30/09/2009 14:58:05
L'épargne et le crédit descendent dans la rue
Plusieurs établissements de microfinance vont désormais à l'assaut de petits épargnants où qu'ils se trouvent.
Mutations
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"Dans l'optique de vulgariser le processus d'ouverture de comptes, certains établissements de microfinance de 2ème catégorie, pour la plupart, ont mis sur pied une nouvelle forme d'épargne : l'épargne journalière ou l'épargne mobile", explique Edith, employée de la Caisse mutuelle de crédit et de garantie du Cameroun (Cmcg). Dans la même phase explicative, M. Ndono, le responsable commercial de la Credit Investment and Commerce in Africa S.A.(Cica) ajoute : "nous avons constaté que les comptes bancaires n'appartenaient qu'aux fonctionnaires ou aux grands commerçants. Alors, pour ramener le compte bancaire au niveau de tous, nous avons initié l'épargne journalière".

Communément appelée "Aladji", l'épargne mobile est un service qui permet aux petits commerçants d'effectuer une ou plusieurs opérations de versements et de retraits d'argent selon leur convenance, sans rompre leur équilibre financier. Ce service leur permet également, après un certain temps, d'obtenir des crédits pour financer et développer leurs affaires, apprend-on. Selon chaque établissement de microfinance, les procédures d'ouverture de ce compte sont différentes. Pour certains, il suffit de se faire enregistrer auprès d'une agence ou encore auprès des agents de collecte qui sillonnent les marchés et les quartiers, en déboursant une somme de 1000 Fcfa.

Cette participation financière donne droit à un livret d'épargne journalier, ainsi qu'à un compte bancaire en bonne et due forme. Et pour certains, il faut fournir 02 photos 4x4, une photocopie de la carte nationale d'identité, un plan de localisation et une adresse complète. Spécialement conçu pour tous ceux qui gagnent petits, à savoir les bayam-selam, les call-boxers, les boutiquiers, les garagistes, les benskineurs... l'épargne mobile et journalier s'effectue auprès de nos agences ou de nos agents de collecte au prix de 500 Fcfa au moins par jour, confie un responsable d'un établissement de microfinance offrant ce service.

A en croire ses promoteurs, ce type d'épargne donne droit à certains avantages que M. Ndono de la Cica désigne par "avantages de caisse". "Contrairement aux tontines qui n'octroient des crédits que lors des réunions, l'épargne mobile c'est la facilité des crédits sans crainte", déclare madame Bella, commerçante au marché du Mfoundi à Yaoundé. Pour Cyrille, un vendeur ambulant de médicaments chinois, ce service "met notre argent à l'abri des voleurs et nous évite les dépenses inutiles".

Bien qu'étant bénéfique pour les commerçants, l'épargne journalière pose cependant certains problèmes : "certains collecteurs malhonnêtes distraient le plus souvent l'épargne des clients. Il arrive souvent que les épargnants se trompent sur leur compte. En plus, le procédé de collecte d'épargne est très risqué car le collecteur peut être victime de vol ou d'agression en se baladant [dans les marchés ou les quartiers] avec d'importantes sommes d'argent", fait remarquer Luc, employé dans une structure de microfinance à Yaoundé.

Melanie Ambombo Tsala

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