26/09/2012 01:29:13
Cameroun. Issa Tchiroma : « Marafa n'était qu'un prédateur »
Les différends qui opposent à l’ex-ministre de l’Administration territoriale (Minatd) condamné à 25 ans de prison au ministre de la Communication ont émaillé la majeure partie de sa sortie d’hier.
Le Messager
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Issa Tchiroma Bakary

Les différends qui opposent à l’ex-ministre de l’Administration territoriale (Minatd) condamné à 25 ans de prison au ministre de la Communication ont émaillé la majeure partie de sa sortie d’hier.

On l’avait annoncé longtemps avant. Dans les milieux huppés comme dans les gargotes, l’on annonçait la riposte d’Issa Tchiroma à la quatrième lettre de Marafa Hamidou Yaya. Elle aurait même été programmée puis déprogrammée plusieurs fois. Elle s’est finalement tenue hier, 25 septembre 2012. Et comme pour expliquer cette sortie tardive, le ministre de la Communication a indiqué qu’il ne « fallait pas revenir sur cette affaire tant qu’elle n’était pas jugée par les tribunaux. Car, dit-il, on aurait pu nous accuser de vouloir aider ou enfoncer  un accusé ».

Maintenant que la peine de l’ex- ministre d’Etat est connue, Issa Tchiroma juge le moment opportun pour répondre aux accusations  de celui qui l’a « épinglé au cours de ses déclarations mensongères au sujet de l’indemnisation des victimes du crash de Camair le 3 décembre 2012. » Mais avant, il invite  l’opinion à ne prendre en compte que sa version des faits qui est « celle du gouvernement seul, à même de donner une information crédible au sujet de l’indemnisation des victimes de ce crash ». Pour convaincre la presse de cela, le Mincom a convié deux hauts responsables de la Société Chanas Assurance S. A, anciennement baptisée Chanas et Private.

Le Mincom et ses deux invités reprennent en chœur que les déclarations de l’ex Minatd n’étaient pas fondées. Car toutes les 71 victimes (ayants droit ou survivants) ont été indemnisées par l’assureur. Question de journaliste : quid de  Madame Welissanè, hôtesse survivante qui dit ne l’avoir pas été entièrement ? Réponse de Tchiroma et de ses convives : « Le personnel navigant commercial n’est pas couvert par l’assurance ». Tollé général dans la salle.

Le Mincom vient de faire une révélation. La Camair dont-il représentait la tutelle technique (en tant que ministre des Transports entre 1992 et 1996) n’assurait pas ses hôtesses. Autre révélation faite, le Cameroun a gagné un procès contre la société sud-africaine chargée d’entretenir les avions de Camair à l’époque du crash. Autre question de journaliste : si cette société a été condamnée à payer des dommages à l’Etat du Cameroun, ça veut dire qu’il y a eu faute. Qu’avait fait le ministre des Transports de l’époque pour les éviter ? Réponse d’Issa Tchiroma : « Les Sud Africains ne pouvaient pas volontairement mal entretenir les avions Camair. Pour le reste, c’est confidentiel. » Au milieu de ces échanges, le Mincom rappelle que ces informations mettant en cause le gouvernement et qui agitent l’opinion publique sont celles « d’un prévaricateur, d’un détourneur de fonds publics  à hauteur de milliards dont les propos ne doivent pas être, plus crédibles que les siens ».

32 milliards

Malgré les railleries des journalistes, le Mincom a poursuivi sa charge contre Marafa. « Le ministre d’Etat s’est positionné comme directeur de ma conscience, comme donneur de leçons. Il est allé jusqu’à intimer quasiment l’ordre au président de la République de ne pas me permettre de siéger au gouvernement. Maintenant qu’il est condamné pour dépravation, pour prédation et pour prévarication, qui de lui ou de moi mérite l’estime des Camerounais ? Si j’étais accusé par un saint homme, je serai allé depuis longtemps à la rencontre de l’opinion pour m’expliquer. Mais je ne réponds pas à un dépravateur », a commenté Issa Tchiroma. Dans la suite de sa tirade contre l’ex-Minatd, le Mincom argue que Marafa a inventé totalement l’histoire d’un transfert dans un compte privé par la société sud-africaine chargée d’entretenir les avions, d’une somme de 32 milliards Fcfa. « Ce chiffre relève du fantasme du ministre d’Etat. En plus, l’argent du Cameroun est reversé au trésor public et non dans les poches d’un tiers », clame-t-il.

Sur ces mots, les esprits s’échauffent dans la salle. Car au-delà de ses réquisitions contre celui qu’il dit « être son petit frère de Garoua », Issa Tchiroma s’en prend à une certaine presse érigée en juge et procureur qui a tôt fait de le condamner sans jamais demander sa version des faits. Plus incisifs, les journalistes utilisent leurs missiles : les mots. « On ne vous accuse pas d’avoir détourné l’argent des indemnisations. Mais les 32 milliards qui se sont retrouvés dans un compte privé et qui ont disparu aussitôt après ». Comme quoi le Mincom peine à convaincre.

Rodrigue N. TONGUE

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