26/10/2012 03:17:00
La Russie et la Chine veulent concurrencer Airbus et Boeing
Pour essayer de conquérir le marché de l’aviation civile dominé actuellement par Boeing et Airbus, la Russie et la Chine sont en train de réaliser des projets d’avions commerciaux de pointe. Un défi difficile à relever.
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Макет ближне-среднемагистрального самолета МС-21 МАКС-2009 МАКС самолет авиация

Pour essayer de conquérir le marché de l’aviation civile dominé actuellement par Boeing et Airbus, la Russie et la Chine sont en train de réaliser des projets d’avions commerciaux de pointe. Un défi difficile à relever.

 

Les investissements dans la création du nouvel avion russe MS-21 s’élèvent à 5,2 milliards de dollars, a déclaré lundi le président de l'United Aircraft Corporation (UAC) Mikhaïl Pogossian. Il a noté que les livraisons du nouvel avion MS-21 pourraient commencer dès 2017. Le constructeur d’avions chinois COMAC réalise en même temps le projet d’avion de ligne C919, dont la production en série est prévue pour 2016.

Les deux appareils ont beaucoup de points communs. Dans les deux cas, il s'agit d'avions monocouloirs avec deux moteurs. Ils ont environ la même capacité: le C919 chinois dans sa version de base pourra accueillir 168 passagers, quant au MS-21 russe, il possède une capacité de 180 places. Le MS-21 est conçu pour franchir une distance de 5.000 km, alors que le modèle de base du C-919 peut parcourir 4075 km avec un plein et son autre version possède un rayon d’action de 5555 km.

En termes financiers, le projet avion de ligne chinois est plus lourd que le russe. Le budget du programme C-919, lancé sur la décision du Conseil d'Etat de la RPC en 2007, représente 9,7 milliards de dollars. Evidemment, ce n’est qu’après le lancement de la construction en série de ces appareils que l'on pourra connaître le montant de la facture. Tous les programmes techniquement complexes coûtent sensiblement plus cher que le budget qui leur est alloué au départ.

Les deux projets sont réalisés dans le cadre des coopérations internationales. Le MS-21 et le C919 sont des projets internationaux, auxquels participent plusieurs pays étrangers. Ainsi, des moteurs américains Pratt & Whitney PW1400 G, seront installés sur le MS-21 et des compagnies américaines et françaises travailleront à la construction de son habitacle, ses systèmes électriques et ses appareils de contrôle. Quant au C919, il s’agit d’un appareil assemblé en Chine à partir de pièces étrangères pour la plupart. La seule partie produite actuellement en Chine est le fuselage. La Russie et la Chine espèrent que le nombre de composantes de production nationale pour leurs avions va augmenter avec le développement des technologies nécessaires.

Les projets MS-21 et C-919 ne sont pas des projets commerciaux. Ils s’inscrivent dans la volonté politique des gouvernements des deux pays de progresser en termes de technologie avec pour objectif de gagner des parts de marché de l’aviation civile dans les années à venir.

Par le passé, la Russie se possédait une puissante industrie de l'aviation civile, qui a perdu de son poids à cause de son retard technologique par rapport à ses concurrents occidentaux. Un paramètre non négligeable qui incite les clients à choisir les Airbus et les Boeing est celui de la consommation de carburant. Les avions russes ne sont pas très économiques. Par ailleurs, dans les années 1990, une grande partie de l'industrie de l'aviation civile est tombée en ruines en Russie : en 2011 le pays a fabriqué seulement 13 gros porteurs. Dans l’Empire du Milieu, on n’a jamais fabriqué de grands avions de ligne et les tentatives pour mettre au point leur production dans les années 1980 (notamment avec le projet Y-10) ont échoué.

Les constructeurs russes et chinois n’ont pas d’autre solution que de se lancer dans la mise en œuvre des projets très sophistiqués et techniquement risqués pour tenter de concurrencer leurs homologues occidentaux. Les deux pays se rendent compte qu’il est difficile d’accéder à un marché contrôlé depuis de nombreuses années par deux géants qui ont acquis une certaine réputation. Ce chemin est jalonné de difficultés et des échecs sont inévitables. Mais c’est la seule façon d'acquérir de l'expérience dans la mise en œuvre de projets techniques complexes et préparer des effectifs qualifiés dans le domaine de l'ingénierie de l’aviation et la gestion.

 

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