17/09/2012 02:29:00
« La fièvre antioccidentale » prend de l'ampleur
La vague de protestations des musulmans, provoqué par le film L'Innocence des musulmans, a retrouvé la force d’un tsunami global. Les États-Unis sont obligés de se défendre. Ils ferment d'urgence les ambassades au Niger, à Lagos et même dans nombre des pays de l'Europe Occidentale.
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Manifestation anti USA

La vague de protestations des musulmans, provoqué par le film L'Innocence des musulmans, a retrouvé la force d’un tsunami global.

Après les ambassades des États-Unis, celui-ci a déferlé sur les missions diplomatiques de l'Allemagne, de la Grande-Bretagne et s'est approché des ambassades d'Israël. De l'épicentre – l'Afrique et le Proche-Orient – le tsunami - « la fièvre antioccidentale » s’est abattu sur l'Asie.

Des milliers de personnes ont attaqué les ambassades des États-Unis, d'Allemagne et de Grande-Bretagne dans la capitale du Soudan Khartoum. Les grenades avec le gaz lacrymogène n'ont pas empêché les musulmans furieux de prendre d'assaut l'ambassade de l'Allemagne. À la place du drapeau allemand, on a arboré le drapeau de l'Islam.

Et en Tunisie, les manifestants ont réussi à lapider l'ambassade des États-Unis. On a incendié les arbres et les automobiles sur son territoire, et arboré l'étendard noir salafiste. Après la prière de vendredi, les pogromes se sont passés dans la ville de Tripoli dans le nord du Liban, en Egypte, au Yémen. La police a appliqué des canons à eau, a ouvert un feu préventif pour que la foule furieuse ne fasse pas la justice sommaire sur les représentants des missions diplomatiques des États-Unis.

Les États-Unis sont obligés de se défendre. Ils ferment d'urgence les ambassades au Niger, à Lagos et même dans nombre des pays de l'Europe Occidentale. Pour la protection de la sécurité des diplomates, le Pentagone a transféré en Libye, où avait péri l'ambassadeur des États-Unis, des fusiliers marins. Deux contre-torpilleurs américains sont arrivés dans la région. « La fièvre antiaméricaine » tôt ou tard devait embrasser le monde musulman, trouve le politologue Stanislav Tarasov :

Le meurtre de l'ambassadeur américain à Benghazi, bien sûr, c’est une tragédie. D'autre part, c’est la conséquence de la politique des États-Unis dans le monde islamique. Dans la politique, il y a un facteur de présence militaire. En Irak, plus d’un million de personnes était tué après l'agression des États-Unis. Les troupes américaines sont présentes en Afghanistan. Nous connaissons le prix des changements en Libye. Et l'Ouest se taisait à cette époque. Les humeurs antiaméricaines dans le monde islamique sont très fortes et graduées

D'autre part, le politologue Stanislav Tarasov est persuadé : toutes les actions de protestation et les pogromes dans les pays musulmans – c’est une provocation bien dirigée. Quelqu'un jette évidemment des bûches au feu de la guerre entre l'Islam et l'Ouest.

Cependant, la compagnie Internet Google a rejeté la demande des autorités des États-Unis de liquider le film scandaleux. Pourtant, une telle décision n'a pas désappointé Washington. L'attaché de presse de la maison Blanche Jay Karni a déclaré à cet égard : « Nous ne pouvons pas réprimer et nous ne réprimerons pas la liberté de ce pays à l'auto-expression ». Google a limité, en effet, l'accès à la vidéo en Inde et en Indonésie, et auparavant, l'a bloqué pour les internautes en Egypte et en Libye, où les protestations ont atteint la plus grande tension. Cependant, au dire des représentants de la compagnie, les restrictions étaient infligées conformément à la législation locale de ces pays, et non pour les raisons politiques.

Néanmoins, les pogromes se sont étendus sur l'Asie. En particulier, à Islamabad, Peshawar, Lahore, Karachi et d'autres villes du Pakistan, les manifestants brûlaient les drapeaux américains avec les exclamations « Mort aux blasphémateurs! Mort aux États-Unis! »

Comment les États-Unis construiront-ils après tout cela les relations avec le monde musulman ? Voilà le pronostic du chef du Centre des études orientales de l'académie Diplomatique le Ministère des Affaires étrangères de Russie Andreï Volodin :

Ces événements, qui se sont produits maintenant, c’est une suite naturelle des révolutions arabes, qui commencent à changer réellement non seulement le Proche et le Moyen-Orient, mais aussi le monde entier. Les États-Unis se sentent dans cette situation extrêmement mal à l’aise. Ils peuvent, certes, prétendre qu'ils dirigent le processus des révolutions arabes. En fait, ils sont obligés de s'adapter à ces processus.

Les interventions antiaméricaines en Libye, en Egypte, dans plusieurs autres pays ont fait voir la faiblesse des États-Unis dans la création de la stratégie à long terme en ce qui concerne les États arabes, trouve Andreï Volodine. Aujourd'hui, il est tout à fait évident qu'une telle stratégie soit absente. Les Américains seront obligés d’en construire une à nouveau.

Konstantin Garibov

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