20/10/2009 14:26:44
Tumultes sur le marché de l'emploi
C'est la réalité à laquelle vont faire face les services d'emploi publics du monde qui se réunissent dès ce jour à Yaoundé.
Mutations
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Il ne se passe plus une semaine au Cameroun, notamment dans les deux principaux centres urbains que sont Douala et Yaoundé, sans qu'un syndicat de travailleurs ne menace de faire grève, ou qu'on assiste à un mouvement d'humeur dans une entreprise. A ces grèves à répétition, il faut ajouter les nombreux licenciements dont sont victimes les travailleurs, et les effets induits de la sévère crise économique qui a frappé le secteur du bois dans le pays.

Plusieurs entreprises ont fermé leurs portes, principalement dans la région de l'Est du pays, haut lieu de l'exploitation forestière ; mettant au chômage quelques 4000 chefs de familles, selon les statistiques officielles. Les revendications de ceux qui ont la chance ou le bonheur d'avoir un emploi portent sur toutes sortes de préoccupation.

Revalorisation des salaires, amélioration des conditions de travail, reversements effectifs des allocations familiales, mauvais traitements et bien d'autres. Tous ces griefs portés à l'encontre des chefs d'entreprises du pays, ne trouvent pas toujours d'écho favorable. Avec l'arrivée de la crise financière, certains ont trouvé le prétexte inouï de procéder à des licenciements abusifs, qui dissimulent mal la volonté de faire des bénéfices, ou de se soustraire au paiement des impôts et taxes. Tout ceci trouve un unique exutoire, la crise financière.
Au moment où les responsables de l'Association mondiale des services d'emplois publics (Amsep) se réunissent à Yaoundé sous le thème "La crise économique et le rôle des services d'emplois publics dans la mise en œuvre du pacte mondial pour l'emploi ", voilà le décor du marché de l'emploi au Cameroun.

Les décideurs peinent à assurer des emplois à la population qui, pour échapper à la spirale de la misère, empruntent les circuits de l'informel, considérés comme activités de survie. Ce secteur est à ce jour celui qui absorbe le plus d'inactifs et de désœuvrés. Avec 90% des emplois, pour une participation de 10% au PIB, le secteur informel porte à lui tout seul les espoirs d'un peuple dont le taux de chômage en milieu urbain se situe autour de 32%. Cette animation du marché de l'emploi se divise en trois segments que sont le commerce, les services, et la transformation. Malgré cette emprise sur l'occupation des jeunes, il n'offre aucune réelle perspective, et s'enferme dans les activités qui ne profitent qu'à des individus. "Le secteur informel ne crée pas de valeur ajoutée. A cause de l'élasticité de l'offre qui ne suit pas toujours la demande, plusieurs activités qui sont créées n'ont pas une durée étendue et meurent aussitôt", explique un ingénieur statisticien.

Secteur informel

La saturation du portefeuille des activités a conduit à une absence de structuration du secteur. Les appels des acteurs de ce segment d'activité de l'économie en direction des autorités restent sans effet. " Il n'appartient pas à l'Etat d'organiser le secteur informel. Nous sommes dans une économie libérale, et les différents acteurs doivent se mobiliser pour trouver les moyens de structurer leur activité ", souligne Mme Anne Sidonie Nkodo, sous-directeur du secteur informel au ministère des Petites et moyennes entreprises, de l'économie sociale et de l'artisanat. Il est aussi reproché aux acteurs du secteur informel leur incivisme fiscal. "Toutes leurs activités ne sont pas imposées, ils s'installent n'importe où et refusent de payer à l'Etat ce qu'il est en droit de leur exiger", précise la sous-directrice.

Les tensions observées sur le marché de l'emploi indiquent qu'il faut ajuster l'offre et la demande. Les responsables de l'Amsep formulent le vœu que les travaux permettent aux services d'emplois publics d'être mieux outillés pour faire face à la crise économique, "tant en ce qui concerne l'amélioration de leurs relations avec l'entreprise, avec les chercheurs d'emploi, que dans l'acquisition d'outils permettant de devenir plus efficaces et utiles à leurs gouvernements dans la lutte menée contre la crise". A travers le pacte mondial pour l'emploi, le bureau de l'Amsep vise une riposte axée sur la création d'emplois décents et leur redressement, la viabilité des entreprises et des principes visant à promouvoir la reprise et le développement.

Le pacte dans ses grandes lignes, entend stimuler la demande effective en emplois, contribuer au maintien des niveaux des salaires, au moyen de plans de relance macroéconomique. La mise en œuvre des politiques actives du marché du travail et l'amélioration des compétences, sont autant de lignes majeures sur lesquelles ce programme ambitieux fondent ses espoirs pour la survie et la sauvegrde des emplois dans le monde.

Pierre CÚlestin Atangana

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