07/11/2012 01:46:10
Occupation illégale. Kago Lélé veut expulser un officier de l'armée israélienne
Cet israélien, commandant du Bataillon d’intervention rapide (Bir) exploite « illégalement à des fins commerciales » un immeuble appartenant au plaignant. La justice autorise l’expulsion. Les gendarmes tremblent et refusent d’accompagner l’huissier sur le terrain.
Le Messager
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Cet israélien, commandant du Bataillon d’intervention rapide (Bir) exploite « illégalement à des fins commerciales » un immeuble appartenant au plaignant. La justice autorise l’expulsion. Les gendarmes tremblent et refusent d’accompagner l’huissier sur le terrain. 

On attend plus que la date de l’opération d’expulsion de Moas Eran de l’immeuble qu’il exploite « illégalement » au lieu-dit carrefour Bastos à Yaoundé. La première opération autorisée par réquisition du procureur de la République n° 3198 du 7 mai 2011 s’était soldée par un échec. Le haut gradé de l’armée israélienne et commandant du Bataillon d’intervention rapide (Bir) ayant opposé une résistance farouche, avec le soutien de ses éléments. « Sur le terrain, l’huissier a expulsé les locataires placés par l’occupant condamné par la justice, a fermé toutes les portes et m’en a remis les clefs. Monsieur Moas Eran, commandant du Bir s’est présenté avec un groupe de militaires de ses services pour rouvrir les portes des locaux où il fait son commerce (un bar restaurant et un cyber café), y a fait remettre les meubles que l’huissier avait mis dehors. Il a semé la panique particulièrement en faisant molester par ses éléments un des gendarmes qui assistait l’huissier dans l’exécution de la décision de justice… », peut-on lire dans une correspondance adressée au ministre de la Défense par Kago Lélé en date du 31 mai 2011. 

Cette affaire remonte à 2005 lorsque le nommé François Ngounou construit un immeuble en empiétant sur le terrain de son voisin Kago Lélé. Malgré les interpellations de ce dernier, il continue les travaux et finit par loger dans les appartements qui sortent de terre des locataires dont Moas Eran, l’Israélien. C’est alors que Kago Lélé porte l’affaire devant les tribunaux et obtient gain de cause en première instance qui déclare le prévenu François Ngounou coupable d’atteinte à la propriété foncière, c'est-à-dire  d’avoir exploité et de s’être volontairement maintenu sur un terrain sans autorisation et le condamne à verser au plaignant la somme de 80 millions Fcfa de dommage et intérêts, tout en ordonnant le déguerpissement du prévenu à ses frais de l’immeuble appartenant à la partie civile.

La décision est confirmée à la Cour d’appel et finalement à la Cour suprême qui réduit les dommages et intérêts à 40 millions Fcfa. Mais jusqu’à ce jour, Kago Lélé ne jouit toujours pas de son bien, tel que voulu par la justice camerounaise. « Face à cette situation inquiétante, je m’en remets à vous car je ne me sens pas en sécurité suite à l’exécution d’une décision par laquelle la justice de mon pays reconnait mes droits. Les sept autres occupants qui ont été expulsés respectent la décision de justice exécutée du reste avec le strict respect prévu à cet effet. Monsieur Moas Eran se met au-dessus de la loi et de la justice camerounaise, commet un abus et une forfaiture en utilisant illégalement la force publique pour défendre ses intérêts personnels, car il est en même temps commandant du Bir et commerçant », écrit Kago Lélé à Edgar Alain Mebe Ngo’o. 

Bail querellé 

Rendu à son bureau situé au quartier Bastos à Yaoundé, il nous a été impossible de rencontrer ce commandant du Bir. Mais des sources proches de lui nous apprennent qu’il n’est en rien impliqué dans cette affaire, son épouse ayant pris la responsabilité de signer tous les documents relatifs au contrat de bail querellé. Pour le moment, une deuxième réquisition du procureur autorisant son expulsion a été déjà signée. Mais l’unité de gendarmerie mandatée pour accompagner l’huissier sur le terrain a décliné l’offre, par peur de représailles de la part de l’officier supérieur de l’armée israélienne. En attendant,  cyber café et restaurant continuent de se faire dans l’immeuble pourtant illégalement occupé. 

Joseph Flavien KANKEU 

 

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