27/09/2012 02:57:46
Mise en liberté de Katinan. La leçon de la justice ghanéenne à la justice ivoirienne
Ce qui irrite le plus Alassane Ouattara au point de vouloir faire du chantage aux autorités ghanéennes, c’est le fait qu’elles ne s’immiscent pas dans les affaires de la justice qui constitue le noeud gordien dans l’extradition des proches de Gbagbo.
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Kone Katinan JustinCe qui irrite le plus Alassane Ouattara au point de vouloir faire du chantage aux autorités ghanéennes, c’est le fait qu’elles ne s’immiscent pas dans les affaires de la justice qui constitue le noeud gordien dans l’extradition des proches de Gbagbo.

Contrairement à la Côte d’Ivoire où un ministre se permet de s’immiscer dans les affaires judiciaires et interrompt, selon ses humeurs, une procédure judiciaire ou alors il s’invite sur un plateau télé pour jouer à la fois les procureurs de la République et les juges, le Ghana nous démontre, à travers le feuilleton Katinan, que la justice y est libre et rigoureuse dans les dossiers qu’elle traite.

D’autant plus qu’il s’agit de prime à bord de respect des droits de l’Homme. En exigeant aux autorités ivoiriennes d e brandir les preuves qui accablent le porte-parole de Laurent Gbagbo et de les traduire en Anglais, la justice ghanéenne révèle une certaine légèreté de sa consoeur ivoirienne à qui elle donne une leçon de rigueur dans la gestion des dossiers des justiciables.

Mieux, elle démontre que des affaires de justice ne sauraient se mêler aux affaires politiques dans l’unique but de faire plaisir à une quelconque autorité, fut-elle président de la République. C’est certainement les raisons de l’exaspération d’Alassane Ouattara qui, habitué à voir la justice ivoirienne se vautrer à ses pieds, ne comprend pas l’attitude de son homologue ghanéenne.

La justice ghanéenne, l’on peut le dire sans risque de se tromper, à soumis sa consoeur ivoirienne à un défi de rigueur et d’impartialité que celle-ci a véritablement eu du mal à relever. Et des faits d’arme dans ce sens existent bel et bien depuis la chute du président Laurent Gbagbo. Ç’aurait été en Côte d’Ivoire, Justin Koné Katinan n’aurait pas bénéficié de liberté provisoire. Pis, il serait déjà reconnu coupable avant même qu’un jugement ait eu lieu et serait traité comme un bandit de grand chemin comme le sont les prisonniers politiques déportés dans les goulags du nord du pays depuis la chute du prés ident Laurent Gbagbo.

Sur de simples dénonciations calomnieuses et injonctions de l’exécutif, la justice ivoirienne est prompte à se saisir des dossiers de personnalités politiques et de simples individus. Ainsi, Michel Gbagbo qui, selon le Premier-ministre Jeannot Ahoussou a été arrêté parce qu’il était avec son père lors de leur arrestation, continue de croupir dans la prison infecte de Bouna.

Certaines personnes, notamment Ousmane Sy Savané, directeur général de Cyclone, éditeur des journaux Le Temps, LG Info et Prestige Mag, sont arbitrairement emprisonnées depuis bientôt un an. D’autres, parce qu’ils refusent de chanter les louanges du nouveau «maître d’Eburnie» sont dans le viseur d’une justice aux ordres. Ils se verront interrogés, selon les prisonniers politiques eux mêmes, sur leur appartenance ethnique, le candidat qu’ils ont voté lors des élections présidentielles, etc. Des arguments sur lesquels une justice responsable ne saurait fonder des chefs d’accusation.

Gilles Naismon

Brouille des relations avec le voisin de l’Est. La France veut-elle que la Côte d’Ivoire déclare la guerre au Ghana ?

Ce qui est frappant dans le dernier communiqué de l’AFP, c’est la manière fallacieuse et inévitable-ment maladroite dont est présentée l'affaire Katinan. Ce qui est frappant également, c’est l’absence totale de référence au contentieux pétrolier avec le Ghana qu’Abidjan veut ag-graver tout en le taisant.

Pourquoi RFI et AFP ne révèlent- elles pas clairement, ce qui est compris par l’immense majorité des Ivoiriens et par tous ceux qui s’intéressent de près à la situation au pays, à savoir, que les attaques en Côte d'Ivoire ont pour origine le resurgissement des clivages au sein même de l'exrébellion?

Les manoeuvres grossières

consistant à instrumentaliser les clashs entre clans Frci pour accuser et réprimer l'opposition servent aussi à manipuler le peuple français auprès duquel on veut justifier [la] politique néocoloniale qui s’abat sur la Côte d’Ivoire. Ouattara surfe sur le chaos qu’il engendre car c’est par ce seul moyen qu’il peut rester au pouvoir, et il ne pourra jamais offrir comme autre perspective au peuple que la terreur.

Si la réconciliation des ivoiriens doit se faire un jour, ce sera inévitablement sans Ouattara et ses chefs de guerre. [...] Fait important aujourd’hui, même si AFP et RFI feignent de l’ignorer, le désaveu international prend de l’ampleur ! Suite aux campagnes de l'opposition pour la liberté de la presse, suite aux campagnes dénonçant les massacres dans les camps à l'ouest, suite à l'article explosif du Monde Diplomatique, suite au déferlement d’accusations contre ce régime liberticide et mafieux, suite au scandale du faux coup d’Etat commandité depuis Abidjan, suite à la corruption avérée des agents d’Interpol-Ghana par Abidjan, etc., la seule carte que peut désormais jouer le régime fasciste Ouattara pour prolonger son agonie est celle du repli sur soi et de la guerre.

La France soutiendra-t-elle cette option ? La France choisira-t-elle d’anéantir la Côte d’Ivoire pour préserver ses seuls intérêts pétroliers présents dans le Golfe de Guinée, même si pour cela elle doit rapatrier sa petite bourgeoisie franco-ivoirienne  néocoloniale, cacaoyère, caféière, minière ?

Le peuple de Côte d’Ivoire saura-t-il accéder à son indépendance afin de pourvoir à ses besoins en tirant un profit suffisant de sa production, où est-il condamné à ne connaître que barbarie et misère ? Inévitablement et du fait des accords de défense récemment rafraîchis, une guerre avec le Ghana engagerait la France. Il est donc urgent d’informer la population française afin qu’elle jette son rejet de la guerre au visage de son gouvernement prétendument socialiste, en rupture totale avec ses valeurs fondatrices. Rappelons à tous les paroles de Jaurès : «Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l'orage.»

Léon Noir
resistanCIsrael

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