08/10/2012 03:15:04
Kamerun: Inondations et dictature du relativisme face la souffrance humaine
Si certaines choses ne me surprennent plus des kamerunais, le relativisme dont font montre les kamerunais en situation de sinistre lui, par contre, me surprend. 
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Innondations nord Cameroun

Si certaines choses ne me surprennent plus des kamerunais, le relativisme dont font montre les kamerunais en situation de sinistre lui, par contre, me surprend. 

Est-il acceptable de regarder avec indifférence nos frères sinistrés par des inondations du Nord? 

Est-il acceptable de se limiter à dire que le premier citoyen du pays a rendu visite aux sinistrés du Nord alors que nous savons que seulement 12500fcfa ont été promis à chaque famille sinistrée? Que représentent 12500fcfa (douze milles cinq cents) dans la situation actuelle alors que les enfants de ces familles n’iront pas à l’école cette année? Alors que ces familles sont sans abri et courent les risques de famine et d’épidemies courantes dans le cas d’espèce? Ces familles sombrent dans le désespoir chaque jour alors qu’un budget colossalement incompréhensible chôme ou se gaspille à la présidence de la république . Ces familles galèrent alors que des ministres transforment leurs villas en banques. 

Quel plan transparent a été mis en place pour le suivi du support à ces 22.000 (vingt-et-deux milles) sinistrés du Nord? 

Dans des pays normaux, le monde entier serait déjà alerté. La croix-rouge mobilisée, les concitoyens sur leurs pieds pour voler aux secours des sinistrés. Que se cache-t-il derrière l’envie des pouvoirs publics et des kamerunais à passer ces sinistres incognito?

Quelles mesures urgentes ont été prises à court et à long terme pour éviter que ces sinistres se reproduisent?

Inondations répétitives

Douala connaît le phénomène des inondations régulièrement. Cette semaine, Yaoundé n’est pas en reste. Les inondations sont entrain d’immerger le buste du président Kennedy (il sera peut-être emporté par ces inondations  et on pourra enfin le remplacer plutard par celui de Um Nyobè ou une autre figure symbolique kamerunaise.)

Nos villes, construites sur des villages sans un véritable plan cadastral ont aujourd’hui besoin d’une réorganisation. Une réadaptation tenant compte des réalités actuelles tout en y apportant une vision futuriste parce ce que les choses évoluent, la population croît, les attentes des populations mutent avec des influences positives externes (cela demande un sacrifice de tout un chacun parce que certains d’entre nous devront accepter d’être déplacés). Oui, nous devons repenser nos villes et villages puis proposer et appliquer des plans d’urbanisation adéquats à être respectés par TOUS. Nous en avons les moyens !!!

Supports sociaux et débats détournés

Certains ont deballé des projets de construction de logements sociaux. Ces logements sociaux, nous le savons tous, finissent souvent par être octroyés au mieux offrant, à ceux-là mêmes qui n’en n’ont pas du tout besoin; aux gens riches et aux amis des amis de la famille et de ce fait ils perdent tout leur sens. 

Lorsqu’on veut débattre sur l’avenir de notre pays, certains voudraient qu’on parle de ses réalisations sur le terrain parce que selon eux, on a trop distrait les kamerunais avec les discours politiques. Combien s’intéressaient et faisaient politique pour être distraits par ces discours? Certains aussi préfèrent se déclarer non politiciens. Comment peut-on se déclarer non politicien si on ne fait pas politique et ne connaît même pas le sens du mot politique?

Mpodol (Um Nyobè) nous l’a pourtant si bien dit dans de mots simples « tout est politique, tout touche à la politique et la politique touche à tout » lorsque nous serons plus nombreux à comprendre cette phrase énigmatique et emblématique à la fois, alors, nous nous serons mis sur la route du véritable changement.

