13/11/2012 01:11:13
Le « moment de la vérité » pour la Grèce et l'Eurogroupe
Les jours décisifs approchent, semble-t-il, dans le sauvetage financier de la Grèce. La séance du Conseil des ministres des finances de l’eurozone (Eurogroupe) et la réunion des ministres des finances des pays de l’UE se déroulent ces jours à Bruxelles.
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Europe Grèce
Les jours décisifs approchent, semble-t-il, dans le sauvetage financier de la Grèce. La séance du Conseil des ministres des finances de l’eurozone (Eurogroupe) et la réunion des ministres des finances des pays de l’UE se déroulent ces jours à Bruxelles.

Si les délégués ne parviennent pas à adopter les décisions urgentes et radicales sur le problème de la dette d’Athènes, il est possible que le gouvernement grec proclame un défaut de paiement. Un commentaire de Piotr Iskenderov.

La Grèce est menacée de défaut de paiement. Le journal The Financial Times n’exclut pas que cela se produise le 16 novembre quand il faudra rembourser les obligations d’Etat pour 5 milliards d’euros. Le gouvernement n’a pas de moyens nécessaires. Le programme d’austérité budgétaire ne portera dans le meilleur des cas ses fruits que vers la fin de l’année prochaine. Les espoirs sont liés à une nouvelle tranche de crédit de 31,5 milliards d’euros de la Banque centrale, du FMI et de la Commission européenne dont l’octroi est constamment ajourné.

Les créanciers ont laissé entendre que l’octroi d’une nouvelle tranche de crédit ne serait pas annoncé avant le 26 novembre lorsque les membres de l’Eurogroupe devraient examiner le compte rendu définitif de la Troïka. Or, il est clair que le verdict des experts sera pessimiste et les créanciers seront contraints d’accepter le défaut de paiement ou d’annuler radicalement les dettes de la Grèce ou bien d’inventer d’urgence d’autres mécanismes originaux. Il n’existe pas d’alternative, a dit à notre correspondant le chef du secteur de l’intégration politique de l’Institut de l’Europe de l’Académie des sciences de Russie Nikolaï Kavechnikov.

« La crise économique démontre qu’il existe qu sein de l’UE des pays dont la richesse est exagérée. La croissance économique de ces Etats est fondée ces dix-quinze dernières années sur l’accès aux crédits légers plutôt que sur la compétitivité. Cela concerne non seulement la Grèce, j’ai en vue, en particulier, l’Italie et l’Espagne, pays pas du tout pauvres ».

Si les délégués aux séances à Bruxelles ne réussissent pas à trouver une solution dans les jours à venir, il est possible que les débats soient poursuivis au sommet de l’UE fixé aux 22-23 novembre. Le problème grec sera alors débattu en catégories politiques voire géopolitiques. C’est un problème systémique. Le défaut de paiement de la Grèce et sa sortie de l’eurozone portera inévitablement préjudice au système financier et économique en entraînant l’effet domino, a dit à notre correspondant le chef de la Banque hypothécaire d’Espagne Julio Rodríguez :

« La sortie de la guerre de la Grèce de l’eurozone nuira à tous les pays membres. Cela mettra en question l’équilibre du système financier européen. Qui plus est, de multiples erreurs faites lors de sa formation sont rendues publiques. La sortie de la Grèce de l’eurozone concernera en premier lieu le Portugal et l’Irlande et influera sur l’Italie et l’Espagne où la situation est pour le moment plus favorable ».

Les pronostics ne sont pas optimistes, surtout si les leaders des pays de l’UE en général et de l’eurozone, en particulier, ne parviennent pas à concerter la stratégie anticrise. Ils seront contraints de le faire dans le contexte de l’aggravation de la situation socio-politique.

Piotr Iskenderov

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