21/09/2012 03:29:10
Cameroun. Le Prince paralyse le trafic dans le Grand nord
La garde présidentielle a bloqué la circulation hier sur la nationale n°1 entre Ngaoundéré, Garoua et Maroua ; afin de permettre au chef de l’Etat de visiter quelques localités sinistrées. L’ire des pro-Marafa...
Le Messager
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Paul Biya

La garde présidentielle a bloqué la circulation hier sur la nationale n°1 entre Ngaoundéré, Garoua et Maroua ; afin de permettre au chef de l’Etat de visiter quelques localités sinistrées.

Beaucoup ont cru à l’affaissement d’un autre pont sur la nationale n°1. Que non. Le calvaire des usagers de la route Ngaoundéré-Garoua-Maroua a duré huit (8) longues heures. C'est-à-dire entre 10h et 17h. Il était formellement interdit d’aller et de venir.

Raison avancée par quelques chauffeurs ivres de colère, «il parait que le chef de l’Etat (qu’accompagne Chantal, Ndlr) va visiter les villages qui souffrent des inondations. Pourquoi nous bloque-t-il la route comme ça ?», assène un conducteur de camion. Quasiment au même moment, les élèves du lycée de Rabingha (35 Km de Garoua) au lieu dit carrefour Lagdo, se sont déversés sur la voie publique. Le reporter de votre journal apprendra alors qu’ils ont dû être «libérés » précipitamment pour acclamer le passage du « Prince » dans la localité. Mal leur en a prit car Paul et Chantal se sont rendus à Lagdo abord de l’«Hirondelle du couple présidentiel». Journée sèche cours donc pour ces élèves du secondaire dont les enseignants se comptent au bout des doigts. En rangs dispersés et le pas alerte, ils ont quand même convergé allègrement vers le « Carrefour Lagdo ». L’on pouvait apercevoir -à perte de vue- de part et d’autres une longue file de véhicules stationnés. Et ces milliers de passagers dans tous leurs états !

«Le chef de l’Etat va passer par là pour visiter le barrage hydroélectrique de Lagdo», apprend-on. Le champion du Rdpc s’est rendu ensuite à Maroua où il a passé la nuit de mercredi à jeudi. Une autre descente marathon du chef de l’Etat s’est effectuée hier jeudi à Maga, avant son retour à Yaoundé. Ceux qui en ont bavé sont ces usagers de la route dont le programme a été brisé. En quittant Ngaoundéré ou Maroua (pour les uns) dans la matinée de mercredi, ils étaient loin d’imaginer qu’ils buteraient sur l’agenda présidentiel. Comme il y a deux semaines lors de l’affaissement du dalot d’accès au pont sur le Mayo Bocki, les compatriotes de Paul Biya ont poiroté des heures avant le rétablissement du trafic entre Ngaoundéré, Garoua et Maroua.

NB. La titraille est de la rédaction de cameroonvoice

Agenda. Paul Biya esquive les pro-Marafa

Le chef de l’Etat n’a accordé aucune audience en sa résidence de Garoua où des proches de l’ex-Minadt espéraient lui demander la libération de leur élite.

Dans les quartiers de Garoua 1 et 2 (Laindé, Takasko notamment) la communion entre les populations sinistrées et le couple présidentiel a duré 1 heure 30 minutes environ. Celles de l’arrondissement de Lagdo ont eu droit à une cinquantaine de minutes. Ici, le chef de l’Etat a par ailleurs visité le barrage hydroélectrique menacé il y a quelques semaines de rupture du fait de la crue excessive des eaux.

L’ouvrage a eu la vie sauve grâce à l’ouverture de l’une des vannes sur ordre du gouverneur Otto Wilson. Cette mesure est en partie à l’origine des ravages dans des quartiers de Garoua, et Pitoa notamment. Officiellement, le bilan de ces inondations au Nord est de 14 morts, des dizaines de disparus, des exploitations agropastorales saccagés, 22 000 sans abris… Partout où il est passé, le chef de l’Etat a dit être porteur d’un message de réconfort. « Vous n’êtes pas seul », a-t-il lancé à chaque fois à l’endroit des sans-abri.

A Lagdo, la commune a pris sur elle de « loger » les sinistrés dans des écoles ou des domiciles privés. Un élan de « solidarité » que Biya salue au passage. Et de leur promet en retour un fonds spécial pour la reconstruction des biens saccagés par les eaux.

L’ire des pro-Marafa

De sources dignes de foi, le chef de l’Etat a décliné toutes demandes d’audiences initialement prévues à sa résidence de Garoua. Une résidence présidentielle qu’il n’a même pas daigné approcher. « Il a refusé de venir à la résidence parce que nous l’attendions de pied ferme lors des audiences pour lui réclamer la libération de Marafa », souffle un responsable du Rdpc à Garoua. Il ajoute que de vives altercations les ont opposés avec des membres du protocole du chef de l’Etat. « Pourquoi ils ont changé de programme. Il n’aurait pas dû venir s’il n’avait pas l’intention de s’entretenir avec nous », peste une militante du parti au pouvoir. Décidément tout le décor planté à la résidence présidentielle n’aura servi à rien. Paul Biya, tel un sphinx s’est contenté du pavillon présidentiel de l’aéroport international de Garoua.

Salomon KANKILI

 

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