Tandis que le peu d’hommes et des femmes ayant pris conscience de la gravité de l’état dans lequel se trouve en ce moment le Kamerun dénonce la politique dévastatrice pratiquée par les gouvernants en place, les adèptes de la démagogie et des discours haineux et tribalistes monopolisent les débats sur la seule demande de bilan des actions concrètes posées par les premiers alors que dénoncer ce qui est mal fait est déjà un acte salutaire et citoyen; voter librement (si élections il y a) est aussi un acte citoyen; porter une critique objective en proposant des solutions comme font ces quelques courageux femmes et hommes est un acte citoyen à encourager. 

Pourquoi ne pas commencer par demander le bilan à ceux qui nous dirigent depuis 52 ans? C’est à eux puisqu’ils gèrent le patrimoine de la nation qu’il revient de nous faire un bilan afin que nous, peuple du Kamerun puissions les évaluer et décider de leur renouveler notre confiance ou de les sanctionner librement par un carton rouge comme cela se fait dans des vraies démocraties africaines? Le Sénégal par exemple. 

Se libérer de la phagocytose intellectuelle et de la dictature

Oui, nous devons inscrire notre démocratie dans le contexte africain, nous sommes entrain de le faire et pour bien le faire, nous avons besoin d’avoir les mêmes chances sur le terrain. Les mêmes antennes médiatiques et les mêmes tranches horaires ; les mêmes libertés de parole et d’expressions ; les mêmes droits de manifester dans les rues ou d’organiser des rencontres publiques sans se faire tabasser par la police politique ou se faire interdire l’organisation d’une convention par un sous-préfet zèlé. 

Pourquoi autoriser la création d’un parti politique si nous ne lui donnons pas la liberté de se rassembler pour travailler et séduire l’opinion publique? Pourquoi ne pas lui donner les chances de faire connaître son projet de société?

Pourquoi le peuple du Kamerun ne demande-t-il pas le bilan de la gestion des structures étatiques, des exploitations minières, telles celles du diamant de Mobilong, du fer de Mbalam, du pétrole, dl’or, du bauxite ou encore celles esclavagistes de coton, de la banane, de thé, de l’hévéa, de palmier à huile, de cacao, du poivre...?

Pourquoi une critique objective à l’endroit des pouvoirs publics ou d’un concitoyen politique est-elle vue comme une attaque personnelle?

Quel est ce pays où la plupart de participants a le don de détourner les débats de leurs contextes pour les orienter vers des questions de vie privée de ceux qui ont encore le courage de proposer des thèmes de réflexion sérieux?

La mutation de mentalités s’impose

Passer du statut de population spectatrice de son propre film à celui de citoyen est le premier acte décisif qui attend chacun de nous, kamerunais!!! Nous devons poser cet acte en masse (collectivement) pour faire peser notre opinion. C’est possible et c’est maintenant parce que nous ne pouvons plus attendre l’approche des échéances électorales. La victoire du changement se prépare de longue haleine!!!

Tout acte positif posé par chacun de nous, aussi petit soit-il participe au changement. Si nous abandonnons la critique vaine et destructive pour adopter celle constructive et objective, si nous mettons nos différentes expertises au service du peuple et des leaders d’opinion, si nous nous identifions leaders et nous mettons avec courage et détermination au service du peuple, nous serons nous-mêmes très agréablement surpris de l'accélération du processus de changement dont nous avons tant besoin au Kamerun.

Pour finir,  je dirai que chaque citoyen a le devoir de connaître ses devoirs et ses droits et d'assumer ses responsabilités. Ceux qui sont mieux outillés doivent éduquer et aider leurs entourages respectifs à prendre conscience des réalités qui sont les nôtres. Parce que l’une d’elles, la majeure qui s'impose à notre pays est le besoin de changement. Ce besoin doit nous animer et prendre le dessus sur nos petits calculs égoïstes et tribalistes. Nous devons nous transformer, chacun à son niveau en pillier du changement parce que nos enfants ne doivent pas hériter nos tombes mais un pays remis debout et prospère. C'est possible, battons-nous pour cela maintenant et désormais!!!

Le Kamerun se construit et se construira avec chacun de nos actes. Nous les souhaitons positifs autant que se peut afin que notre pays soit ce que nous aurons pensé, dessiné et construit. 

Patty Bebe

 

 

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