03/11/2012 07:39:13
Côte d'Ivoire. Un frère cadet de Simone Gbagbo enlevé par la DST
Depuis plusieurs jours, indiquent des sources proches de la famille, des hommes en voiture banalisée et en civil campaient devant la concession dans laquelle vit Simon Pierre Ehivet sans indiquer les raisons de leur présence. C’est le mercredi dernier que ces personnes sont enfin passées à l’action en se saisissant notamment de celui qui fait office de représentant de la famille Ehivet
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On pourrait croire qu’elle a sombré dans l’oubli. Mais à Moossou, le souvenir de la «première dame» hante encore les esprits. «Elle reste populaire. Pourtant, on ne peut pas le dire publiquement. Nous vivons des temps incertains», confie un homme de haute stature dans le petit bar de la bourgade. Il est accompagné de sa femme qui gardera longtemps le visage fermé. Elle était la gouvernante de Simone Gbagbo. L’homme qu’elle a épousé frappe d’emblée par une ressemblance physique troublante. Même silhouette, même visage : c’est Simon-Pierre, le frère cadet de Simone Gbagbo. Autour d’eux, les autres inconnus finissent par s’identifier à leur tour : il y a Paul, un autre frère de Simone, et aussi une soeur, et encore un ou deux neveux.

Ces quelques lignes constituent un aperçu du papier du quotidien français Libération qui semble avoir sonné le glas de Simon Pierre Ehivet, le frère cadet de l’ex-Première dame de Côte d’Ivoire, enlevé avant-hier devant son domicile, à Bonoua. Il séjourne désormais à la Direction de la surveillance du territoire (DST) à Abidjan. Son épouse, qui est allée lui rendre visite, a trouvé porte close. La journée d’hier étant fériée, elle ne pouvait pas avoir de rendez-vous, lui a-t-on objecté.

A la recherche d’un homme «grand et mince»

Depuis plusieurs jours, indiquent des sources proches de la famille, des hommes en voiture banalisée et en civil campaient devant la concession dans laquelle vit Simon Pierre Ehivet sans indiquer les raisons de leur présence. C’est le mercredi dernier que ces personnes sont enfin passées à l’action en se saisissant notamment de celui qui fait office de représentant de la famille Ehivet, en l’absence de plusieurs autres membres soit incarcérés soit en exil. Bien entendu, le prétexte est tout trouvé. Une prétendue implication dans l’attaque de Bonoua par des hommes non identifiés. Les FRCI recherchaient un homme «grand et mince», et ont libéré d’autres personnes

également enlevées de manière cavalière sur la base de ce critère physique sommaire… Ce qui laisse à croire que la personne ciblée était bien le frère de la deuxième vice-présidente du Front populaire ivoirien (FPI). Cette arrestation intervient en tout cas après la publication par le quotidien Libération, sous la plume de la journaliste controversée Maria Malagardis, de confidences de Simon Pierre selon lesquelles sa soeur «reste populaire», même si on ne peut pas le dire ouvertement.

Un article où le physique de Simon Pierre et sa ressemblance avec sa soeur Simone ont été évoqués, alors que l’auteure a pris le soin de camoufler l’identité d’un autre interlocuteur exprimant lui aussi des points de vue dissidents au regard des critères de liberté d’expression tolérés par le régime Ouattara. Selon des sources proches de la famille Ehivet, Maria Malagardis avait pourtant fait des pieds et des mains pour pouvoir visiter la résidence de Simone à Moossou, dévastée par les nervis armés du régime Ouattara. Ce qui lui avait notamment été accordé grâce à la coopération de Simon Pierre, en dépit de certaines réticences. Il faut croire que la journaliste parisienne n’a pas eu grand souci de la protection d’une de ses «sources».

Gilles Naismon

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