24/10/2012 01:18:46
Cameroun. Sinistrés de Doumé: Les 100 millions de Paul Biya détournés
130 sans abris en colère. La Commission locale de gestion indexée 
Le Messager
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Innondations nord Cameroun

Dans une requête adressée au président de la République il y a quelques jours, les sinistrés des inondations des 6 et 7 septembre derniers dénoncent la gestion de cette manne par la commission locale de gestion de la crise. 

Une fois que la nouvelle de la requête adressée au chef de l’Etat par l’association des sinistrés du quartier Ayéné-Doumé a été divulguée dans la rue, les commentaires et les interprétations ne se sont pas fait attendre. Dans la ville de Bertoua, chef-lieu de la région de l’Est par exemple, on entend dire que « le comité local de gestion de la crise a croqué soixante millions de l’argent des sinistrés de Doumé ». Normal pour ceux qui le disent, puisqu’une radio de la place en a fait écho au plaisir des sinistrés. Dans leur dépêche adressée à Paul Biya le 07 octobre 2012, et dont Le Messager a obtenu copie, les sinistrés de Doumé dans le département du Haut-Nyong, région de l’Est, estiment en bloc avoir reçu la somme de 40 millions seulement, à raison de deux millions par famille dans les 100 millions affectés par le président de la République. 

Leurs récriminations qui portent tout de même quelques erreurs indiquent également que « Le terrassement du site prévu sur 500 mètres carrés a seulement été effectué sur une superficie de deux cents mètres ». Par ailleurs «  la présence des arbres dans le site présente un danger permanent pour les populations, le payement du morcellement du site a été imputé aux sinistrés, après devis détaillé les maisons ne seront pas cimentées, crépies, plafonnées, peintes et n’auront pas d’ouvertures ». Selon leurs lamentations, « soixante millions de Francs Cfa  serait entrée dans les poches du comité de gestion de cette crise » pourtant  piloté par Yves Bertrand Ndjana, le sous-préfet de Doumé qu’ils n’ont pas pris la peine de contacter pour de plus amples explications après le partage de cette manne tombée du ciel le 15 septembre 2012. 

Déficit  de communication ?

Pour comprendre la réalité de ce malentendu, il faut déjà se rappeler qu’après les inondations des 6 et 7 septembre 2012 au quartier Ayéné de Doumé, le Chef de l’Etat Paul Biya, avait dépêché Jules Doret Ndongo, ministre délégué en charge des collectivités territoriales, au chevet des victimes, pour constater de visu l’ampleur des dégâts dus à la sortie du  lit du fleuve Doumé, qui avait tout ravagé sur son passage. Le bilan de cette catastrophe faisait alors état de 20 familles soit 130 personnes sans-abris, et de nombreux dégâts matériels. Pour cela donc, le Chef de l’Etat a débloqué une enveloppe de 100 millions de Francs Cfa. Une somme qui devait servir en même temps pour l’acquisition des denrées alimentaires, des médicaments, des fournitures scolaires et pour le recasement total des populations sinistrées. C’est ainsi que le 21 septembre 2012, le gouverneur de la région de l’Est, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua, a personnellement effectué le déplacement de Doumé pour présider la cérémonie de remise de ce don spécial aux sinistrés. 

Selon le canevas de gestion défini par l’émissaire du chef de l’Etat, ces derniers ont bénéficié du matériel de construction composé dans le détail de 20 presses à briques, une tronçonneuse, 100 couvertures, 100 matelas, 10 cartons de savon, des kits de dignité, des produits pharmaceutiques, des denrées  alimentaires constitués de 27 sacs de riz de 50 kg, 20 cartons de lait, 25 cartons d’huile,  25 sacs de sel,  25 cartons de sucre,  30 cartons de tomate, 20 cartons de sardine,  des fournitures scolaires le tout couronné par des enveloppes de deux millions par ménage. L’on se souvient aussi qu’un tour effectué au nouveau site de recasement d’une superficie de cinq hectares, au lieu de 500 mètres carrés comme l’énoncent les victimes dans leur requête, avait permis à la commission de gestion de cette crise de constater le début effectif du terrassement. Toutefois ce qui est curieux dans cette histoire est « le silence total des autorités de la région de l’Est en général et de Yves Bertrand Ndjana, le sous-préfet de Doumé en particulier, épinglé par la population ».

Ange-Gabriel OLINGA B.

 

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