03/10/2012 02:16:29
Deuxième pont sur le Wouri. Flou sur l'attribution du marché
Tout porte à croire que c’est le groupement français Sogea Satom qui sera retenu pour la construction de ce marché. Sauf coup de théâtre.
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Pont Wouri

Tout porte à croire que c’est le groupement français Sogea Satom qui sera retenu pour la construction de ce marché. Sauf coup de théâtre.

Le 13 septembre dernier, le ministre des Travaux publics, Patrice Amba Salla (photo), a déclaré infructueux l’appel d’offres concernant la construction du deuxième pont sur le Wouri : « Le ministre des Travaux publics, maître d’ouvrage communique : conformément à l’article 8.1 du règlement du concours, l’appel d’offres international restreint n°37 pour la conception-réalisation du 2ème pont sur le Wouri, à Douala, est déclaré infructueux », précisait-il dans un communiqué.

D’après plusieurs journaux, la Présidence de la République serait alors intervenue dans le processus d’attribution de ce marché. Le secrétaire général de la Présidence aurait adressé une correspondance au ministre des Travaux publics pour lui recommander d’attribuer le marché à Sogea. «En exécution des hautes instructions du président de la République, j`ai l`honneur de vous faire connaitre qu’il vous demande de bien vouloir donner suite à la recommandation de l`Agence française de Développement, de retenir le groupement conduit par Sogea, et procéder à l`attribution du marché à brève échéance; engager les négociations appropriées avec la société Sogea, en concertation avec l’Agence française de Développement et le ministre des Marchés publics, dans l`hypothèse où l’offre financière de Sogea serait supérieure à l`enveloppe du marché, conformément aux dispositions du code des marchés publics», aurait écrit Ferdinand Ngoh Ngoh, dans une correspondance publiée par Mutations qui en a obtenue une copie.

Clarifications

Le ministre des Travaux publics, Patrice Amba Salla, a accordé une interview à Mutations pour apporter des clarifications à ce sujet. Pour M. Amba Salla, un groupement d’entreprises a été techniquement qualifié pour l’ouverture des offres financières dans le cadre de  l’appel d’offres relatif à la conception-réalisation du 2ème pont sur le Wouri. « Mais, son offre financière présentait un dépassement de 10 milliards de FCfa de la provision budgétaire des travaux. Le règlement du marché stipule qu’en cas de dépassement de l’enveloppe, le marché est déclaré infructueux et le maître d’ouvrage engage les négociations avec le mieux disant pour une revue à la baisse des prétentions financières », explique-t-il.

L’entreprise en question serait Sogea Satom. « Toujours est-il que lorsque la convention de financement proclame le respect de la concurrence et de la transparence ; le code des marchés publics le réaffirme, que toutes les autorités vous y encouragent, partageant ainsi la pertinence de vos convictions personnelles, vous ne pouvez que persister dans cette voie. Mais, s’il advient que d’autres préoccupations imposent un changement de cap et que le nouveau vous est indiqué, vous mettez tout en œuvre pour ce nouveau cap et rendez compte de cela et des risques encourus », indique Patrice Amba Salla.

Le processus d’attribution

D’emblée, il explique qu’il s’est battu pour qu’il y ait transparence avant que tout ne change : « Je voudrais avant tout vous expliquer comment se passe la procédure. Elle se déroule en trois étapes qui sont la pré-qualification qui est la phase au cours de laquelle les entreprises  présentent chacune leurs compétences techniques, la sélection de l’offre suite à la réponse de l’analyse des soumissions, et l’ouverture des offres financières où les montants sont découverts.

Pour le pont du Wouri, quatre groupements d’entreprises ont été pré-qualifiés pour la soumission, c'est-à-dire ont été reconnus aptes à pouvoir concevoir et réaliser un pont de cette envergure. Mais à l’issue de l’analyse des offres, il y a une proposition de qualification  d’une seule offre. Commence alors un désaccord  persistant entre le maître d’ouvrage, qui a le souci de faire jouer à fond la concurrence par la qualification de plusieurs offres,  et la commission de passation des marchés qui se cramponne sur la « conformité technique ». Nous avons sollicité l’arbitrage de l’Autorité des marchés publics.

Cela a pris un temps qui aura vraisemblablement justifié l’intervention (de la présidence de la République, ndlr) que vous évoquez  dans le processus. La recommandation  du bailleur suite à la demande de non objection  est venue singulièrement complexifier le processus… »

Financements disponibles

A travers ces explications, tout porte à croire que c’est le groupement français Sogea Satom qui sera retenu pour la construction de ce marché. Sauf coup de théâtre. Les financements pour la réalisation de ce second pont sur le Wouri sont déjà disponibles. Selon le journal l’Actu, l’Agence française de développement (AFD) a versé la somme de 65,5 milliards de FCfa et le 2eme Contrat de désendettement et de développement (C2D) a fourni 21,6 milliards de FCfa.

Ce qui porte la quote-part de la France à un montant global de 87,6 milliards de FCfa. « La partie camerounaise qui devait payer le reliquat des 32 milliards de FCfa a affirmé, dès 2011, avoir libéré 10,2 milliards de FCfa. Si on fait les comptes, on arrive à la somme globale de 97,4 milliards de F Cfa disponibles, sur un montant de global de 119 milliards », affirme le journal.

Le deuxième pont sur le Wouri permettra de remplacer l’actuel déjà vétuste. Il permettra une circulation plus fluide des biens et des personnes dans la région du Littoral et notamment dans la ville de Douala.

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