21/09/2012 02:00:07
Cafouilis.... Autour de la noyade des enfants Epanya
Les affirmations du médecin légiste soulèvent davantage de questions sur la tragédie des fillettes Epanya : où a commencé cette tragédie et qui est donc le premier violeur ? Est-ce le même qui les a retrouvées dans la concession où elles sont allées jouer ? Ou alors est-ce un autre qui est tombé sous le coup de leur charme innocent, mais avec les mêmes fantasmes, que le premier ?...
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Le  8 août 2012 à Banguè, dans la banlieue nord de Douala, deux petites filles Sikè Epanya Rosy (8 ans) et sa sœur cadette Epanya Soppo Audrey Paola ont trouvé la mort dans des conditions que l’on n’arrive pas encore à élucider. Les deux filles de Me Epanya, avocat au barreau du Cameroun, en vacances chez leur tante paternelle, sont allées chez un voisin où un cruel destin les attendait. Elles seraient mortes par noyade dans la piscine de ce voisin, selon la première version donnée par la police le jour du drame.

Plus de trois semaines après ce drame, la vidéo de surveillance de la concession livre les images de la mésaventure des deux jeunes filles. (Voir Le Messager N° 3678 du 17 septembre dernier – P.5). Images complètées par un rapport d’autopsie du médecin légiste. Ce denier « confirme » la mort par noyade des fillettes. Là où l’affaire se corse c’est qu’à ce que l’on peut considérer comme accident, le praticien aurait constaté « des manœuvres recto-anales anciennes et récentes », sur les corps des victimes. Une hypothèse qui rejoint la version donnée par Me Epanya, le géniteur des deux victimes, dès le lendemain du drame. Ses filles ont été sodomisées, soutenait-il, la voix nouée par l’émotion.

Le décès des deux petites filles draine une série de curiosités. Des accidents du genre, nombreux à Douala, devraient cultiver une prudence de tous les instants partout où il y a une piscine. Les occupants de la concession du drame étaient scotchés devant un écran Tv, absorbés par les jeux Olympiques, « oubliant » que deux fillettes jouaient à la piscine. Quand le pire a été constaté, aux dires de Me Epanya sur les antennes de Canal2 International, non seulement on s’est évertué à camoufler le transfert des corps, du lieu du drame à l’hôpital Général de Douala où, selon le Dr Eloumou Bissassa Patrick, les deux messieurs qui ont acheminé les dépouilles en sont repartis sans qu’on s’en rende compte et sans qu’ils soient identifiés. C’est bizarre ! Mais quand on connaît ce pays depuis quelques années, ce n’est pas étonnant. Impossible n’est pas camerounais, surtout quand la maffia locale est en action. A en croire le père des défuntes, il subira même les menaces du commissaire de police du 12è arrondissement en charge de l’enquête préliminaire, clame-t-il à travers les médias.

C’est vraissemblablement la première fois que les fillettes Epanya séjournaient chez leur tante à Banguè où, après leur décès on découvre sur elles des séquelles anciennes et récentes de sodomie. Par qui donc ? La toilette des gamines de cet âge-là est souvent assurée par leur mère ou une personne, une femme surtout, attachée à leur service. Parler des séquelles anciennes, la personne qui leur fait la toilette intime aurait découvert ce viol assez tôt. Puisque le faisant, elles auraient eu mal et l’auraient manifesté soit par des cris de douleur, soit par le refus de ce bain intime. Tout comme en allant à la selle. Voilà au moins deux occasions qui auraient révélé avant leur décès que les fillettes seraient  objets d’abus sexuels d’un sado-maniaque. Qui serait donc leur premier bourreau ? Mystère et boule de gomme jusqu’à présent.

Les affirmations du médecin légiste soulèvent davantage de questions sur la tragédie des fillettes Epanya : où a commencé cette tragédie et qui est donc le premier violeur ? Est-ce le même qui les a retrouvées dans la concession où elles sont allées jouer ? Ou alors est-ce un autre qui est tombé sous le coup de leur charme innocent, mais avec les mêmes fantasmes, que le premier ? Des questions et d’autres dont les réponses seraient édifiantes quant à la suite des investigations. Et là, sans vouloir en ajouter à la douleur de la famille Epanya et autres proches qui sont sous le choc, cette famille est fortement interpellée. Tant il est vrai que le viol et l’inceste se répandent de nos jours dans les familles comme la peste. Des parents, des voisins, on ne sait plus en qui se cache une âme de violeur. Le père, le frère, l’oncle ou le cousin peuvent bien développer des penchants incestueux. Le secret est très souvent gardé. C’est scandaleux tout de même !

L’autre curiosité vient du père. Le 13 août, il introduit une requête manuscrite auprès du procureur de la République près le tribunal de Première instance de Douala-Ndokoti « aux fins de sursis à autopsie sur les corps de mes deux enfants décédés le 08/08/2012 des suites de noyade…Pour des raisons personnelles et surtout après avoir visionné personnellement la vidéo de leur décès »…et « en attendant que la Justice puisse avoir accès aux bandes de surveillance vidéo pour leur exploitation ». Il est par ailleurs difficile de comprendre pourquoi les victimes ont été finalement inhumées alors que l’enquête judiciaire n’était pas encore bouclée. Dans les cas d’espèce, c’est le Parquet qui devrait ordonner la main levée en vue de l’enterrement.

Cartésiens ? N’allez surtout pas lire la longue interview de Me Epanya accordée au journal Aurore Plus, publiée successivement dans les éditions  N°1444 et 1445. Vous y laisserez tout votre latin.

Hormis la tragique disparition des fillettes Epanya, ce qui choque davantage devant la recrudescence des cas de viol et d’inceste, c’est la passivité, voire le silence des organisations non gouvernementales de la société civile qui brandissent l’étendard de défenseurs des droits des enfants et des  mineurs victimes du viol et autres abus sexuels. Des actes qui, commis sur mineures, relèvent du crime. Encore que par dessus tout les fillettes Epanya sont passées de vie à trépas. Sous d’autres cieux, ce drame serait en train de soulever toutes ces associations, les pères et les mères de familles. Divers comités seraient constitués pour réclamer la vérité sur ce qui s’est réellement arrivé à ces enfants. Il y a eu l’affaire Dutroux en Belgique il y a quelques années. Chez nous, c’est le calme plat. Seuls les journaux en parlent. C’est comme ces agressions qui se déroulent tous les jours dans nos quartiers, dans la rue dans l’indifférence totale des voisins et des passants. Où est donc passée la fameuse et légendaire solidarité que l’on dit africaine ? Il va sans dire que tous les jours et à chaque instant, elle fond sous les effets des égoïsmes et des intérêts de toutes sortes. Notamment des plus diaboliques.

Voilà encore un drame qu’on est en train d’enterrer, avec la complaisance de nous tous. Pour des intérêts inavoués de quelqu’un parmi nous.

Jacques Doo Bell

Le Messager

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