23/10/2012 13:54:01
Sommet de la Francophonie : Biya a parlé de sa succession à Hollande
Le XIVe sommet de la Francophonie tenu du 12 au 14 octobre dernier à Kinshasa n’en finit pas de livrer ses secrets. Dans le dossier qu’il consacre à cette grand-messe francophone, dans son numéro en kiosque, l’hebdomadaire panafricain Jeune Afrique nous apprend, que « Paul Biya, qui rencontrait Hollande pour la première fois, a abordé les réformes institutionnelles en cours dans son pays et précisé ses intentions (notamment la mise en place du Sénat et donc le processus constitutionnel de succession), avant que soit évoquée la relation forte entre Paris et Yaoundé ».
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Révélation contenue dans la livraison en kiosque de l’hebdomadaire Jeune Afrique. 

Le XIVe sommet de la Francophonie tenu du 12 au 14 octobre dernier à Kinshasa n’en finit pas de livrer ses secrets. Dans le dossier qu’il consacre à cette grand-messe francophone, dans son numéro en kiosque, l’hebdomadaire panafricain Jeune Afrique nous apprend, en page 36, que « Paul Biya, qui rencontrait Hollande pour la première fois, a abordé les réformes institutionnelles en cours dans son pays et précisé ses intentions (notamment la mise en place du Sénat et donc le processus constitutionnel de succession), avant que soit évoquée la relation forte entre Paris et Yaoundé ».

D’après ce magazine, « en marge de ces échanges, François Hollande a tenu à faire savoir l’attention qu’il porte au cas de Thierry Atangana, le franco-camerounais emprisonné depuis quinze ans à Yaoundé pour détournement de fonds et à nouveau lourdement condamné en début d’octobre. Réponse de Paul Biya : il ne peut évidemment pas interférer dans une affaire judiciaire ».

Des informations qui se recoupent, dans une large mesure, avec celles publiées dans La lettre du continent nº 644 du 15 octobre 2012 : «… Avec Paul Biya, François Hollande a longuement évoqué - pour mieux le défendre- le cas de Michel-Thierry Atangana, Français emprisonné depuis 1997 dans l'affaire Epervier. Le 4 octobre, ce dernier, défendu à Paris par Rémi Barousse (cabinet Froment-Meurice & associés), a écopé d'une nouvelle peine de vingt ans de prison après un procès expéditif. Aucun chef d'Etat français n'avait jusqu'à présent abordé frontalement le sujet. Paul Biya n'a pas réagi, se contentant d'écouter son homologue », pouvait-on y lire. 

Reçu pendant près de 20 minutes en audience, à l’espace France du Palais du peuple le 13 octobre par François Hollande, rencontre non prévue dans le programme officiel du chef de l’Etat français, Paul Biya a confié à la presse, au terme de cet échange, que les « entretiens ont été cordiaux et francs ». « J’en ai profité non seulement pour le [Hollande] féliciter de nouveau pour son élection, mais aussi pour réaffirmer la force de la coopération qui existe entre la France et le Cameroun. Nous avons aussi fait le tour d’horizon des problèmes de sécurité dans le golfe de Guinée, en Afrique, au Mali. Nous sommes arrivés aux mêmes conclusions : il faut renforcer la coopération et lutter contre ces fléaux. Enfin, j’ai aussi profité de cette occasion pour redire au président Hollande, tout le plaisir que le peuple camerounais et son gouvernement auraient à l’accueillir dans une visite officielle », a-t-il déclaré. 

Un «plaisir» que le prédécesseur de François Hollande, en l’occurrence, Nicolas Sarkozy, n’avait pas daigné accorder à Paul Biya au cours de son mandat long de cinq ans. Des indiscrétions fiables font état de ce que M. Biya avait déjà rassuré M. Sarkozy, au cours de leur première rencontre à l’Elysée, quant à la mise en place du Sénat et du Conseil constitutionnel, avant fin 2011. Après quoi, le président français, lassé par la démagogie de son homologue, lui a adressé un message d’injonctions, au lieu d’un message de félicitations, après sa réélection. Il y exigeait la mise en place diligente des institutions prévues depuis 16 ans aujourd’hui. Malheureusement, rattrapé par ses propres contradictions, Nicolas Sarkozy ne poursuivra pas le «travail de sape» contre Paul Biya. Un Hollande averti en vaut deux.


Georges Alain Boyomo

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