25/10/2012 02:06:50
L'éclatement de la zone euro, une erreur du passé ?
Un groupe d'économistes allemands a publié une prévision portant sur des scénarios de l'éclatement de la zone euro. Au pis-aller, 42 des principaux pays du monde constituant au total 90 % de l'économie mondiale peuvent en devenir victimes. L'effet domino interviendra et il pourrait provoquer un effet d'avalanche cataclysmique vers la désintégration.
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Zone euro

Un groupe d'économistes allemands a publié une prévision portant sur des scénarios de l'éclatement de la zone euro. Au pis-aller, 42 des principaux pays du monde constituant au total 90 % de l'économie mondiale peuvent en devenir victimes. L'effet domino interviendra et il pourrait provoquer un effet d'avalanche cataclysmique vers la désintégration.

Les experts allemands ont examiné toutes les variantes. Le défaut de paiement d'Athènes ne bouleversera pas l'économie mondiale. Mais si la zone euro est quittée par la Grèce et le Portugal, la plupart des pays de l'UE en ressentiront les effets. Pourtant l'impact de ce fait sur l'économie mondiale sera relativement restreint. En revanche, la vague de la crise provoquée par le triple défaut de paiement, celui de la Grèce, du Portugal et de l'Espagne, sera telle que seule l'Australie sera peut-être épargnée. Pour l'Espagne le défaut sera un bouleversement national, indique José Antonio Garcia Rubio, secrétaire pour l'économie de la coalition politique « Gauche unie » :

« Pour l'Espagne, le retrait de l'union monétaire peut avoir les conséquences les plus graves. Le problème tient au fait qu'au moment de la création de l'UE personne n'a accordé une attention requise aux différences économiques des pays la constituant. Il était nécessaire de prévoir des problèmes éventuels dès le début et de les résoudre au stade de la création de l'union. A présent, les difficultés qui apparaissent doivent être réglées ex post facto.

Néanmoins pour l'Espagne le retrait de l'union monétaire est le pire scénario. Le pays est depuis trop longtemps incorporé dans l'économie de la zone euro, les deux tiers du commerce espagnol se font en Europe, c'est pourquoi la tentative de rompre ces liens aura des retombées très néfastes. Cela concerne également les autres membres de l'UE ».

Le quatrième scénario est le plus tragique. C'est le retrait de quatre pays : la Grèce, le Portugal, l'Espagne et l'Italie. Son résultat sera une profonde récession économique. D'ici 2020, le préjudice causé aux seuls pays de l'UE est évalué par les économistes à quelque 9 000 milliards d'euros, celui aux Etats-Unis à près de 3 000 milliards, celui à la Russie à 290 milliards. Ce tsunami économique aura des effets critiques pour les institutions sociales de par le monde et surtout pour les pays qui, initialement, faisaient partie du groupe à risque. La stabilité globale sera menacée. En d'autres termes, c'est un scénario d'apocalypse de la civilisation en quelque sorte.

Les scénarios présentés par les experts allemands sont à bien des égards conventionnels. Les développements réels ne doivent pas obligatoirement coïncider avec leurs prévisions. L'économiste allemand Thies Petersen a insisté sur l'incertitude de la situation dans son entretien à La Voix de la Russie :

« Je vois les efforts entrepris en vue de prévenir la faillite de la Grèce pour éviter l'effet domino. Les hommes politiques et d'affaires craignent la contamination par ce virus. D'où des tentatives incroyables pour garder la Grèce dans la zone euro. Nous parlons des prévisions économiques relatives aux développements ultérieurs. Cependant si un pays quitte la zone euro, il sera confronté à un plus grand danger du chômage, de la récession et ensuite des troubles politiques et sociaux ».

Le rapports des experts allemands est, semble-t-il, appelé à encourager l'Allemagne à faire un choix définitif. Que faire ? Faire sortir les pays en crise de la zone euro ou sauver celle-ci à tout prix avec l'utilisation de toutes les ressources disponibles ? Beaucoup estiment que la dernière solution est préférable pour Berlin. Mais les Allemands sont un peu en retard car la faillite de la Grèce paraît être une question déjà tranchée. Il leur reste actuellement à suivre les événements et à calculer les dommages. Dans une grande mesure la situation résulte d'une erreur critique de ceux qui ont pris l'initiative de l'intégration européenne. A l'époque ils ont tablé sur la conjoncture politique au lieu de l'utilité économique. 

Sergei Duz

 

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