07/11/2012 01:55:06
Exploitation sans fins des ressources minières. L'autre complot contre le peuple camerounais
Au rang des griefs que les populations gâtées par un énorme potentiel  en Energie, mines (fer, bauxite, cobalt, diamants, alumine…) portent sur le régime du Renouveau, il y a surtout cette méfiance liée à l’exploitation des minerais : or, fer, cobalt, nickel et demain, le diamant. Perspectives noires et sombres...
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Mines Cameroun

Au rang des griefs que les populations gâtées par un énorme potentiel  en Energie, mines (fer, bauxite, cobalt, diamants, alumine…) portent sur le régime du Renouveau, il y a surtout cette méfiance liée à l’exploitation des minerais : or, fer, cobalt, nickel et demain, le diamant. 

A Mobilong, ce sont les Coréens de la société : « Cameroon and Korea mining incorporation », qui font la pluie et le beau temps. Les mêmes causes produisant les mêmes effets, dans la région de l’Adamaoua, c’est l’entreprise Cameroon alumina limited (Cal), qui est dans la bataille, avec les mêmes intentions de filouterie et de tromperie sur le peuple. Alors que le pays regorge d’importantes ressources minières, il s’observe, une instabilité séculaire, dans le secteur à problèmes de l’artisanat minier qui connaît une cohorte de dérapages et un vaste déploiement des trafiquants véreux.  

Trois décennies durant, malgré des richesses agricoles, pastorales, fauniques ; du sol et du sous-sol, en quantités importantes,  le Cameroun croupit dans la pauvreté. Dans certaines de ses contrées, des populations font pipi sur les ressources minières et forestières, sans en profiter. Marquons ainsi un temps d’arrêt sur le mauvais partage  des retombées générées par l’exploitation anarchique du bois et surtout, des craintes et la méfiance liées à l’exploitation des minerais : or, fer, cobalt, nickel, chrome, manganèse, cuivre bauxite, étain, diamant… Depuis des lustres, des projets allant dans l’exploitation de ces ressources, ont été lancés. Hélas ! Le chef de l’Etat, Paul Biya et ses affidés avec lesquels il gouverne, dans une espèce de duperie latente ont allumé les braises de la contestation ; en restant muets et en fermant les yeux sur les doléances. 

Blessées, les voix des populations qui s’élèvent sur le terrain, n’ont de cesse de demander une meilleure répartition des retombées générées par l’exploitation des ressources minières et énergétiques. Entre espoirs et désillusions, colères et lassitudes, les populations craignent que leurs pleurs, ne soient jamais entendus.  Au cœur de la cité du diamant de Mobilong par exemple, le niveau d’enclavement et la difficulté d’accès donnent au site du gisement de diamant, l’allure d’une belle omelette dans un plat sale.  

Et pourtant, avec la découverte par la société : « Cameroon and Korea mining incorporation » (entreprise qui exploite déjà l’or dans la région), du plus grand gisement de diamant du monde, dans le site de Mobilong, département de la Boumba et Ngoko (on parle de 766 millions de carats),  les populations de la « Cité du diamant » ont à peine ouvert l’œil que le Renouveau qui les nourrit des tartufferies, et des promesses non tenues, par l’estampille de son chef, le président de la République Paul Biya, a signé le 16 décembre 2010, le décret n° 2010/374, portant institution d’un permis d’exploitation minière valable pour diamant et substances connexes dénommé « Mobilong »

Le permis d’exploitation « Mobilong », d’une période de validité de 25 (vingt-cinq) ans renouvelable d’au moins dix ans chacune, confère l’exclusivité de l’exploitation minière à la société : « Cameroon and Korea mining Incorporation », ci-après désignée la société C& K Mining, Bp 550, Bertoua. Le gisement de diamant est dans une zone comprise entre Yokadouma et la Rca (à deux Km de la frontière avec la République centrafricaine). Les villages riverains où la prospection est passée sont  Mang, Massendo, Mpaoh, Mboye I et II… En allant dans la forêt du Sud – Est, vers le côté de Libongo. D’accès difficile, le préfet a demandé à la société coréenne d’ouvrir les routes, pour faciliter le développement du site n’est qui toujours pas encore viabilisé ; malgré les vastes dégâts causés par une vaste déforestation. 

