08/10/2012 03:47:38
Cameroun. Menace d'accentuation de l'insÚcuritÚ alimentaire au Nord
Après deux mois d'inondations sans précédent ayant affecté d'importantes exploitations agricoles, les populations du Nord-Cameroun font face à une menace d'accentuation de l'insécurité alimentaire qui cause chez des enfants et des femmes enceintes et allaitantes la malnutrition, alertent diverses sources.
Xinhua
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Innondations au nord du Cameroun

Après deux mois d'inondations sans précédent ayant affecté d'importantes exploitations agricoles, les populations du Nord-Cameroun font face à une menace d'accentuation de l'insécurité alimentaire qui cause chez des enfants et des femmes enceintes et allaitantes la malnutrition, alertent diverses sources.

Zone sahélienne divisée en trois régions administratives (Adamaoua, Nord et Extrême-Nord) et, le Nord-Cameroun, par ailleurs réputé pour la production industrielle du coton, est spécialisé dans la culture des céréales dont le riz, le maïs, le mil, le sorgho. Pour le cas spécifique de la région du Nord, des produits tels que les aubergines, la patate douce, les fruits, le gombo, les légumes, la tomate, l'arachide, les oignons, le soja, le sésame, les ignames, la macabo, le taro et le manioc viennent enrichir les étals.

En 2011, cette région a produit un total de 605.139 tonnes de céréales pour 358.169 hectares de superficies, une production en hausse par rapport à celle de 2010 qui avait enregistré 547.690 tonnes pour 342.397 hectares de superficies, d"après les statistiques communiquées par la délégation régionale de l'Agriculture et du Développement rural. Principalement, la production du riz pluvial augmente de 36.327 tonnes pour 17.828 hectares de superficies et un rendement de 2.038 kilos à l'hectare en 2010 à 54.758 tonnes pour 21.333 hectares de superficies et un rendement de 2.567 kilos à l'hectare.

De l'avis du délégué régional de l'Agriculture et du Développement rural pour le Nord, El Hadj Abdoulaye Hamadou, HHHama les violentes inondations survenues en août et septembre, plongeant de nombreuses familles dans le désarroi dont quelque 40.000 sans-abris et des milliers de déplacés, ont engendré "un surplus d'eau que d'ordinaire". "Ces inondations sont surtout localisées le long des cours d'eau notamment le fleuve de la Bénoué et tous ses affluents, dont le Mayo Kébi. Dieu seul sait que le Nord a des cours d'eau ça et là, surtout dans les départements de la Bénoué et du Mayo Rey. Donc, tous les cours d'eau ont subi un surplus d'eau, parfois les eaux de ruissellement des montagnes ou parfois même la pluviométrie qui a été très abondante", a-t-il déclaré à Xinhua.

Ce surplus d'eau, a expliqué le responsable administratif, a causé "des dégâts très immenses pour les cultures qui se trouvent dans les bas-fonds, c'est-à-dire tout le long de ces cours d'eau, où nous trouvons la culture du riz, du maïs et un peu du coton. Donc, les cultures les plus touchées dans la région du Nord s'avèrent les céréales, le maïs et le riz, et en plus le coton". Connue comme étant une région à écologie fragile, sujette parfois à des calamités telles que la sécheresse et des invasions d'oiseaux granivores, cette région est soumise à l'insécurité alimentaire, qui s'étend à l'Extrême-Nord (où le gouvernement camerounais a déclaré une situation d' urgence) et à l'Adamaoua, touchant 81% des ménages ruraux dans les trois régionaux ou résident 30% des 20 millions de Camerounais, selon les Nations Unies.

D'après le rapporteur spécial des Nations Unies sur le droit à l'alimentation, Olivier de Schutter, en mission en juillet au Cameroun, cette insécurité alimentaire est de 15,4% dans le Nord, contre 17,9% dans l'Extrême-Nord. Pour Emery Kabugi, chef du sous-bureau du Programme alimentaire mondial (PAM) à Garoua, dans le chef-lieu du Nord, qu'il s'agisse des ou de la sécheresse, les conséquences des catastrophes naturelles sur les cultures et donc la production agricole sont indéniables dans cette zone d'écologie soudano-sahélienne.

"Les ménages qui sont touchés, a-t-il souligné, c'est pour toute une année. C'est pourquoi par exemple on a mis en place au niveau de Kousseri (Extrême-Nord, ndlr) notre programme d'urgence pour prendre en charge les ménages qui avaient un déficit en termes de production pour l'année passée et cette année nous sommes en train de prendre en charge, parce que le dispositif est déjà en place, les ménages vulnérables aussi touchés par le phénomène d'inondations". Avec les autorités de l'Extrême-Nord, le ministère camerounais de la Recherche scientifique et de l'Innovation met à disposition douze tonnes de semences au profit des populations du Nord pour leur permettre de relancer leurs cultures.

De son côté, le PAM, en collaboration avec les autorités de Yaoundé, prévoit la mise en place de 100 greniers villageois dans les deux régions, en complément de plus de 450 déjà fonctionnels pour faire face aux difficultés d' accès aux céréales généralement observées en période de soudure entre juillet et octobre, a annoncé Emery Kabugi.

 

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