12/10/2012 03:02:30
D'oł vient la guerre syrienne ?
La guerre syrienne est un affermissement de la stratégie US de s’imposer comme passage obligé de toute initiative économique.
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Pierre Dortiguier

Dans l’entretien accordé  à l’IRIB par l’actuel  professeur du lycée parisien Henri IV, et longtemps actif, chez sa voisine, l’Ecole Polytechnique, - M. Bassam Tahhan, co-fondateur, comme il le rappelle de France 24, attire l’attention sur le point de vue éclairée  du fondateur de la Syrie moderne, le général Assad, dont le fils est voué aux gémonies, frappé de flèches, comme on représente le martyre de saint Sébastien !

Cette hauteur de vue, qui indispose les dits Occidentaux, à savoir, les auxiliaires du leadership US réclamé par Zbigniew Bzrezinkski, peu avant l’éclatement de la révolution iranienne, consistait à rallier les communautés et à la maintenir par une coopération mutuelle, au service d’un pouvoir indépendant, de l’unité du peuple ; ce que devrait signifier le mot de laïque, et non point une dissension, dans le peuple, comme il est employé, surtout, en France !

Ceci nous amène à comprendre le sérieux du propos du général ancien commandant de l’OTAN, Wester Clark  rapportant sa surprise et celle de son collègue du Pentagone, au moment du 09/11, lequel lui tendait la liste qu’il venait d’obtenir des pays à exécuter, depuis l’Irak jusqu’à l’Iran en passant par la Libye, le Soudan, la Syrie, et autres. ; le plan était mûri et l’occasion seule importait, créée par le scénario terroriste, sorte de Pearl Harbour (selon le mot lâché  alors par Harry Kissinger).

On a dit que Saddam Hussein voulait abandonner  le dollar comme monnaie de paiement, et choisir l’euro ; mais l’on n’a pas besoin de démontrer que la Libye et la Syrie ainsi  –point relevé par le professeur syrien parisien d’Arabe en classe de préparation- n’étaient point endettées et avaient, pour la première, continue d’avoir, pour la seconde une autonomie, lui permettant même de subvenir en matière agricole aux besoins de l’Irak.

C’est cela qui est insupportable, comme l’a été la Roumanie, où De Gaulle se trouvait au début des troubles de 1968-, laquelle était le pays non endetté également auprès du FMI. L’assassinat, après un procès truqué, et une grossière mise en scène de cadavres dans la partie hongroise du pays, du Président Ceaucescu et de sa femme, mit finaux angoisses du FMI ; le résultat, à parler bref, est un pays sous la coupe complète des Américains et un chef de gouvernement très lié à la CIA selon l’opinion publique !

L’instabilité politique de la Syrie était traduisible en chiffres, puisque plus de vingt gouvernements – dont un enchaînement de coup d’Etats était la caractéristique, en à peine vingt ans, traduisait le heurt des confessions et la corruptibilité des chefs de partis, dans une vraie bouillie démocratique inconsommable par le peuple, mortelle pour l’économie, ruineuse de toutes les ressources, par incapacité de planification ou de sécurisation du pays, dans un Orient marqué par la guerre de 1947 !

L’énergie de ce qui est désigné comme «le clan alaouite» ne doit pas faire oublier –et la qualité des victimes des attentats terroristes l’a fait savoir-  a ranimé toutes les communautés par la formation d’un Etat supraconfessionnel ; exactement ce qu’avait été, du moins en droit et dans de longues périodes, avant l’arrivée des Jeunes Turcs au pouvoir, l’Empire ottoman.

 On parle souvent, on écrit partout que la repression à Damas, par exemple, fut terrible sous Djamel Pacha, commandant de la VIème armée ; on oublie que toute armée doit châtier  ceux qui sont en liaison avec l’ennemi déclaré, et ceci vaut en droit international. Mis on ne dit pas, -et là nous revenons aux causes de la guerre actuelle qui une suite de cette première guerre mondiale de destruction d’un pouvoir indépendant en Orient – que le fameux «croissant chiite» (expression de M. Bassam Tahhan) a été de Bassorah, au Sud du Liban, a été le plus fidèle à la légalité du pouvoir sunnite d’Istanbul. Qu’en fait, il n’y avait pas de politique sunnite, chiite, ismaélite ou chrétienne russe, ou autre, mais une qualité impériale, semblable à celle des deux Empereurs européens continentaux ! notamment de l’Autriche-Hongrie !

La fureur des Alliés contre ce »croissant chiite» n'était pas une vengeance confessionnelle,  mais un écrasement de ce mode de vie commun, qu’il fallait remplacer par des modèles invivables, funestes à la paix, et permettant à un troisième homme d’intervenir.

