12/10/2012 04:04:21
Côte d'Ivoire. Trois charniers découverts hier à Duékoué
Dans les premières heures qui ont suivi l’attaque du camp des réfugiés de Nahibly, le nombre de morts officiellement déclaré par le gouvernement ivoirien était de 12 personnes. Ce chiffre démenti par des cadres et élus de la région n’a cesser de grossir, notamment avec la découverte de trois nouveaux charniers dans la soirée d’hier.
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Duékoué

Dans les premières heures qui ont suivi l’attaque du camp des réfugiés de Nahibly, le nombre de morts officiellement déclaré par le gouvernement ivoirien était de 12 personnes. Ce chiffre démenti par des cadres et élus de la région n’a cesser de grossir, notamment avec la découverte de trois nouveaux charniers dans la soirée d’hier.

Jusqu’à ce que les autorités militaires et préfectorales de Duékoué suspendent les fouilles dans la nuit d’hier au quartier «Toh Guéi», précisément dans les environs de l’usine de traitement d’eau de la Sodeci, ce sont 15 cadavres qui ont été déterrés. En présence des représentants de l’Opération des Nations-Unies en Côte d’Ivoire (Onuci) qui ont eu la désagréable surprise de se retrouver en face de trois sites identifiés comme contenant des personnes assassinées et entassées en ces lieux après l’attaque de Nahibly. Cette découverte a été possible grâce à un rescapé de ce 20 juillet qui a alerté des représentants locaux de presse et la correspondante de France24 en Côte d’Ivoire. Il n’a pas eu de difficulté pour identifier les auteurs de ce crime macabre qui, selon lui, sont le commandant Frci de Duékoué, Koné Daouda, et son chef de sécurité.

La découverte des corps n’a laissé personne indifférent sur le site. Tous avaient les yeux larmoyants et le chef canton de Duékoué dont les propos sur l’ampleur des massacres avaient été passés par pertes et profits s’est insurgé contre l’indifférence des nouvelles autorités ivoiriennes. Les fouilles étant suspendues, eu égard à la tombée de la nuit, rendez-vous est pris pour ce jeudi dans la matinée. Avant de quitter les lieux, la garde du site a été confiée à la gendarmerie et la police.

Le représentant de l’Onuci, Ndolam Ngowey, en juillet dernier, avait traduit à l’envoyé du gouvernement ivoirien, le ministre Babaud Barret, ses inquiétudes au sujet des milliers de déplacés du camp de Nahibly qui n’ont donné aucun signe de vie depuis l’attaque des partisans d’Alassane Ouattara. C’est seulement un millier d’entre eux qui avaient été repérés alors que ce camp en abritait plus de 5000 personnes. Le chef de canton, Batahi François, avait également signalé, dans une interview avec Le Nouveau Courrier en août dernier, la disparition de plusieurs personnes dont des élèves, arrêtés par des éléments des Frci, dans le camp. Nombreux n’ont pas été retrouvés jusqu’à ce jour.

Prenant l’opinion à témoin en août dernier et sur la base de certaines informations reçues des parents des victimes du camp des déplacés de Nahibly, des cadres et élus Wê avaient fait cas de centaines de morts. Des personnes, selon Nahi Doh, porte-parole dudit collectif, avaient été atrocement assassinées sur le site et d’autres enlevés et conduits à des destinations inconnues d’où ils ne sont jamais revenus. C’est le 20 juillet, à la faveur d’un braquage au quartier Kôkôman à Duékoué, et sans un début de preuve, que des éléments des Frci et des chasseurs traditionnels appelés communément «dozos», servant de supplétifs aux forces armées, ont appuyé l’attaque meurtrière contre le camp des déplacés de Nahibly, à Duékoué.

A la suite de cette attaque sur laquelle aucune enquête n’a encore été formellement diligentée par le gouvernement ivoirien, trois mois après, ce sont des charniers qui sont en train d’être découverts. Rappelons qu’à la suite du massacre, les rescapés ont été contraints par le gouvernement ivoirien de retourner dans leurs villages où ils continuent de faire face à une grande insécurité.

St Claver Oula

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