02/10/2012 01:42:43
Algérie. Le traquenard malien
«Pourquoi l'armée algérienne devrait-elle pouvoir faire ce qui pourrait sans grand doute embourber les forces de l'OTAN ?». Question qui en entraîne une autre : «Et si le Mali n'était qu'un pion sacrifié de l'échiquier pour piéger l'Algérie ?»
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L’OTAN c’est les Etats-Unis plus quelques armées parmi les plus puissantes du monde. L'OTAN c'est, aussi et surtout, un gigantesque background industriel et technologique militaire de pointe.

En Afghanistan, l'OTAN se casse les dents, depuis plus de 10 ans, à pourchasser les talibans qui, loin d'être affaiblis, rendent coup pour coup et gagnent en force et en initiative.

En comparaison, l'Algérie est un pays qui peine à sortir du sous-développement, qui n'a pas encore résolu son équation économique, qui importe ses fusils et leurs balles, ses blindés, ses avions et leurs pièces détachées. Malgré cela, l'Algérie est poussée à aller fourvoyer son armée au Mali. Pressions diplomatiques, actionnement de relais médiatiques (émissions, articles «analytiques» sur le non algérien…), toute la panoplie d'une propagande qui stigmatise le refus d'ingérence dans les affaires d'un autre pays. Une seule question n'est pas posée : «Pourquoi l'armée algérienne devrait-elle pouvoir faire ce qui pourrait sans grand doute embourber les forces de l'OTAN ?». Question qui en entraîne une autre : «Et si le Mali n'était qu'un pion sacrifié de l'échiquier pour piéger l'Algérie ?».

Aminata Traoré avait déclaré : «Les Maliens et les Maliennes ainsi que l'opinion publique internationale doivent savoir que si la France et les Etats-Unis n'avaient pas transformé la résolution 1973 du Conseil de sécurité de ‘’No Fly Zone’’ en mandat de renverser le régime de Mouammar Kadhafi, les rebelles et les islamistes, qui occupent le Nord-Mali n'auraient pas pu disposer de l'arsenal qui fait leur force sur le terrain», résumant les origines de la problématique d'ensemble de la crise, aggravée par le blocage des armes achetées par le Mali.

Sans pousser cette conclusion dans ses limites qui la laissent raisonnablement faire douter qu'il y ait eu «négligence» de ce fait dans le plan atlantiste. Ainsi, l'ANP ferait une promenade de santé dans le désert malien et s'en retournerait ceinte des lauriers de la «communauté internationale», alors que, en dehors des groupes islamistes armés, les Maliens manifestent à Bamako contre toute atteinte à leur souveraineté nationale. Leurs cibles sont clairement désignées. Ce sont les pouvoirs supplétifs de la néo-colonisation en cours : «A bas la Cédéao, à bas Blaise Compaoré (Burkina Faso), à bas Yayi Boni (président du Bénin), à bas Alassane Ouattara (Côte d'Ivoire), président de la Cédéao)».

Les souverainistes sont organisés, principalement, dans la Coalition des patriotes maliens (Copam), née d'un accord entre 22 regroupements de partis, syndicats et associations, qui privilégie «le droit absolu du peuple malien à décider de son propre sort et ceci à Bamako». Le dernier appel de la Copam : «La lutte des démocrates et patriotes maliens et maliennes triomphera inéluctablement de toutes les manœuvres et agressions contre la concertation nationale souveraine et notre droit à libérer notre patrie par nos propres forces et l'aide des véritables amis du Mali». Le scénario occidental étant de faire en sorte que la Cédéao empêche «…la libération du Nord-Mali» par les forces maliennes et garantisse «la partition du Nord sous couvert de fédéralisme, plan soutenu par les puissances de l'OTAN». Une concertation nationale (associant, peut-être, y compris les rebelles du nord) est en train de se mettre en place, impulsée par la menace d'une intervention extérieure. Vraiment, l'ANP a autre chose à faire.

Ahmed Halfaoui

http://www.lesdebats.com/editions/011012/les%20debats.htm

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