12/11/2012 04:51:36
Grande palabre. Maurice Kamto s'attaque aux intellectuels camerounais
L’éminent agrégé de droit et président national du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) a préparé un exposé ayant mis en exergue le rôle trouble des intellectuels camerounais dans la mise sur pied du jeu de l’alternance politique  dans notre pays. 
Le Messager
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Maurice Kamto

L’éminent agrégé de droit et président national du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (Mrc) a préparé un exposé ayant mis en exergue le rôle trouble des intellectuels camerounais dans la mise sur pied du jeu de l’alternance politique  dans notre pays. 

C’est Me Sim du Mrc qui a présenté  l’exposé préparé par Maurice Kamto, l’ancien ministre délégué auprès du ministre de la justice et Garde des Sceaux empêché. Il portait sur le thème : « l’opposition camerounaise et la crise de leadership ». De prime à bord, Maurice Kamto définit l’opposition camerounaise comme un assemblage hétéroclite du bon peuple et de bon esprit. « Depuis ce qu’il est convenu d’appeler « élites » jusqu’à ce que l’on nomme « intellectuels », ce magma en ébullition d’où s’arrachent à l’occasion quelques laves en furie, dévastatrices, dans une coulée désordonnée comme les paroles tumultueuses d’une âme en colère. Opposition protéiforme, scandaleusement bigarré, en quête de je sais quoi, à la recherche de ce que nul ne sait et de ce qu’elle-même ignore », écrit Maurice Kamto. Il soutient d’ailleurs dans cet exposé qu’il y a plusieurs oppositions au Cameroun, qui fonctionnent dans un milieu hostile où « la confusion s’installe à l’arrivée de nouveaux entrants et que rancœur et haines détournent de la cible ultime ». 

Ce leader politique situe le rétablissement de l’opposition au Cameroun aux années 90, et ceci dans la confusion du déchainement des forces aspirant à la liberté et au changement dans notre pays. Un contexte qui a favorisé la juxtaposition de l’opposition politique et de l’opposition intellectuelle. Et dans ce contexte,  souligne Maurice Kamto, les partis politiques furent pris en otage par ce qu’il convient d’appeler société civile. « Deux formes d’engagement poursuivant apparemment les mêmes buts, mais dans des postures différentes étaient nées.  La confusion originelle vient de là. Où les « intellectuels » croient pouvoir déterminer le cours de l’action politique et faire advenir le changement politique et institutionnel dans le pays en gardant une posture d’esthètes  de changement, de prescripteurs d’opinion sans engagement militant. Où les partis politiques de l’opposition s’étant mis en congé de la réflexion stratégique sur l’action politique en contexte d’autoritarisme débonnaire, se sont faits prendre au jeu du discours formulaire d’une « société civile politisée », dont la pensée politique s’est réduite à quelques slogans », soutient-il dans son exposé présenté par Me Sim. 

Profession : Opposant 

Maurice Kamto ne passe pas par quatre chemins pour dénoncer sans complaisance ces opposants qui se sont « fonctionnarisés » dans une sorte d’opposition bureaucratique et gérant les positions de rentes politiques acquises au cours des années dites de braise. Il pense que le temps du messianisme politique est révolu et que c’est  le travail politique qui construira le leadership à venir, et non l’accaparement patrimonial de la scène politique. Les intellectuels eux, ne sont pas en reste. Eux qui devraient nourrir les débats et rétablir l’exactitude des arguments au lieu de travestir les pensées de ceux qui ne trouvent pas grâce à leurs yeux.

« On espérait qu’ils travailleraient à l’élaboration des normes des valeurs communes  de notre sociabilité politique ; qu’ils proposeraient à la société des référents axiologiques partagés comme autant de repères d’une grille d’appréciation  des personnes et de l’action politique. Au lieu de quoi ils emboîtent le pas aux discours de l’opinion  au bas sens commun qui n’est pas l’expression de la raison mais l’intuition de l’appréhension spontanée des situations. Ils donnent de la voix au jour pour dénoncer tel comportement. Ils gardent un silence assourdissant devant tel acte d’injustice aujourd’hui, et le condamnent avec véhémence le lendemain… » Remarque l’éminent agrégé de droit. 

Compte tenue de l’échec enregistré  par l’opposition camerounaise depuis déjà deux décennies,  le président du Mrc suggère que tous les acteurs de l’opposition aient l’humilité qu’impose la remise en cause et le courage de la réinvention des modalités d’action et la capacité de renouvellement de l’offre politique. Mais il constate que c’est un travail malaisé, dans le contexte d’un émiettement extrême de l’opposition, où la lutte inavouée pour le leadership partisan et personnel  absorbe le gros des énergies et distrait finalement de l’essentiel qui est la création des conditions de possibilité de l’alternance dans notre pays. 

Joseph Flavien KANKEU 

 

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