12/11/2012 04:45:30
Ces gestionnaires qui parient sur le boom de l'Afrique
L'attrait pour le continent se heurte à l'instabilité politique et au manque de liquidités.
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Investissements AfriqueL'attrait pour le continent se heurte à l'instabilité politique et au manque de liquidités.

Les gérants d'actifs s'accordent pour le dire : l'Afrique est un nouvel eldorado pour investir. « L'Afrique est un continent en plein essor économique et démographique, résume Stéphane Barthélemy, gérant spécialisé sur l'univers des économies émergentes chez State Street. Son modèle de croissance est toujours dépendant des exportations et du prix des matières premières, mais les investisseurs recherchent aujourd'hui une exposition à l'envol de la consommation domestique. »

Alors que le continent devrait enregistrer une croissance de l'ordre de 6 % en 2013, tandis que la classe moyenne devrait doubler d'ici à 2015, pour atteindre 100 millions de personnes, l'attrait des investisseurs pour ce dynamisme se heurte néanmoins à certaines difficultés. Ainsi, le taux de rotation des Bourses locales est très faible, de l'ordre de 6 % en Afrique (hors Afrique du Sud), où environ quatre sociétés, soit 7 % de la cote, totalisent les deux tiers de la capitalisation. « Outre l'instabilité politique, chronique dans les années 1990, l'un des problèmes majeurs des marchés actions locaux en Afrique réside dans leur manque de liquidité et leur difficulté d'accès, analyse Stéphane Barthélemy. Pour y remédier, on peut construire une exposition indirecte à l'Afrique via l'achat de titres sud-africains ou de sociétés opérant en Afrique mais cotées en Europe. »

Standards de gouvernance

Exposé à hauteur d'environ 20 % à l'Afrique, le fonds Globetrotter de HMG Finance, cogéré par Marc Girault, dispose ainsi de positions dans le secteur pétrolier, via les sociétés Total Gabon et Maurel et Prom Nigeria, toutes deux cotées en France, ainsi que dans le secteur bancaire, via la société britannique Standard & Chartered et le groupe sud-africain Absa. Avec un marché actions capitalisant plus de 900 milliards de dollars, contre respectivement 80 milliards, 70 milliards et 55 milliards pour les Bourses égyptienne, marocaine et nigériane, l'Afrique du Sud est une porte d'entrée naturelle sur le continent.

« Depuis quelques années, les sociétés sud-africaines ont commencé à investir dans le reste de l'Afrique pour tirer profit de la croissance du continent, souligne Claire Peck, spécialiste produit actions émergentes JP Morgan AM. Elles représentent des investissements intéressants, car elles combinent une meilleure liquidité ainsi que des bons standards de gouvernance et de transparence. »

Le distributeur Shoprite réalise ainsi 8 % de ses ventes en Afrique et est leader sur les marchés comme l'Angola, le Mozambique et le Nigeria. A la fin septembre, la société de télécommunications MTN, qui réalise 40 % de ses profits en dehors d'Afrique du Sud et notamment au Nigeria, constituait la première position du fonds actions spécialisé sur l'Afrique de JP Morgan AM. Victime de son succès, le marché sud-africain est néanmoins très cher, selon Didier Rabattu, gérant du fonds Consommation Emergente de Lombard Odier IM. « A titre d'exemple, la capitalisation de Shoprite atteignait il y a deux mois 10 milliards de dollars, le niveau de celle de Carrefour, alors que le rapport était de 650 millions contre 40 milliards en 2000 », souligne-t-il.

Pays le plus peuplé d'Afrique, avec 170 millions d'habitants, le Nigeria fait en revanche l'unanimité. « Le pays représente à lui seul 70 % des investissements africains de notre fonds, jouant la thématique de la consommation dans le monde émergent, soit 3 % de l'encours global », souligne ainsi Didier Rabattu, qui a notamment misé sur la filiale de Heineken, Nigerian Breweries, la seconde capitalisation du marché actions nigérian. Ce pays « constitue l'une de nos destinations d'investissements favorites, car la démographie et la croissance offrent de bonnes opportunités pour le secteur de la consommation », renchérit Claire Peck. D'autant que les valorisations sont attractives. « Le marché nigérian offre une décote d'environ 20 % par rapport à d'autres marchés émergents », souligne ainsi Stéphane Barthélemy.

J. B.

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