31/10/2012 02:33:04
Cameroun. A l'Ouest, rien de nouveau
L’ouest bamoum  affiche une unité linguistique étalée sur un seul département plus grand que l’ouest bamiléké avec ses 7  départements et autant de dialectes qu’il y a de villages.
TEXTE  TAILLE
Augmenter la taille
Diminuer la taille

L’ouest bamoum  affiche une unité linguistique étalée sur un seul département plus grand que l’ouest bamiléké avec ses 7  départements et autant de dialectes qu’il y a de villages.

Par exemple, derrière le village  Bandjoun se trouve l’enclave  Bahouan. Un  hameau au grand cœur fier de compter parmi ses habitants, le président Albert Dzongang, né à Babete dans le Bamboutos où ses parents s’étaient établis. L’ennui, c’est que son village d’origine et son village d’adoption ne peuvent lui assurer le plein de voix dont il a besoin pour succéder au président Biya. 

Il lui faudrait pour cela prendre langue avec les  Batoufam, Bangang Fokam, Bayangam, Bandrefam, Bangou,  des groupements qui n’ont pas la faveur de la grande presse, mais qui comptent des élites comme le magnat et maire André Sohaing, un militant ni convainquant ni convaincu du Rdpc, à qui l’on prête la fameuse phrase : « Bayangam égorge d’intellectuels ».

On dit que les Bayangam «  ont créé leur propre système d’équivalence. Le Cepe correspond au Bacc ; le Bepc correspond à la Licence ; Le Probatoire correspond au Master ; le Bacc correspond au Doctorat et la Licence, c’est le concours d’agrégation ». L’arrondissement  est composé de 3 villages : Bayangam, Batoufam Bandrefam et plus loin, Bangou qui compte un intellectuel de haut niveau en la personne de Shanda Tonme très peu connu des cailloux du chemin qui mène au village, de  même que Me Charles Tchoungang, originaire de Bandrefam. 

En aval,  on descend dans le territoire des ‘Bassa de l’ouest’. Le département du Haut-Nkam compte de très nombreux villages et autant de ‘rois’.  De nombreux litiges fonciers y fleurissent: Bana contre Bamdouba, Batcha-Batchingou, Bana-Banka, etc. On y trouve aussi le plus grand nombre de leaders politiques, dont le président Pierre Kwemo, le président Hameni Bieuleu, le président Monthé de l’ancien institut du même nom, le président Djeukam Tchameni, le président Brice Nitcheu et son frangin l’Honorable Jean Michel Nintcheu, lesémillant Célestin Monga, le président Christophe Eken, le président Siyam Siwé, etc.  Le territoire Haut-Nkam est petit mais chacun à sa chefferie et sa présidence... 

A Bafang, on adore l’expression  « sô beu, ya miêh? » : quel que soit le nombre d’amants d’une femme, le corps ne finit pas. On raconte beaucoup d’histoires sur les Haut-nkamois : On dit que les femmes sont infidèles comme leurs voisines Yabassi. On dit aussi que les Banka sont des vampires, alors que les Bandja sont des chauves-souris. Derrière le territoire Bandja on trouve Babouantou qui signifie « ma main a mis du feu ». Tout un programme ! A côté, les Bana qui appellent leur village « Petit Paris », concentre le plus grand nombre de ‘riches’ au kilomètre carré, avec à leur tête le patriarche Kadji Defosso, ancien opposant passé corps et biens dans le ‘’R’’. Il y a quand même un petit village du nom de Baboutcheu Ngaleu qui irait très bien avec Christophe Eken, la personnalité la plus en vue du Haut-Nkam depuis que Siyam Siwé est en séjour sabbatique au gnouf.

Mais quittons la porte d’entrée de l’ouest bamiléké pour pénétrer en profondeur dans ce qui reste de la Mifi, après le découpage du gâteau entre Fotso Victor (Koung-Khi) et Kontchou Kouomegni (Hauts-plateaux). Les Bandjounais  sont communément appelés les « Kheh Kheh ».  Ils aiment laisser faisander la viande pendant au moins 3 jours avant de la consommer comme ils laissent pourrir les conflits avant de se venger. Un village qui fait peur, c’est  Bandenkop (Long cercueil). On dit que la pauvreté est un délit à Bandenkop. Tout le monde doit être riche quel qu’en soit le nombre de vies humaines à sacrifier.  

Le chef  Ngompe de  Bafoussam  a maille à partir avec ce qu’il appelle les ‘allogènes’ venus expérimenter la caféiculture dans les années 30 sous la houlette des colons, qui sont restés et ont pris racine, au grand dam des autochtones victimes de la pression économique dont le territoire s’est réduit comme une peau de chagrin, à cause de la spéculation foncière. La devise de la femme Bafoussam en mariage c’est « go’ Ti Sêê sêê », ce qui, traduit en français facile, veut dire « tôt ou tard, je retournerais chez mes parents ». Pour elles, le mariage ce n’est pas la mer à boire, mais la belle-mère à avaler. Les Bafoussam partagent ce qui leur reste de territoire avec les Baleng et les Bamoungoum du député Joseph Confiance Fongang, président de la section Rdpc locale. Si les Bamoungoum adorent la succession,  les  Baleng sont présentés comme les Bétis de l'Ouest, grands vendeurs de terrains et champions de la bouffe. « La nourriture est à l’homme Baleng ce que le vin rouge représente pour l’homme Béti », affirme les fins connaisseurs des us et coutumes locales.

Vers la sortie de l’Ouest, on trouve ceux qu’on appelle communément les Bouda, qui vivent dans le département du Bamboutos. Généralement courts sur pattes, les Bouda sont une véritable curiosité. Il y a 20 ans, on entendait parler d’eux que grâce à Balatchi, village du regretté Fofé Joseph,  mais surtout à cause de Batcham ou sévissent les ‘herboristes’, grands cultivateurs du ‘njap’, cette herbe hallucinogène très prisée.

A Batcham, on cultive non seulement le chanvre indien en quantité industrielle, mais aussi on  élève dans les enclos, les futurs mototaximen de Douala et Yaoundé. De même, avec du couscous, toutes sortes de médicaments sont fabriqués dans les laboratoires de Batcham : aspirine, indocid, dentifrice, antibiotiques, etc. C’est pourquoi les  Batcham n’aiment pas l’autorité traditionnelle, encore moins le code de la route.

Généralement doux comme des agneaux, ils deviennent des terreurs sur deux roues. La population de Batcham vit de l'agriculture, de l'élevage, du petit commerce et du transport. Mais les  terres cultivables sont très réduites, vu la forte densité de la population. Car le Bouda procrée comme des lapins. Du reste, un Bouda monogame est considéré comme un célibataire, sauf s’il peut aligner plusieurs jumeaux, destinés à devenir mototaximen dans le futur.

Mais les Bouda c’est un peuple industrieux qui adore les petits métiers. Un peu comme les Chinois que l’on soupçonne d’être des Bouda à la peau blanche : même taille,  même gout prononcé pour le Eru et le Koki… même patois.  Ainsi chaque Bouda a sa copie chinoise, en plus jaune. Quand un Chinois débarque au Cameroun, il cherche d’abord son frère Bouda comme interprète et revendeur. Ainsi l’argent reste dans la famille…

Bon mercredi et à mercredi 

Edking in Le Messager

Publicité
Publicité

comments powered by Disqus
Publicité
Autres actualités
Plus populaires

PUBLICITE