30/10/2012 04:43:18
Côte d'Ivoire. Les 3 ex-rebelles préfets en France
Promus préfets de région le 26 septembre dernier, trois ex-membres des forces armées des forces nouvelles seront formés en France.
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Criminels de guerre nommés prefets

Promus préfets de région le 26 septembre dernier, trois ex-membres des forces armées des forces nouvelles seront formés en France.

La Côte d’Ivoire sous Ouattara marche à reculons, c’est le moins que l’on puisse dire. D’anciens chefs rebelles des forces nouvelles promus préfets de région, au grand dam des cadres de l’administration publique formées par la prestigieuse école nationale d’administration (Ena). Sans compétence aucune, Tuo Fozié préfet de Bondoukou, Koné Messamba, préfet de Guiglo et Ousmane Coulibaly dit «Ben Laden», préfet de San Pedro sont ainsi parachutés au coeur de l’administration territoriale qui obéit pourtant à des règles.

Il se pose donc un problème de compétence auquel Ouattara semble avoir trouvé solution. Les ex-rebelles promus vont s’envoler pour la France dans les jours à venir. Afin d’y suivre une formation qui devrait se limiter à leur inculquer, comme si cela les intéressait, les rudiments pour une bonne administration des circonscriptions régionales placées sous leur autorité. La révélation a été faite par la Lettre du continent dans sa livraison du 25 octobre dernier. Désormais, plus besoin d’user ses fesses sur un banc de cette école pour être membre du corps préfectoral, et de surcroit accéder au poste de préfet de région. Etre un «bon petit» du chef ou encore un membre de son cercle familial restreint aux affaires suffit.

Une marque de mépris, en réalité, pour toute une corporation. Car en réalité, pour être nommé préfet de région, un parcours dans l’administration publique s’impose qui nécessite au moins une dizaine voire une quinzaine d’années d’expérience. Rien de tout ça pour nos valeureux ex-chefs rebelles. Leur principale et commune qualité, c’est d’être membres de l’ex-rébellion montée de toutes pièces avec l’aide de la France et le Burkina Faso de Blaise Compaoré. De plus, l’histoire récente de la Côte

d’Ivoire, avec la sanglante guerre postélectorale et la dictature qui en résulte, montre que les trois promus n’ont aucune notion des droits de l’Homme. C’est le cas particulièrement de Ousmane Coulibaly dit «Ben Laden», cité dans des massacres et tortures de civiles dans la commune de Yopougon, dans le camp de la Brigade Anti-émeute (BAE) dont il était le patron.

Hermann Djea

 

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