Une sorte de talibanisation, en somme, comme s’en expliquait Zbigniew Bzrzinski  en  1998 au Nouvel Observateur, parlant du bon tour joué aux Russes pour les obliger à intervenir et à préparer une «libération«  US, en deux temps, le premier par «Talibans» interposés, et vu l’impopularité conséquente, et l’instabilité donc accentuée au besoin par l’assassinat d’un vrai patriote afghan à la Massoud, on assisterait au résultat actuel : un engagement perpétuel des  USA d’assurer le minimum de sécurité et d’autoriser le maximum de chaos local ! C’est cela la victoire espérée par  l’impérialisme américain : créer une ceinture chaotique auprès de ses concurrents et ex- victimes eurasiens !

Dans cette lutte, l’occident s’est, comme à l’époque de la guerre libyenne, sourdement divisé : les cigales ont appuyé l’Aigle américain ou le Lion britannique, et les fourmis ont du retirer les provisions amassées dans ces lieux, en Libye et en Syrie, comme on voudrait qu’elle  le fassent en Iran et dans d’autres puissances  bien plus importantes ! Ainsi voit-on l’opposition démocratique dénoncer le travail coopératif  des certaines firmes, dont allemandes, mais non pas seules,  en Syrie.

La guerre syrienne est un affermissement de la stratégie US de s’imposer comme passage obligé de toute initiative économique.

M. Bassam Tahhan  considère, et il n’y a pas d’objection à lui opposer, que les rapprochements turco-iraniens ou une sphère de coprospérité potentielle devenaient intolérables aux vainqueurs de la première guerre mondiale (laissons la seconde qui n’en est que la répétition!) ; et à cet égard, une note historique peu aperçue de nos compatriotes, mais sue particulièrement en Syrie, sur l’Arménie, s’impose : pour pouvoir détruire moralement l’Empire ottoman, l’ambassadeur Morgenthau en poste à Constantinople (Istanbul) a animé une campagne, avec ses aides arméniens qui recevront des postes aux Etats-Unis, pour rédiger des pièces et faux documents, dont le télégramme d’Enver Pacha appelant au génocide !

Ceci allait à l’encontre de l’évidence, dont celle qui montrait le sultan marié à une arménienne ; mais l’on voulait rompre une liaison interethnique ; et en Syrie aujourd’hui la population arménienne a un attachement à l’Etat syrien et à la tradition, à la dynastie politique assadienne, pour ainsi dire, qui a revitalisé ce morceau de l’ancienne communauté où l’Islam jouait un rôle protecteur, et non pas, selon le plan incliné du Wahabisme, vers un faux Islam persécuteur ou persécutant   -pour reprendre  le mot de Voltaire qui voulait laver le vrai islam de cette accusation.

Le critère, la pierre de touche des  événements avec combien de martyrs, entre autres chrétiens, qui n’émeuvent pas plus notre clergé officiel qu’en leur temps l’holocauste (le mot est techniquement juste !)des  fidèles d’Hiroshima et de Nagasaki, est le rapport de la politique franco-anglaise et US d’hier envers l’Empire et d’aujourd’hui envers ses traces humanitaires! La Syrie est, on l’a dit, une seconde guerre d’Espagne, et comme cette dernière l’affrontement de deux univers, comme un reflet d’une lutte plus vaste d’où le pire serait qu’elle nous laisse «un troupeau et pas de berge », -écrit Nietzsche dans Ainsi parla Zarathoustra-  ouvrant la porte aux loups qui le dévore !

Que les explications données par  M. Bassem Tahhan, ce sera notre premiert voeu,  incitent à ramener le troupeau à son berger.

 Et que l'on médite aussi, en dehors de clichés, sur l'ogre ottoman, ce paradoxe de voir une Syrie reprsenter le vrai esprit de l'Empire tolérant contre un faux néo-ottomanisme qui est, en réalité, pour reprendre un mot exzct, de Metternich, le chancelier autrichien soutien de cet Empire et de son unité, un fruit de l'erreur commise autrefois par des maîtres éclarés par des idées, mais incapables de les placer dans un corps réel existant: ces paroles peuvent être appliquées à la Syrie: "Et c'est dans un Empire organisé ainsi, plein de positions particulières (Metternich visait la Russie), de nécessités qui n'existent point autre part, que l'on a voulu introduire et les raffinements et les abus de ce qu'à mon avis on qualifie fort improprement de l'épithète de civilisation moderne, monstre sans corps et tout en idées"(20 mars 1826).

 C'est ce corps de la Syrie qui est l'emblème de tous ceux qui veulent échapper à leurs bourreaux utopistes servant un ledadership condamné par la raison et la justice humaine et divine.

 Pierre Dortiguier

 

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