23/10/2012 00:04:31
Enquête. 3% de la population est bègue au Cameroun
C’est ce qui ressort de l’enquête menée au Cameroun par la société civile qui a organisé une série d’activités à l’occasion de la journée mondiale qui se célèbre chaque 22 octobre dans le monde.
Le Messager
TEXTE  TAILLE
Augmenter la taille
Diminuer la taille

C’est ce qui ressort de l’enquête menée au Cameroun par la société civile qui a organisé une série d’activités à l’occasion de la journée mondiale qui se célèbre chaque 22 octobre dans le monde.

«Trouble de communication, du rythme de la parole», c’est ainsi que l’Association voix-parole-bégaiement (Avopabec), définit le bégaiement. Cette maladie encore très peu connue de plusieurs est pourtant réelle. Selon le dernier rapport d’International stuttering association, rendu public en 2000, 1% de la population mondiale en est affecté, soit 3% de la population camerounaise, selon l’Avopabec. Elle précise aussi que dans l’enfance, 5% d’enfants souffrent d’un bégaiement, dans la proportion d’une fille pour trois garçons. En fait, «ce trouble apparaît au moment où le langage se constitue, dès deux ans et demi, le plus souvent avant 5 ans. Il peut aussi se manifester à l’entrée au cours préparatoire ou au début de l’adolescence.» Autant de réalités inconnues. 

C’est pour informer la masse sur le sujet que l’Association voix-parole-bégaiement du Cameroun a lancé une semaine d’activités dans la ville de Douala, avec pour prétexte la 15ème édition de la journée mondiale du bégaiement qui se célèbre chaque 22 octobre. Pour le président de l’association, Jacob Soh, (Rééducateur-orthophoniste) «notre ambition est de contribuer à une meilleure sensibilisation du public sur les causes et manifestations du bégaiement, combler les attentes et indiquer les approches thérapeutiques. Si l’Etat ne fait absolument rien, j’ai accepté me battre avec mes fonds propres pour sensibiliser et aider les malades.» Du 17 au 22 octobre 2012, malades, parents et curieux n’ont pas seulement bénéficié des consultations et des évaluations gratuites, mais aussi des causeries éducatives sur la maladie. Ils sont repartis avec un message porteur de sens, «le bégaiement n’est pas une fatalité.» 

Démystifier la pathologie 

«Le bégaiement provoque des sentiments de frustration, de honte et même de rejet. Il constitue pour beaucoup un handicap sévère dans la vie et une source de perturbation pour l’entourage» explique le spécialiste. Il est ainsi question de démystifier la pathologie qui est la conséquence d’un ensemble de facteurs. Retard de parole, climat familial tendu, souffrance, latérisation hémisphérique, caractère volontariste sont selon l’expert certains facteurs favorisant. Les facteurs déclencheurs pouvant être la naissance d’un enfant, le déménagement, le changement d’école, la séparation, le traumatisme (traumatisme crânien, ou à la suite d’un accident vasculaire cérébral pour un adulte). «Le bégaiement est aussi héréditaire, mais des facteurs génétiques peuvent entrer en jeu dans une certaine fragilité. Il est important de comprendre que cette fragilité n’entraîne pas de façon mécanique un bégaiement», affirme l’orthophoniste. 

Ce qu’il faut aussi savoir c’est que la maladie peut se soigner. La preuve, Jacob Soh, ancien bègue aligne aujourd’hui toute une phrase sans buter. La solution c’est la thérapie, «plus vous attendez avant d’entreprendre une thérapie, plus grande seront les pressions personnelles que vous subirez pour faire quelque chose de votre bégaiement. Les séances de rééducation avec le thérapeute peuvent aller de trois à six mois pour les tout-petits et aller bien au-delà d’un an pour les adultes» renseigne l’interlocuteur. Il regrette le fait que les adultes «abandonnent très vite la thérapie». C’est que la thérapie nécessite de la patience, ce que les malades ne comprennent généralement pas. Une raison pour lui, de militer pour la prévention. «Les parents pourraient éviter le développement du bégaiement. Ils doivent adopter une attitude au moment des accidents de la parole, adopter une conduite de communication dans la famille.» Ne dit-on pas que prévenir vaut mieux que guérir ? 

Valgadine TONGA 

Publicité
Publicité

comments powered by Disqus
Publicité
Autres actualités
Plus populaires

PUBLICITE