19/10/2009 16:44:47
Routes : l'Afrique centrale cherche environ 8.000 milliards
Les experts viennent d’adopter le Plan cadre pour la réduction des déficits de financement des infrastructures de transports.
Mutations
TEXTE  TAILLE
Augmenter la taille
Diminuer la taille

L’objectif principal de la rencontre de deux jours tenue à Douala était clair: examiner et valider le rapport d’étude sur «l’état d’avancement du Plan cadre pour l’Afrique centrale en matière de transport : réduction des déficits de financement». Un plan adopté le 27 janvier à Brazzaville au Congo au cours de la 11ème conférence ordinaire des chefs d’Etats et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (Ceeac), afin d’apporter une solution durable à l’épineux problème de manque d’infrastructures en Afrique centrale.

Ce plan a pour objectif, à court terme, de permettre à l’horizon 2010 de circuler sur une route entièrement bitumée d’une capitale à une autre, à moyen terme de mettre en place un cadre consensuel sous régional de négociations en vue de mobiliser les investissements dans le domaine des infrastructures de transport et, à long terme, de doter la sous région d’un système de transport (tous modes confondus) dont les infrastructures et les services favorisent la libre circulation des personnes et des biens et sont en mesure d’appuyer le développement des échanges entre les pays et donc l’intégration économique.
Il est donc impératif, soutiennent les experts, de développer des mécanismes novateurs, afin de mobiliser les ressources nécessaires à l’atteinte des objectifs fixés dans le Plan directeur consensuel des transports en Afrique centrale (Pdct-Ac). Car, sur le montant total de 7, 225 milliards de francs Cfa requis pour les 55 projets, les Etats de la Ceeac n’ont pour l’instant mobilisé que 1,013 milliards de francs Cfa, soit 14% des besoins identifiés.

Coûts élevés
Au terme de deux jours de travaux, les experts venus des dix Etats de la sous région ont adopté le Plan et convenu que soient intégrés dans le rapport de l’étude des recommandations pour une meilleure mobilisation de ressources nécessaires au développement des infrastructures.
Il a donc été demandé, pour améliorer le document, d’intégrer «les limites objectives des budgets nationaux pour le financement des infrastructures de transport, en particulier pour les pays sortant de conflits, une présentation exhaustive des bailleurs de fonds, y compris la Banque islamique de développement (Bid), la Badea, les Fonds de l’Opep, l’Afd, la Coopération allemande et la Coopération japonaise, l’utilisation d’une même monnaie dans l’ensemble du document pour un besoin de comparabilité de données, la problématique du déficit de maintenance des infrastructures».

En plus donc du contenu du document de départ, des recommandations additionnelles ont été formulées. Il s’agit, entre autres, de l’amélioration de la gestion et de l’utilisation des ressources existantes par une collecte plus efficiente des ressources internes et une meilleure gouvernance (qualité de la dépense, lutte contre la corruption), afin d’allouer davantage de ressources aux infrastructures, une plus grande vulgarisation des mécanismes et facilités de financement des infrastructures mis en place par les bailleurs de fonds (la Bad notamment), et l’amélioration des conditions d’accès auxdits instruments de financement, la révision du concept de rentabilité des projets par la prise en compte d’autres critères dont l’impact socioéconomique et le caractère intégrateur du projet, la mise en place d’un programme de formation et de recyclage des cadres nationaux pour le renforcement de leurs capacités à tirer profit de facilités et opportunités de financement existantes, ou encore l’accélération du processus de mise en place des fonds routiers de deuxième génération.

Toutes choses qui doivent rapidement être examinées et trouver de solutions car la situation des routes dans la sous région laisse encore à désirer et est aujourd’hui à l’origine du renchérissement des coûts des transports. «Dans notre sous région, celles-ci [infrastructures de transport] demeurent très insuffisantes, très souvent en mauvais état et rarement interconnectées d’un pays à l’autre», a indiqué le représentant du ministre des Travaux publics à l’ouverture des travaux. Ce dernier a reconnu que ces coûts sont «pour le moment, parmi les plus élevés du continent pour ne pas dire du monde».

Pour Mamadou Hachim Koumaré, Directeur du bureau sous régional pour l’Afrique centrale de la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique, «le transport de transit inter-Etats est entravé le long des corridors par de multiples barrières, et des procédures douanières complexes et variées. Il en résulte des coûts de transport assez élevés, un faible niveau des échanges intra communautaires, et des produits sous régionaux peu compétitifs sur le marché mondial».

Lazare Kolyang

Publicité
Publicité

comments powered by Disqus
Publicité
Autres actualités
Plus populaires

PUBLICITE