08/11/2012 02:46:35
Mur budgétaire américain : J moins 53
Le « mur budgétaire » est une volte-face dans la politique financière d'un Etat. Aux Etats-Unis un tel revirement pourrait intervenir le 1er janvier 2013, jour marquant la fin de la période des avantages fiscaux. A partir de cette date facilités fiscales accordées aux entrepreneurs seront supprimées. Ce sera le premier obstacle post-électoral pour Obama.
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Le « mur budgétaire » est une volte-face dans la politique financière d'un Etat. Aux Etats-Unis un tel revirement pourrait intervenir le 1er janvier 2013, jour marquant la fin de la période des avantages fiscaux. A partir de cette date facilités fiscales accordées aux entrepreneurs seront supprimées. Ce sera le premier obstacle post-électoral pour Obama.

La Maison Blanche sera obligée de réduire notablement les dépenses et d'augmenter une nouvelle fois la dette publique. La dernière fois, le Congrès a établi le plafond des emprunts à hauteur de 16 390 milliards de dollars. A l'heure actuelle, l'Amérique ne dispose que de 150 milliards pour honorer ses engagements budgétaires. La mission est quasiment impossible vu les rythmes d'augmentation des dépenses du pays.

L'économie américaine risque de perdre jusuq'à 5 % du PIB et plusieurs centaines de milliers de personnes peuvent rejoindre les rangs des chômeurs. La crise aux Etats-Unis aura une incidence douloureuse sur l'économie mondiale, estime Pavel Medvedev, docteur en économie  :

« Si les capacités financières des Etats-Unis se réduisent, le pays achètera moins. Par conséquent, la Chine, le Japon et l'Europe recevront moins de commandes, d'où des suppressions d'emplois. Les maux vont donc s'enchaîner ».

De toute son histoire, l'Amérique ne s'est jamais heurtée au mur budgétaire. Aussi les mesures de stabilisation de l'économie peuvent-elles être sans précédent. A cet effet, lors du sommet de Mexico, les ministres des Finances du G-20 ont appellé les Etats-Unis à ne pas atermoyer la prise d'une décision. Le rôle du président est prépondérant, affirme Igor Nikolaev, directeur du Département d'analyse stratégique de la société de conseil FBC :

« Si Obama remporte l'élection, le plafond de la dette publique sera rehaussé et il n'y aura aucun mur budgétaire. Mais cela ne veut pas dire que le phénomène ne se produira jamais dans l'avenir. Par contre, le mur pourrait se dresser en cas de victoire de Romney. Je pense qu'il serait bon de pouvoir gérer ce risque majeur. Il faudrait mettre en oeuvre un programme d'économie budgétaire et suivre la situation dans le domaine des avantages fiscaux ».

D'une façon ou d'une autre, c'est au Congrès de décider. L'avenir de l'économie américaine dépend de la rapidité avec laquelle les mesures appropriées seront appliquées. Par contre, si Washington ne parvient pas à surmonter les divergences politiques internes, le pays pourrait faire face à une nouvelle Grande dépression.

Les experts sont unanimes : si la Maison Blanche n'évite pas le mur budgétaire, dès le début de l'année prochaine l'Amérique risque de perdre son statut de première économie mondiale. Les agences financière américaines évoquent déjà en sourdine la révision de la note souveraine des Etats-Unis. De nouveau les investisseurs rechercheront des marchés plus stables. A l'évidence, la Chine et l'Europe, trop dépendantes de l'économie américaine, ne seront pas têtes de liste. Il est très possible que le rôle de nouveau centre financier international échoie à Moscou.

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