16/10/2012 02:31:31
Hollande sermone Paul Biya et Sassou Nguesso
La posture de François Hollande n'est ni plus ni moins que celle d’un suzerain vis-à-vis de ses vassaux locaux...
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Parmi les audiences accordées par François Hollande en marge du 14ème sommet de la francophonie, tenu les 13 et 14 octobre à Kinshasa, celles aux présidents camerounais et congolais le 13 octobre, ont notamment retenu l’attention. 

Selon nos confrères de « la lettre du continent », dans sa livraison du 15 octobre, Paul Biya et Denis Sassou Nguesso ont été malmenés par le président français.

L’ombre de Michel Thierry Atangana. A la suite de Bruno Gain l’ambassadeur de France au Cameroun, François Hollande, pendant une bonne partie du quart d’heure qu’aura duré l’entrevue avec Paul Biya, a parlé, « pour mieux le défendre» affirme La lettre du continent, de l’affaire Thierry Michel Atangana, du nom de ce citoyen français d’origine camerounaise, récemment condamné par un tribunal de Yaoundé à 20 ans de prison, après avoir purgé une autre peine de 15 ans, pour une autre affaire de détournement de deniers publics . «L’homme lion » aurait religieusement écouté Hollande, sans risquer la moindre réplique. Au contraire, il aurait , comme pour se racheter, invité le Président français à daigner visiter le Cameroun, et l’histoire ne dit pas si l’invitation a été acceptée ou pas.

L’affaire des biens mal acquis. Denis Sassou Nguesso le Président du Congo pour sa part, a cru bon de jouer les victimes d’un « acharnement » dont il ferait l’objet, sur l’affaire des biens mal acquis, une action en justice intentée par des ONG des quelques membres de la société civile internationale contre certains Présidents africains, dont notamment Sassou Nguesso du Congo, Obiang Nguema de Guinée équatoriale et feu Omar Bongo Ondimba du Gabon. 

Pour couper court aux jérémiades de Sassou Nguesso, François Hollande aurait dit qu’il n’avait aucune intention de « faire obstacle à la justice » à a justice de son pays la France.

Comme à de gros enfants

La posture de François Hollande avant et pendant le 14ème sommet e la francophonie n’était ni plus ni moins que celle d’un suzerain vis-à-vis de ses vassaux locaux et cela , loin des discours officiels très policé qui ont tôt fait d’enterrer la françafrique et de consacrer un partenariat équitable entre la France et chacun des pays africains pris individuellement. Hollande ne veut pas faire obstacle à la justice de la France pour l’affaire des biens mal acquis dont on accuse le Président congolais, mais se permet dans le même souffle de remettre en cause une décision de la justice camerounaise un pays souverain, incriminant un gestionnaire indélicat de la fortune publique. 

Avant le sommet de Kinshasa, et au mépris des usances diplomatiques, François Hollande a qualifié la situation des droits de l’homme et de la démocratie en RDC « d’inacceptable ». Le 12 octobre à Dakar, en cherchant obstinément à prendre le contre pied de son prédécesseur, le patron de l’Elysée a dressé de l’Afrique un portrait angélique en termes de passé, de présent et d’avenir, comme si les africains n’attendaient que son avis pour s’en convaincre. 

L’attitude de François Hollande, ainsi que celle des dirigeants africains, reproduisent un vieux rituel des rapports de vassalité qui lient la France à l’Afrique.

On a beau tuer la françafrique à coup d’incantations, elle ne mourra véritablement que quand les africains eux-mêmes en prendrons l’initiative, ayant en esprit l’intérêt supérieur de leurs peuples.  

Jolibeau Koube

 

 

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