05/11/2012 02:41:25
Garoua-Boulaï. Les 4 otages camerounais libérés par les rebelles centrafricains
En échange de deux des leurs, les rebelles centrafricains ont remis en liberté les quatre otages camerounais en captivité depuis plusieurs semaines.
Le Messager
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Garoua Boulai

En échange de deux des leurs, les rebelles centrafricains ont remis en liberté les quatre otages camerounais en captivité depuis plusieurs semaines.

A Garoua-Boulaï, petite ville camerounaise de l’Est, frontalière à la République centrafricaine depuis ce dimanche 4 novembre 2012, c’est la joie totale dans les familles de Justin Hamane, Dieudonné Itina, Antoine Ndssen et Daniel Songou, qui étaient jusqu’à cette date entre les mains des rebelles centrafricains.

Selon les témoignages des leurs proches, ces derniers étaient porté-disparus au lendemain des attaques meurtrières perpétrées dans la nuit du dimanche 23 au lundi 24 septembre 2012 au poste de péage de Garoua-Boulaï. Lesquelles ont couté la vie à deux Camerounais. Des sources sécuritaires bien introduites dans cette localité indiquent que, « les négociations de leur libération ont commencé depuis quelques jours entre les autorités camerounaises constituées d’une forte équipe sécuritaire et celles de la République centrafricaine. Lesquelles ont abouti à la libération de deux otages d’abord samedi et deux autres ce dimanche 4 novembre 2012 ». Une source jointe par téléphone précise par ailleurs que « les quatre otages camerounais remis en liberté ont immédiatement été conduits à Yaoundé pour une enquête plus approfondie », sans d’autres détails. 

Rappelons qu’au lendemain de cette attaque de septembre dernier, le gouverneur de la région de l’Est, Samuel Dieudonné Ivaha Diboua et le préfet du Lom et Djerem, Peter Mbu, étaient précipitamment descendus sur les lieux de l’incident. Mais, ces autorités administratives se refusaient de confirmer la nationalité des assaillants que des observateurs présentaient pourtant comme originaires de la Centrafrique. Selon des informations concordantes, les assaillants voulaient « récupérer certains des leurs, détenus par le Bataillon d’intervention rapide (Bir), une unité d’élite de l’armée camerounaise ». En attendant l’aboutissement des enquêtes ouvertes aussi bien du côté camerounais que de la Rca , la dépouille du jeune Jean Paul Alim, âgé de 32 ans a été portée en terre, le mardi 25 septembre 2012 au quartier Nganko, situé à quelques mètres du centre-ville de Garoua-Boulaï. «  Il a été fauché par une balle tirée par des rebelles ». Dans la nuit du dimanche 23 au lundi 24 septembre, le pauvre gagnait encore son pain quotidien au poste de péage de Garoua-Boulaï, en tenant une herse. 

Dépouille

Emmanuel Mandjomi Moloh, lui aussi a été inhumé quelques jours plus tard dans son village natal. Comme Jean Paul, il a aussi été tué par ces rebelles sans foi ni loi. Agent des Impôts, la quarantaine bien sonnée, Emmanuel était chef de l’équipe « A » du péage de Garoua-Boulaï.

Le plus chanceux de la bande n’était autre que l’élève gendarme Deli Nguema qui s’en est tiré avec une balle dans le bras gauche, alors qu’il tentait de voler au secours de ses compatriotes. « Nous étions assis dans une tente aménagée non loin du péage. Et subitement vers 22 heures, quelqu’un a crié « haut les mains » en ouvrant les rideaux qui tiennent lieu de porte. Lorsque j’ai lancé un coup d’œil dehors, je me suis rendu compte qu’il y avait d’autres personnes dans une camionnette qui attendait sur la chaussée », explique un gardien de la paix principal de police ayant vécu la scène. 

Et de poursuivre : « Lorsque le rebelle qui a crié est ressorti, ses propres camarades l’ont abattu croyant que c’était un gendarme camerounais. Ils sont descendus du camion. Nous avons pris la fuite, parce que n’étant pas préparés à une telle attaque. C’est comme cela qu’ils ont ramassé nos badges professionnels, nos manteaux et des képis. Par la suite, ils ont emporté la dépouille de leur camarade qu’ils ont abattu». Notons qu’au moment de ces faits, l’information des quatre otages camerounais n’avait pas été révélée au public. Toutefois, notre source à Garoua-Boulaï indique « qu’il ne fallait pas encore divulguer cette information au risque de mettre la vie de ces compatriotes en danger.»

Ange-Gabriel OLINGA B.

 

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