02/11/2012 04:11:00
Lettre ouverte la jeunesse camerounaise
Chers frères et sœurs jeunes...
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Chers frères et sœurs jeunes,

C’est un devoir agréable pour moi de m’adresser à vous par le biais de cette lettre pour vous appeler, jeunes compatriotes, à rejoindre le combat politique pour le changement du Cameroun. Ceci en s’inscrivant sur les listes électorales mais également en sollicitant les postes de responsabilité politique. 

Au moment où les inscriptions sur les listes électorales sont lancées avec l’introduction de la biométrie, m’adresser à vous m’a semblé urgent en tant qu’observateur de l’espace publique et jeune homme politique engagé dans le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun où j’ai l’immense privilège d’assurer les fonctions de Secrétaire Général de l’Ojmrc. 

D’entrée de jeu, nous jeunes, devons prendre conscience que nous sommes les dieux du Cameroun parce que notre Nation sera ce que nous aurons décidé qu’elle soit. Autrefois, la jeunesse était la lanterne de la liberté au Cameroun. Um Nyobè, Roland Felix Moumie, Ossende Afana étaient des jeunes qui ont courageusement décidé de revendiquer l’Indépendance et la Réunification de notre Cameroun. C’est dire qu’à cette période, les jeunes sus évoqués étaient des dieux. Le Cameroun a obtenu l’indépendance bien que factice et la Réunification. Inutile à mon avis d’évoquer ici l’environnement dans lequel la jeunesse barbote car elle souffre, elle vie en exile dans son propre pays, elle ne cesse de conjecturer son avenir. Autant de qualificatifs coléreux qui démontrent à suffisance que nous avons un rôle déterminant à jouer pour la prospérité de ce pays. J’insiste sur ce rôle parce que, pour moi, le temps de refonder le Cameroun c’est maintenant.

Beaucoup de nos parents sont au soir de leur vie. Ils ont fait d’énormes sacrifices pour payer nos études qu’ils n’ont pas eu la chance de faire. Ces efforts qui méritent d’être salués, nous obligent à œuvrer pour un Cameroun fort, unis et prospère. Le bonheur de ce pays est dans la politique pour la simple raison que sans la volonté politique ; rien n’est possible. Au 5èmecongrès de l’upc, Ruben Um Nyobè disait à ce sujet « tout est politique et tout s’encadre dans la politique. La religion est devenue politique ; le commerce est politique même le sport est devenu politique. La politique touche à tout et tout touche à la politique. Dire que l’on ne fait pas la politique, c’est dire que l’on n’a pas le désir de vivre. C’est pourquoi, nous estimons qu’il faut avant tout, se battre pour les libertés fondamentales gage essentiel du succès matériel ».

Notre jeunesse doit rejoindre le combat politique. Et pour le mener, il est important de comprendre dès le départ le problème Cameroun. Pour notre bonne gouverne, le problème du Cameroun réside dans l’absence d’une véritable volonté politique. C’est cette dernière qui permet de construire les écoles, les universités, les hôpitaux et les routes bref, qui réunit les compétences et les moyens pour répondre aux préoccupations des jeunes. C’est également la volonté politique qui décide de faire de la corruption une méthode de gouvernance comme c’est le cas au Cameroun.

Nous devons construire une véritable volonté politique qui unit, protège et privilégie la justice sociale. Et pour cela, il revient à nous (jeunes) de décider du chemin que notre Cameroun doit suivre, et de la façon dont il doit être géré. J’estime que nous, jeunes, devons nous engager en politique non pas comme du bétail ou des objets « instrumentalisables » mais comme de véritables acteurs politiques, agents de transformation et catalyseurs du changement. Nous constituons 75% du potentiel électoral, ce qui revient à dire que, si nous nous inscrivons massivement sur les listes électorales, nous allons voter le moment venu, nous attendons le dépouillement sur place en devenant des scrutateurs de nos propres votes. Je vous assure qu’ainsi nous allons changer le cours de l’histoire de notre pays. Notre engagement politique conditionne notre rendez-vous avec le bonheur. Nous sommes les plus nombreux curieusement les plus vulnérables. La démocratie est la dictature de la majorité par conséquent, étant majoritaire, au Cameroun, nous avons l’obligation de dicter notre volonté.

Mes frères et sœurs, inscrivons nous sur les listes électorales. Chacun doit porter l’évangile de la mobilisation massive à la participation aux prochaines échéances politiques. Rassurez-vous, un tel engagement donnera d’énormes insomnies au système actuel. Comment expliquez-vous le fait que les vieux soient les plus inscrits dans un village alors que la jeunesse est plus nombreuse ? Alors pour mettre un terme aux problèmes qui gangrènent notre jeunesse, nous ne devons plus laisser les autres choisir à notre place et diriger à notre place.

Ce que nous avons de plus cher, ce sont les idées (constructives) même comme le code électoral actuel nous écarte de la compétition politique avec des cautions supérieures à nos capacités. Certes, notre démocratie a encore du chemin à faire mais nous y parviendrons si et seulement si, nous, jeunes, nous nous engageons dans le combat politique en passant par les inscriptions sur les listes électorales. Aussi, nous devons « oser » c’est-à-dire être des candidats aux municipalités et législatives de 2013. 

Nous devons nous inscrire pour choisir en 2018 celui qui présidera aux destinées de notre Cameroun pour faire de lui un îlot de paix, de prospérité et qui réunira les mécanismes amenant les jeunes à comprendre que, rêver, travailler et réussir sont des droits, des devoirs et des aspirations légitimes. Le Cameroun a plus que jamais besoin de nous pour retrouver sa dignité et sa fierté. Nous devons désormais refuser d’aller voter 40 fois pour une rançon de 10 000 Fcfa. 

Pour moi, je crois et j’ai de bonnes raisons de croire que notre jeunesse ne veut plus vivre dans un pays où l’on parle d’elle au futur et non au présent. Que notre jeunesse ne veut plus vivre dans une République où la quasi-totalité des services publics sont devenus des péages au mépris du principe de la gratuité des services publics. Que notre jeunesse ne veut plus subir des traitements inhumains dans les cellules de la police et de la gendarmerie devenues paradoxalement des lieux de fonds de commerce, d’instigation de la peur et du silence. Notre engagement politique est urgent, car nous devons faire du Cameroun un véritable havre de paix et un îlot de prospérité où la justice sociale est une réalité, et la volonté politique orientée dans le sens de bâtir, de l’intérêt général, au lieu d’asservir, d’hypothéquer et de détruire. 

Nous, jeunes, sommes les dieux du Cameroun. C’est à nous de décider de ce que le Cameroun sera. Voilà ce que j’ai bien voulu partager avec vous afin qu’on saisisse ensemble l’occasion d’être acteurs de l’histoire pour bâtir un Cameroun fort, digne et responsable. 

Que Dieu bénisse le Cameroun

Emilien Dénis Atangana

Etudiant à l’Université de Yaoundé II – SOA

Secrétaire Général de l’Ojmrc

Fondateur du Cercle de Réflexion et d’Action Pour la Démocratie et le Développement durable

Email : adenisemilien@yahoo.fr

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