15/11/2012 03:13:25
Côte d'Ivoire. Attribution des permis: Les Burkinabè raflent presque tout
Depuis la prise du pouvoir par Alassane Ouattara, les investisseurs et opérateurs économiques burkinabè ont pignon sur rue en Côte d’Ivoire, où ils envahissent ou renforcent leur présence dans la plupart des secteurs clés de l’économie. Ils se signalent désormais depuis environ un an dans le secteur très sensible des mines. Et, coïncidences hasardeuses, ils décrochent quatre des cinq premiers permis de recherche minière délivrés par Alassane Ouattara.
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Depuis la prise du pouvoir par Alassane Ouattara, les investisseurs et opérateurs économiques burkinabè ont pignon sur rue en Côte d’Ivoire, où ils envahissent ou renforcent leur présence dans la plupart des secteurs clés de l’économie. Ils se signalent désormais depuis environ un an dans le secteur très sensible des mines. Et, coïncidences hasardeuses, ils décrochent quatre des cinq premiers permis de recherche minière délivrés par Alassane Ouattara.

Cela fait un peu plus de dix-huit mois qu’Alassane Ouattara règne sur la Côte d’Ivoire. Après avoir suspendu ou annuler les procédures d’attribution de permis de recherche dans le secteur des mines, c’est finalement le 7 novembre dernier que Ouattara a délivré «ses» premiers permis de recherche et d’exploration minière dans le pays, dont une majorité dans la filière aurifère. Le chef de l’Etat n’a fait qu’entériner les choix - des entreprises - de son tout puissant ministre des Mines, Adama Toungara. Qui ne sont autres que des sociétés proches des milieux d’affaires burkinabè, selon la Lettre du continent. Qui renseigne davantage sur ces sociétés de la «légion» burkinabè. «Malgré un modeste capital d’un million de Fcfa, la compagnie Ivorian Birimian Gold, basé à Bouaké, ex-quartier général de la rébellion des Forces nouvelles, a obtenu trois permis sur les cinq accordés. Ces derniers situés à Adzopé, Bondoukou et Katiola. Le directeur général d’Ivorian Birimian Gold, Issa Bambara, est un proche de Guillaume Soro ainsi que de Moussa Dosso, ministre de l’Industrie», révèle La Lettre du continent N°646.

Ce dernier, Issa Bambara, étant également impliqué dans le business du coton entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso. Cette proximité avec deux patrons de l’ex-rébellion des Forces nouvelles explique-t-elle la razzia opérée dans l’obtention des permis par cette «inexpérimentée» société ? En tout cas, elle n’est pas seule à enlever des permis si disputés. Puisqu’une autre entreprise, constituée également il y a à peine un an, vient de bénéficier d’un permis de rechercher minière pour l’or. Il s’agit de la Société d’exploitation recherches minières et de services (Sermis) administrée, selon la Lettre du continent par Salif Ouedraogo. Au-delà de ce dernier, se dresse la silhouette d’Inessa Guénatou Badini, patronne de Youma SARL, l’actionnaire de référence de Sermis. Mme Guénatou Badini n’est autre que la fille de Boureima Badini, l’ex-représentant du facilitateur dans la crise ivoirienne, le président burkinabè Blaise Compaoré.

Ces deux sociétés proches des milieux d’affaires burkinabè, créées il y a à peine un an, raflent à elles seules quatre des cinq premiers permis de recherche minière (avec celui de la société canadienne Sama Nickel), délivrés par le chef de l’Etat, Alassane Ouattara. Là où, selon la lettre du continent, des multinationales comme le sud-africain Rangold Ressources, l’australien Newcrest Mining ou le canadien Le Mancha s’étaient positionnées depuis un long moment sur ces différents permis, espérant être retenus. Il y a de quoi à grincer des dents et à se poser des questions.Et surtout à ne pas rassurer les nombreux investisseurs étrangers et autres multinationales qui espèrent plus de fluidité et de transparence dans le secteur très stratégique des mines.

Frank Toti

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