13/10/2009 14:42:48
Cameroun: 40 % du marché des médicaments échapperait au circuit officiel
Des produits se retrouvent en vente dans la rue, le marché pharmaceutique étant contrôlé à 40 % par le secteur informel
La-Croix.com
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«Nous sommes scandalisés de constater que certains Camerounais favorisent la vente parallèle des antirétroviraux (ARV), pourtant gratuits au Cameroun », s’insurgeait le ministre de la santé publique, André Mama Fouda, lors d’une conférence de presse à Yaoundé le 25 août.

Peu avant, les autorités locales avaient saisi un stock de médicaments vendus dans les rues de Yaoundé, dont une importante quantité d’ARV. Le ministre a reconnu que ces produits, distribués gratuitement aux malades du sida depuis 2007 au Cameroun, avaient été détournés de certains hôpitaux publics pour se retrouver à « la pharmacie du poteau » (désignation locale des espaces de vente illicite de médicaments).

"Il existe des brebis galeuses parmi les pharmaciens"

En plus des ARV, de nombreux autres médicaments quittent quotidiennement les circuits officiels pour la rue. « Nos livreurs ont des contacts fiables avec des gens de la centrale de distribution et des hôpitaux. Ils nous fournissent des produits authentiques », explique sous le couvert de l’anonymat un marchand ambulant de médicaments rencontré au marché central de Yaoundé. Selon lui, les grossistes s’approvisionnent également auprès de certains pharmaciens d’officine qui veulent rapidement écouler leurs stocks, surtout à l’étranger.

« Il existe des brebis galeuses parmi les pharmaciens, reconnaît le docteur Éric Sunjio, responsable local du Syndicat national des pharmaciens du Cameroun (SNPC). Nous ne savons pas quelles sont les proportions de médicaments qui quittent les circuits officiels ou certaines officines pour la rue, mais dès qu’un produit quitte le circuit normal, il devient “faux”. » Selon le médecin, « les estimations situent à 40 % le taux du marché du médicament contrôlé par les informels ».

La vente illégale des médicaments pose divers problèmes. Sur le plan économique, le manque à gagner pour l’État et les acteurs de la filière est considérable, selon Éric Sunjio. Sur un plan sanitaire, le malade s’expose aux dangers liés à la création de résistances aux médicaments, favorisés par une mauvaise administration ou un mauvais dosage des substances actives. Des problèmes aggravés par le fait que, dans la rue, les normes de manipulation et de conservation (température, humidité et luminosité) ne sont pas respectées.

Reinnier KAZÉ, à Yaoundé (Cameroun)

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