06/10/2009 15:25:23
La Guinée n'est pas une sous-préfecture franšaise
"Lorsque le ministre français des Affaires étrangères dit des choses comme ça, c'est une manière de dénigrer le peuple d'Afrique"
Euroinvestor.fr
TEXTE  TAILLE
Augmenter la taille
Diminuer la taille

CONAKRY, 6 octobre (Reuters) - Le président putschiste de la Guinée, le capitaine Moussa Dadis Camara, a fustigé la France, l'ancienne puissance coloniale, pour avoir annoncé son intention de rompre avec Conakry à la suite de la répression sanglante par l'armée de la manifestation du 28 septembre dans la capitale.

"La Guinée n'est pas une sous-préfecture, pas un arrondissement français. Lorsque le ministre français des Affaires étrangères dit des choses comme ça, c'est une manière de dénigrer le peuple d'Afrique", déclare l'homme fort de Conakry dans un entretien accordé à la chaîne de télévision France 24.

Dimanche, Bernard Kouchner avait déclaré sur RTL que Paris estimait "ne plus pouvoir travailler avec le chef de la junte en Guinée" et misait désormais sur une forme d'intervention internationale.

Le capitaine Dadis Camara, arrivé au pouvoir en décembre à la faveur d'un coup d'Etat sans effusion de sang au lendemain de la mort du général-président Lansana Conté, a refusé toute responsabilité personnelle dans le carnage du 28 septembre, qui a fait officiellement 53 morts, et 157 selon une ONG locale.

L'opposition manifestait ce jour-là pour protester contre l'intention prêtée au jeune officier de revenir sur sa promesse de ne pas se présenter à l'élection présidentielle prévue le 31 janvier en Guinée, premier pays exportateur mondial de bauxite.

"J'ai été pris en otage par l'armée", avait-il auparavant expliqué au micro de RFI.

Sur France 24, il affirme que les événements du 28 septembre feront l'objet d'une commission d'enquête nationale et internationale.

Tentant d'expliquer le chaos qui a régné ce jour-là, le capitaine Dadis Camara déclare, selon le site internet de France 24: "Notre armée n'a jamais été structurée, c'est la seule armée du monde où un caporal ou un sergent peut dire 'merde' à un général". "(...) Personne ne peut maîtriser cette armée", lance-t-il à l'adresse de l'opposition. "Les civils ne peuvent pas maîtriser cette armé".

L'Union africaine a donné au président putschiste jusqu'à la mi-octobre pour confirmer qu'il ne se présenterait pas au scrutin du 31 janvier, sous peine de faire l'objet de sanctions.

(Saliou Samb, avec Mark John à Dakar, version française Jean-Loup Fiévet)

((Service Informations générales. Tél 01 49 49 53 34. paris.newsroom@reuters.com; Reuters Messaging: jean-loup.fievet.reuters.com@reuters.net))

Publicité
Publicité

comments powered by Disqus
Publicité
Autres actualités
Plus populaires

PUBLICITE