorsqu’il affirma le 6 août 1996 que « nul n’est à l’abri du terrorisme, que l’on se trouve dans le métro de Tokyo ou dans un autocar à Tel-Aviv, que l’on fasse du lèche-vitrine à Londres, que l’on se promène dans les rues de Moscou, que l’on soit militaire en Arabie Saoudite ou fonctionnaire à Oklaoma-city. » 

Effectivement, le terrorisme est le problème qui peut entraîner l’extinction de l’espèce humaine. Les entités qui disent vouloir lutter contre le terrorisme peuvent-elles réellement lutter contre cette réalité ? Pour y répondre, arrêtons-nous un instant sur la définition du terrorisme. Qu’est ce que le terrorisme ?

b) Qu’est-ce que réellement le terrorisme ?

Selon le « machin » (Onu pour De Gaulle), le terrorisme serait  « tout acte commis dans l'intention de causer la mort ou des blessures graves à des civils ou à des non-combattants, lorsque l'objectif de cet acte, par sa nature ou son contexte, est d'intimider une population ou de contraindre un gouvernement ou une organisation internationale à accomplir un acte ou à s'abstenir de le faire ». Ce serait « le meurtre de civils en dépit de toute cause ».

Je ne vais pas faire l’inventaire des cent définitions que j’ai pu répertorié sur cette notion. Néanmoins, je voudrai m’arrêter un moment sur la tournure d’esprit qui guide les différentes définitions occidentales de la notion du terrorisme. Dans le Hors-série de mars-avril-mai 2008, le journal très français Courrier international consacra une « étude » à cette notion de terrorisme dans lequel est repris sans distance et nuance, la définition du terrorisme donné par l’Onu dont tout le monde sait qu’elle ne diffère de la SDN que par le sigle. Leur définition du terrorisme, ne vise que la disqualification aux yeux de leurs opinions publiques, des victimes de leur barbarie qui refusent de se laisser compter fleurette.  

Première certitude : l'utilisation de la violence à des fins politiques est commune aux États (qu’il ne faut pas confondre avec la nation) et aux groupes non-étatiques. Tout le problème éthique est celui d'arriver à un accord sur une base devant déterminer quand l'usage de la violence (dirigée par qui, contre qui et pour quoi) est légitime. À partir de quand l’usage de la violence contre quelqu’un, une organisation ou une société humaine devient légitime ? C’est le problème que soulève la définition onusienne du terrorisme qui a la particularité d’être une définition politique qu’autre chose. Autrement dit, la majorité des définitions en usage ont été élaborées par des organes directement associés à un gouvernement, et ont un biais systématique excluant les gouvernements de la définition.

Deuxième certitude : l'étiquette contemporaine de « terroriste » est hautement péjorative; c'est un signe qui dénote un manque de légitimité et de moralité. Il est important pour les entités terroristes d'être accepté comme autre chose qu'une entité terroriste. Des organisations qui se définissent elles-mêmes comme terroristes sont donc pratiquement inconnus. Il est tout aussi important pour les opposants à une organisation ou entité que l'étiquette de « terroriste » lui soit appliquée. L'appellation « terroriste » est donc toujours contestée. Les tentatives pour définir le concept soulèvent invariablement des débats parce que des définitions rivales peuvent être employées en vue d'inclure les actions de certains partis, et d'exclure celles des autres.

Troisième certitude : la violence ne peut pas seulement être militaire. Pourquoi cette fixation de la violence uniquement sur le militaire ? Un tel choix n’est pas anodin et neutre. Réduire exclusivement la violence au seul moyen que possèdent les victimes de l’impérialisme occidental pour se défendre de la volonté d’occupation de leur territoire pour les soumettre à l’ordre colonial est proprement malhonnête. Pourquoi les sanctions économiques contre le Cuba, la Corée du nord, le Timor oriental, l’ANC, la Palestine après la victoire aux législatives du Hamas, l’Irak occupée, le Hezbollah, la Côte d’Ivoire indocile de Gbagbo, la Libye martyrisée de Mouammar Kadhafi, la Syrie libre d’Assad et l’Iran insoumis ne constitueraient pas un cas de terrorisme puisqu’il est question de violence ?

Pourquoi l’embargo sur les médicaments, imposé à la Côte d’Ivoire et le détournement d’un cargo de médicaments (sur Dakar en janvier 2010) qu’elle avait acheté pour soigner ses malades, par les vampires franco-onusiens, n’est pas du terrorisme. N’est-ce pas un cas flagrant  de violence et de brutalité exercées sur les civils d’un pays qui a refusé la soumission? Pourquoi l’instrumentalisation des banques françaises (Société générale et autres BICIC) pour affamer un peuple qui soutien son leader dans sa lutte pour la liberté de son pays ne serait pas un acte de terrorisme ? Désinformer et intoxiquer les populations et les empêcher d’avoir accès à d’autres sources d’informations par le bombardement de ces dernières comme cela s’est fait en Côte d’Ivoire avec la RTI, en Libye et en Syrie ne constitue-il pas un acte de terrorisme ? Le refus d’un autre son de cloche est-il contraire à la définition du terrorisme ?

c) « Communauté internationale » sans terrorisme ?

Le terrorisme est consubstantiel à la « communauté internationale ». Il ne peut y avoir de « communauté internationale » sans terrorisme. Dit autrement, il ne peut y avoir de pouvoir sans la violence. La « communauté internationale » est une expression de la volonté de puissance d’un certain nombre d’entités illégitimes qui essaient, par les moyens immoraux, illégaux et illégitimes d’imposer leur vue et leur vision de la société aux autres composantes de la vaste société des hommes. Or, une telle façon d’être au monde, une telle modalité de l’existence repose exclusivement sur l’utilisation de la brutalité, de la violence, armes des faibles.

La violence intervient quand la raison est morte. Le terrorisme ne finira que lorsque les Occidentaux cesseront d’êtres des Occidentaux pour devenir des Hommes. C’est-à-dire des êtres vivants dont, la vie est structurée par la morale. Mais la question philosophique est : sont-ils seulement capables de devenir des Hommes ? En tout cas, si nous devions terminer cette réflexion, la seule chose que nous pourrions dire est que la « communauté internationale » ne peut combattre le terrorisme puisque qui dit « communauté internationale » dit utilisation de la violence, de la brutalité, pour vouloir imposer son « ordre » au reste des autres composantes de la grande société humaine.


Gaetan Alain FUNKE
Formateur Consultant
Analyste des Médias
bangoffi05@gmail.com
Source : www.saftv.org

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