02/10/2012 02:32:14
Cameroun. Des activistes du Scnc sèment la panique à Buea
La ville militarisée, est sous haute tension. Des arrestations à la pelle. A Yaoundé, le monument de la Réunification dans les décombres
Le Messager
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Scnc protest, Buea Cameroon

Plus d’une centaine d’activistes du Scnc placés en détention préventive Ils ont été arrêtés  hier lundi 1er octobre 2012 au catholic Church de Great Soppo.

Hier lundi 1er octobre 2012, la vaste cour de la police judiciaire de Buea est noire de monde. Des activistes, plus d’une centaine interpellée aux environs de six heures du matin s’y trouvent. Dans l’une des salles qui donne sur la route, on peut  apercevoir certains qui sont cuisinés par un officier de la police judiciaire. Après l’interrogatoire, ils en ressortent sans leur carte d’identité nationale, et attendent à l’extérieur, angoissés.  

Pour la plupart, ils ont été arrêtés à Ekona, Mutenguene, Tiko et Mile 14 à Limbe. « Nous avons été mis aux arrêts le matin. Nous étions en train de prier lorsque les policiers sont arrivés. Dans un premier temps, ils ont quadrillé l’église. Nous avons continué de prier. Par la suite, des cars de police sont arrivés et sans nous faire prier, on nous a embarqués comme des voleurs de grands chemins. Arrivés  a la police judiciaire, nous avons été  contraints d’apposer nos empreintes digitales sur du papier. Il nous est revenus que les ordres sont venus de Yaoundé. Tout ce que nous voulons c’est de manifester en toute quiétude», indique Emmanuel Ndong du bureau du Southern Cameroon National Council (Scnc), un mouvement sécessionniste crée en 1990 et déclaré illégal par le pouvoir en place.   Outre les activistes du Scnc, Martin Fon Yembe et Bature Mvochon de «African Magazine» du  Nigeria ont également été interpellés.

Selon un officier de police judicaire, les personnes interpellées à Buea tentaient d’organiser une marche pour commémorer la célébration de la Réunification du Cameroun.  « Ils sont  également venus du Nord-Ouest. Certains ont pris la poudre d’escampettes lorsqu’ils se sont rendus compte de notre présence sur les lieux », affirme le chef de la division régionale de la police judiciaire. Dans le Nord-Ouest, des radios locales annoncent d’autres arrestations depuis hier matin, selon des sources dignes de foi.

« Les services de renseignements ont bien fonctionné .Ils ont choisi l’église parce qu’ils voulaient tromper notre vigilance. Ils se disaient que nous ne pouvions pas les attaquer. Selon le programme qui nous est parvenus, ils y sont venus pour tromper notre vigilance. Après la prière, ils devaient lire la déclaration de leur président avant de descendre dans la rue pour manifester. Mal leur en a pris. Nous sommes intervenus à temps», se félicite-t-il.

Ville militarisée

Au sein du Scnc, ce n’est guère la solidarité.  Des activistes venus du Nord-Ouest accusent ceux du Sud-Ouest d’être de mèche avec les forces de l’ordre. «Il est difficile de comprendre comment les policiers ont su que nous allions manifester. Il y a sûrement des taupes qui nous ont trahis», affirme un activiste venu du Nord-Ouest.

Au moment où nous allions sous presse, toute la ville était placée sous haute surveillance et des tracts appelant à la libération des activistes circulaient. La centaine de manifestants attendaient d’être conduits à la prison de Buea. Ils répondront de leur acte devant les tribunaux. Fort à propos, on se souvient que le 1er octobre 2011, d autres activistes du Scnc avaient été interpellés  à Buea. Leur procès  qui se poursuit a été renvoyé au 8 novembre 2012. A en croire un avocat de la défense, le président du tribunal a justifié cet acte de renvoi par l’absence de deux magistrats de la collégialité nouvellement affectés au Tpi de Buea.

Blaise-Pascal Dassie
Envoyé spécial à Buea


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