08/10/2012 03:23:41
Cameroun. La défaite du droit et de la morale
La justice dans ses œuvres et la morale dans sa perception font de plus en plus mal à voir au Cameroun. Depuis des moins des faits de justice, les décisions qu’elle rend et l’accueil que leur réserve l’opinion publique signent si besoin est l’acte de décès du droit et de la morale dans notre pays.
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La justice dans ses œuvres et la morale dans sa perception font de plus en plus mal à voir au Cameroun. Depuis des moins des faits de justice, les décisions qu’elle rend et l’accueil que leur réserve l’opinion publique signent si besoin est l’acte de décès du droit et de la morale dans notre pays.

C’est le cas par exemple dans l’ultime audience du Tribunal de Grande Instance du Mfoundi dans la capitale politique du Cameroun qui le 4 octobre a condamné à 20 ans de prison le Professeur Titus Edzoa ancien baron du  régime des « flammes de Yaoundé » et son homme de main Michel-Thierry Atangana dans l’affaire les opposant à l’Etat du Cameroun.

On aurait pu croire à une victoire du droit et de la morale contre l’arrogance, celle qui fut celle de ces deux hommes dans les années 1990 que non ! En effet pour peu qu’on est familier des méandres du droit on découvre rapidement que ces deux messieurs viennent de purger 15 ans de prison et ceci jusqu’au 3 octobre dernier et les 20 ans qu’ils prennent un jour après la fin de la première peine sont là pour contredire les déclarations de l’avocat de monsieur Titus Edzoa qui bancalement espère voir en liberté son client en 2017 !

Que non ! La justice s’est donc mise au service des intérêts supérieurs des politiques, d’un clan, d’une tribu, d’une caste ! Oui c’est le cas de le dire, la justice au Cameroun vient de prouver qu’elle est re-production incestueuse du macabre. Beaucoup se souviennent encore au Cameroun que leur carrière, leur destin furent briser par le serviteur zélé du régime des « flammes » et ceux-là se réjouissent et dansent autour de la dépouille en pleine putréfaction de ce médecin qui aurait pu mieux finir sa carrière dans un service de gériatrie qu’au sous-sol d’une maison d’arrêt qui ne dit pas son nom ! Même André-Marie Mbida le tout premier chef de gouvernement du Cameroun n’a pas connu une telle fin !

La Cour a donc confirmé, mais que non, elle a aggravé les précédentes condamnations au pénale comme au civil avec des dommages qui vont du franc symbolique à l’Etat camerounais pour tentative de détournement d’une somme de 58 milliards à 1,136 milliards à verser dans les caisses de l’Etat.

C’est un peu fort ? Pour beaucoup que non car Edzoa doit payer ! Deux procès, des années d’audience, 300 000 pages de débats ne se jettent pas par-dessus bord ! Mais c’est aussi là qu’est le scandale de tout ceci. Oui effectivement le droit, certes, parfois se triture comme du chewing-gum, se plaide et s’interprète. Le collège d’avocat pour la cause de Michel-Thierry Atangana a longtemps estimé que face aux détournements vrais ou supposés perpétrés au Cameroun, ruiné les espoirs des milliers de camerounais, la justice camerounaise aurait dû se couper les bras et tout renvoyer vers la France, le pays de nationalité de leur client ! Exactement comme si on disait à un fraudeur et les dieux seuls savent combien il y en a au Cameroun, d’aller se faire juger dans son petit coin de paradis fiscale. Quelle aubaine !

Mais enfin parbleu ! La justice n’est-elle plus tout simplement le droit du faible ? Le plus faible ici c’est qui ? Si ce n’est ceux qui sont en prison, si ce n’est le peuple et non les frères d’hier ayant à leur service la machine juridico-répressive.

Oui la justice camerounaise ou à la camerounaise, celle qui n’a point été rendue à Elisabeth Ngo Ond Gwet assassinée le 16 février 2012. Les enquêtes sont certainement classées sans suite puisque l’un des membres clefs du dispositif monsieur le Ministre Joseph Anderson Le Directeur Adjoint du Cabinet Civil de la Présidence de la République et employeur du présumé coupable n’a jamais été entendu même en qualité de simple témoin pour dire comment était son employé !

Oui que dire de l’assassinat des filles Epanya, des magistrats Louis Ndzié et de Jeannot Biakan à Ngon, le nom du ministre Louis Bapès Bapès cité à plusieurs reprises pour ce dernier cas n’a jamais été inquiété par la justice, oui celle qui a donc mangé ses propres enfants. Aucune lumière sur l’assassinat de Me Ngongo et de son médecin le Professeur Essomba Mani Ewondo, point de lueur d’espoir sur le Père Engelbert Mveng de Mgr Yves Plumey, des deux religieuses de Djoum ! 

Alors oui, le droit vient de se noyer et la morale pendue sur la place publique vide du peuple des spectateurs ! La justice camerounaise est « seul maître à bord après Dieu », devise devenu plaisanterie saumâtre ! Les annales du droit ne retiendront point ces jugements rendus à la tombée de la nuit. Oui à l’heure où le pouvoir en place à Yaoundé entonne le Deus Deum souffrez que le peuple de gueux et de quêteux chantent le requiem du droit.

Dr Vincent-Sosthène FOUDA

www.generationcameroun2011.com

 

 

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