22/10/2009 14:51:10
Paul Biya enfin de retour après 33 jours d'absence
Le chef de l’Etat a réapparu aux Camerounais à Yaoundé hier, de retour de l’Assemblée générale des Nations unies.
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Depuis 23 jours, les Camerounais s’interrogeaient sur la destination prise par leur président de la République. Un communiqué du cabinet civil de la présidence de la République diffusé sur les ondes de la Cameroon Radio And Television (Crtv), le 30 septembre, indiquait en effet que Paul Biya et son épouse Chantal avaient quitté le sol américain la veille, 29 septembre.

Le communiqué ne précisait curieusement pas le point de chute du couple présidentiel. De conjectures en spéculations, la presse nationale le signalait à Genève, en Suisse. Une source du Cabinet civil a laissé entendre le 5 octobre que "le chef de l'Etat est effectivement parti de New York mardi soir (29 septembre 2009, Ndlr). Il a effectivement achevé sa mission. Il s'est arrêté en Europe où il se trouve en ce moment. Il continue cependant de travailler et de suivre les affaires du pays".

Sur le retour au bercail du chef de l'Etat, la cellule de communication de la présidence de la République a déclaré à l’occasion que : "Le président Paul Biya regagnera le Cameroun dans les tous prochains jours...". A la faveur de la lecture des messages de félicitations envoyés à des homologues (Dadis Camara) et autres actes présidentiels lus sur les antennes de Crtv, les Camerounais ont continué d’être bercés de l’idée que le chef de l’Etat continuait effectivement de travailler et de suivre les affaires du pays. Et surplace au pays justement, des dossiers sensibles tels que la tenue du Conseil supérieur de la magistrature (déjà renvoyés trois fois de suite) sont restés aux oubliettes.
Annoncé à l’investiture du président gabonais le 16 octobre dernier, Paul Biya a plutôt envoyé plutôt le président de l’Assemblée nationale le représenter. Le nouveau «court séjour privé» de Paul et Chantal Biya va ainsi nourrir la polémique. Depuis vendredi dernier, des nouvelles faisant état de son retour se sont répandues dans la capitale.

La présence massive des éléments de la Garde présidentielle le long de l’itinéraire présidentiel, le branle-bas dans les cabinets ministériels et la mobilisation des groupes de danse et des militants du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) ont servi d’aiguillon à la "rumeur". Déjà mardi, 13 octobre, ameutés par la nouvelle du retour du président de la République, certains ministres se trouvant hors de Yaoundé ont regagné la capitale toutes sirènes sifflantes. L’après-midi d’hier a été finalement la bonne. Selon un rituel républicain bien rôdé, le chef de l’Etat a été accueilli à sa descente d’avion par un parterre de personnalités. En tête, le président de l’Assemblée nationale, Cavaye Yeguié Djibril. Avant d’embarquer pour le palais de l’unité, Paul Biya a accordé des audiences à quelques-uns de ses plus proches collaborateurs. Sans aucune déclaration à la presse ni quelque autre communiqué de presse, les Camerounais n’auront donc pas doit à quelque activité du chef de l’Etat durant la période qui sépare le 29 septembre (date du départ de New-York) au 21 octobre (date de son retour d’hier).

Parti du Cameroun le 18 septembre dernier à destination de New-York, le chef de l’Etat a passé à peine deux semaines dans son pays après des vacances passées à La Baule en France. Le coût de ces vacances (27 millions Fcfa par jour), qui ont couvert tout le mois d’Août, avait suscité, l’on se rappelle une vive polémique. Le ministre camerounais de la Communication, Issa Tchiroma Bakary avait à l’époque convoqué la presse à Yaoundé pour s’expliquer. Dans la même journée, il avait publié un communiqué officiel, dans lequel il citait de larges extraits de l’éditorial de Yannick Urrien, directeur de publication du journal publicitaire et gratuit, La Baule+. "Une fois de plus, le chef de l’Etat camerounais est victime d’une agression de forces tapies dans l’ombre, qui manipulent les médias même hors des frontières nationales", affirmait alors le Mincom.

En fait, le scandale des vacances présidentielles intervenait après l’affaire née du rapport du Comité catholique de lutte contre la faim pour le développement (Ccfd) sur la fortune du chef de l’Etat.

Georges Alain Boyomo

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