Perspectives noires et sombres 

L’avenir du Cameroun, peut-on le dire est dans le secteur minier. La  région de l’Est par exemple, regorge de plusieurs potentiels miniers. Une lecture panoramique des différentes ressources et richesses minières  qu’on retrouve dans son sol et le sous-sol donne des frémissements. Commençons par  l’or dont les grands bassins sont : les localités de Betare’Oya, Bidiba, Colomine, Kika, Bekie, Keté et Batouri… Il y a le diamant dans la localité de Béke, du côté de Batouri, et Biki dans l’arrondissement de Yokadouma. Le grand et plus important gisement de diamant se trouve dans la localité de Mobilong à Yokadouma.

La région de l’Est est également féconde de par la présence du cobalt et le nickel à Nkanmouna (Lomié). Il faut préciser qu’il y a plusieurs gisements de nickel, cobalt et manganèse à Lomié. Mais pour l’instant, il n’y a que sur le site de Nkanmouna, que l’exploitation est en phase de démarrage. A ces richesses minières, il faut intégrer le fer de Mbalam ; un important gisement dont l’exploitation pourrait aller jusqu’à 100 ans, selon l’avis des experts miniers. Les exploitants faut-il le souligner, sont des capitalistes à la recherche du bénéfice. Lorsque, les nationaux (comme c’est le cas au Cameroun) lui prêtent leur concours de manière sauvage pour l’aider à piller les ressources et le sous-sol, c’est la pire des attitudes. S’ils appliquaient  (les intermédiaires et les services techniques administratifs) tout ce qu’il y a dans le cahier de charges, chacun tirerait son compte et il n’y aurait pas autant de frustrations.

Les emplois qui devaient en premier lieu nous profiter, ne sont pas visibles par les riverains. On assiste à une sorte de complaisance et d’affairisme qui sont telles que, le cadre, l’agent recruteur qui viennent d’ailleurs amènent leurs petits frères, cousins, amis etc. Le pillage anarchique des ressources minières se fait au détriment des attentes. Par conséquent le chômage et le sous-développement continuent de faire leur lit dans les régions. Tous les textes de loi sont foulés aux pieds. Bénéficiant de l’arbitrage partial des autorités, il n’y a que l’exploitant qui s’en tire à bon compte. Il existe un véritable paradoxe entre le potentiel minier et le niveau de pauvreté de certaines populations de l’Est Cameroun, s’agissant surtout de l’exploitation de l’or. Depuis l’année 2005, l’on avait pensé que l’Etat du Cameroun a compris qu’il fallait amener les populations à une prise de conscience ; même qu’il a été question de mettre fin à l’exploitation de l’homme par l’homme.

L’Etat camerounais a mis en place, le Capam. Cette structure qui est le bras opérationnel de l’Etat sur le terrain à travers le ministère des Mines, de l’industrie et du développement technologique (Minimidt) a réussi à regrouper les artisans en "Gicamines" qui travaillent avec des partenaires étrangers. Par ce fait, nous avons mécanisé l’exploitation minière, en intégrant les machines. La pénibilité en est diminuée. Grâce à cette méthode de la mécanisation, l’Etat camerounais commence à engranger des bénéfices générés par l’exploitation de l’or. Chaque mois, les exploitants viennent payer la taxe « Advalorain », issue de l’exploitation de l’or. Dans le même ordre d’idées, nous reversons le fruit de ces taxes, au trésor public. Les choses sont en train de changer positivement. Nous allons poursuivre dans la mécanisation, car avec cette méthode, l’Etat du Cameroun gagne beaucoup et peut enfin avoir droit à sa part.

Souley ONOHIOLO 

 

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