06/11/2012 02:11:19
Côte d'Ivoire. Deux détenus meurent torturés chez Koné Zakaria
Le gouvernement ivoirien n’avait pas hésité à ruer dans les brancards face au dernier rapport d’Amnesty international donnant plus d’écho aux enquêtes du Nouveau Courrier sur les tortures infligées à des détenus politiques pour leur arracher des aveux.
Le nouveau Courrier
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Koné Zacharia

Le gouvernement ivoirien n’avait pas hésité à ruer dans les brancards face au dernier rapport d’Amnesty international donnant plus d’écho aux enquêtes du Nouveau Courrier sur les tortures infligées à des détenus politiques pour leur arracher des aveux. Selon des civils transférés récemment à la Maca, en provenance du camp Génie d’Adjamé sous le commandement de Koné Zakaria, deux civils sont morts sous la torture.

Transférés le 2 novembre dernier à la Maca, les prisonniers politiques pro Gbagbo arrêtés par les hommes de Koné Zakaria, à la faveur des attaques contre les positions des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (Frci), ont fait des révélations sur leurs conditions de détention au camp Génie à Adjamé. Des séances de tortures à n’en point finir, qui mettent en exergue l’électrocution des prévenus, les coups de cross sur les tibias et sur la tête pendant que les mains sont attachées dans le dos et les pieds ligotés, certains détenus suspendus à des fourches comme du gibier… L’intensité des tortures au camp Génie de Koné Zakaria, qui a été érigé en lieu de transit pour les prisonniers politiques avant leur transfert à la Maison d’arrêt militaire d’Abidjan (Mama) ou la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca), était telle que deux détenus ont succombé.

Il s’agit, selon les révélations faites par certaines personnes parmi les détenus déférés le 2 novembre dernier, de Zan Bi Eric et du surnommé «Petit Serpent». Ces deux jeunes enlevés et incarcérés au camp de Koné Zakaria depuis plusieurs semaines, et à qui les parents n’ont jamais eu accès, sont morts à la suite des séances de tortures précisément le 24 août en ce qui concerne Zan Bi Eric et le 6 septembre pour ce qui est de «Petit Serpent». Leur corps ont été extraits nuitamment du camp Génie à Adjamé et conduits à une destination inconnue jusqu’à ce jour.

Les prisonniers politiques du régime Ouattara ont indiqué qu’avant leur départ du camp placé sous le commandement de Koné Zakaria, le vendredi dernier, ils étaient un effectif de 93 personnes emmagasinées dans une pièce de 5m2. Et avaient senti leur présence à la Maca comme une véritable délivrance des mains de leur tortionnaire, d’autant plus que le camp Génie était devenu pour eux un véritable enfer avec des séances de bastonnade à n’en point finir. Selon les révélations de ces mêmes détenus politiques, les hommes de Koné Zakaria extrayaient des détenus sur instructions de leur chef pour les conduire dans d’autres lieux secrets.

Certains détenus ont témoigné que des responsables du camp Génie ont exigé à leurs parents des sommes allant de 200.000 Fcfa à un millions Fcfa pour leur libération. Ceux dont les parents ont pu réunir ces sommes ont été sauvés des griffes de leurs bourreaux. Les autres, financièrement démunis, ont dû s’abandonner à la cruauté de Koné Zakaria et ses hommes au camp Génie. Aux parents qui vont plaider auprès du commandant de la police militaire pour la relaxe de leurs proches arrêtés à partir de dénonciations calomnieuses, voilà ce que répond Koné Zakaria : «Si les autorités décident de les libérer, on les libère. Donc tout ne dépend pas de nous».

Gilles Naismon

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