17/10/2012 00:48:07
Après l'Afghanistan le Mali ?
(...) l’intervention militaire pourrait provoquer une guerre prolongée. C’est le pire endroit dans le monde pour mener une guerre pareille (...)
La voix de la russie
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Soldats maliens

Vendredi 12 octobre le Conseil de sécurité de l'ONU a adopté à l'unanimité une résolution appelant les organisations régionales africaines, notamment l’Union africaine et à la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, et les pays-membres des Nations unies à présenter sous 45 jours un plan d'intervention visant à reconquérir le nord du Mali.

A la suite d’un coup d’Etat qui a eu lieu en mars 2012, cette région se trouve sous le contrôle de Touaregs et d'islamistes. Les séparatistes touaregs ont proclamé l'indépendance de la zone, mais les djihadistes ont récusé l'initiative et se sont engagés à poursuivre leur combat pour l'instauration de la « charia » dans tout le pays. Mieux armés, ces derniers ont désormais pris le dessus.

A l’initiative de la France, la résolution a été signée par tous les quinze pays membres du Conseil qui ont souligné leur « grave préoccupation à propos de la dégradation continuelle de la sécurité et de la situation humanitaire dans le nord du pays, de l'enracinement croissant d'éléments terroristes ». Il est évoqué dans le document que l’ONU a l’intention de répondre aux sollicitations des autorités somaliennes de leur aider à étouffer la révolte.

A propos de ce sujet La Voix de la Russie a posé quelques questions au docteur Kaleb Rossister, agrégé de l’Ecole supérieure américaine de la politique internationale, et membre de l’Institut des recherches politiques.

Je suis persuadé que premièrement il est nécessaire que les participants du conflit et l’ONU commencent les négociations. Il faut également du financement pour garder l’équilibre économique dans la région durant la crise. Mr Rossister a insisté sur une solution pacifique du problème au Mali. Les conflits régionaux font partie de la vie de l’Afrique de l’Ouest. Le politologue estime que l’objectif des négociations multilatérales devrait consister à convaincre la majorité qui est au pouvoir dans le nord du Mali de ne pas permettre la scission du pays. Mais de toutes les façons la scission est une solution bien meilleure que l’intervention militaire dans ce pauvre pays du nord de l’Afrique.

Le directeur du Centre des relations russo-africaines et de la politique extérieure des pays d’Afrique Evguény Korendyasovpense également que le conflit doit être résolu pacifiquement par le biais des négociations. Il qualifie qu’une partie des séparatistes, par excellence les touaregs qui représentent Le mouvement national pour la libération d’Azavad, est prêt d’engager des négociations.

Les deux experts sont d’accord que la situation au Mali ne ressemble pas exactement à celle de l’Afghanistan. Docteur Rossister souligne que le territoire occupé du Mali ne peut pas servir de base pour les terroristes menaçant les intérêts de l’Occident. C’est une région pauvre et dévastée, éloignée du siège d’Al-Qaeda. La présence des fondamentalistes n’y constitue pas une menace pour le monde. D’ailleurs, l’intervention militaire pourrait provoquer une guerre prolongée. C’est le pire endroit dans le monde pour mener une guerre pareille, considère-t-il.

En proposant la résolution à l’ONU, François Hollande a fait comprendre que Paris entend « apporter une aide logistique, donner un appui matériel et former les personnels (africains) » qui pourraient être engagés dans le nord du Mali. Pour la France il ne s’agit pas d’occuper un territoire mais de lutter contre le terrorisme. Le président de la République a affirmé que « c’est aux Africains de trouver une réponse durable au Mali ».

Pour ce qui est de la participation des Etats-Unis au conflit, Kalleb Rossister est convaincu qu’ils se sont déjà impliqués dans l’affaire. Mais leur participation serait limitée par la fourniture de l’équipement et par le financement de l’armée gouvernementale malienne.

Bien sûr que l’aide des pays occidentaux aux Africains est utile et nécessaire. Les forces africaines ne pourraient pas se débrouiller toutes seules. Les séparatistes dont la plupart composait il n’y a pas longtemps la garde prétorienne de Kadhafi sont bien armés et ont une grande expérience de combat. Ils l’emportent pour l’instant sur les armées africaines.

Mais est-ce que l’aide matérielle des pays occidentaux peut vraiment aider les combattants de l’Afrique ? Les Berbères, même s’ils sont capables de négocier comme l’ont prétendu nos interlocuteurs sont dirigés actuellement par les islamistes complices d’Al-Qaeda. On voit comment cela se passe dans les pays du Maghreb et de l’Orient sous l’influence de l’Islam radical. Si la situation n’est pas contrôlée, le territoire discuté se transformerait en un pseudo Etat où les extrémistes du monde musulmans trouveront asile. Les Etats adjacents, Niger, Burkina-Faso, souffriront de même.

Maintenant c’est à la France, responsable de ses ex-colonies, d’entamer le processus de négociation crédible. Le succès, d’ailleurs, ne peut du tout être garanti. Les djihadistes ont procédé déjà aux menaces vis-à-vis de la France. Il peut arriver que la France doive s’impliquer plus profondément dans les affaires du Mali. Et là, 3,3 mille de soldats de paix français ne seront pas suffisants pour la solution du problème.

 

De toute façon, la réunification du pays sera trop compliquée. Une fois le Nord du Mali repris, il faudra être prêt à le tenir.

 

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