16/11/2012 02:44:21
Nigeria. Homosexualité: vers la tolérance zéro
« Cette pratique n'a aucune place dans notre culture, notre religion, au Nigeria ou ailleurs en Afrique. C'est de l'immoralité et la profanation de notre culture; nous la condamnons totalement », a martelé la présidente du Sénat Mulikat Akande-Adeola, au grand dam de la communauté internationale
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Manifestation anti-homosexuels

Le projet de loi contre l'homosexualité a été approuvé à l'unanimité mardi en seconde lecture par la Chambre des représentants, la Chambre basse du Parlement nigérian, ce qui rend son adoption imminente.

Une fois adoptée, la loi criminalisera le mariage entre personnes de même sexe et les manifestations publiques d'affection entre homosexuels. Le projet de loi va être maintenant étudié article par article et sera ensuite harmonisé avec une version votée par le Sénat (la Chambre haute du Parlement) en novembre dernier, avant d'être envoyé au président pour approbation.

En vertu de ce projet de loi, les personnes qui contractent des mariages avec des personnes de même sexe risquent 14 ans d'emprisonnement chacune, tandis que ceux qui soutiennent ou assistent à de tels mariages encourent 10 ans d'emprisonnement, comme toute personne qui enregistre, participe ou exploite des clubs, associations et organisations gays.

"Le mariage entre personnes de même sexe est étranger à notre culture et n'est pas autorisé par Dieu; le mariage entre hommes ou femmes de même sexe est complètement étranger à notre société, à notre culture", a déclaré la présidente de la Chambre, Mulikat Akande-Adeola, qui a dirigé les débats mardi. "Cette pratique n'a aucune place dans notre culture, notre religion, au Nigeria ou ailleurs en Afrique. C'est de l'immoralité et la profanation de notre culture; nous la condamnons totalement", a-t-elle martelé.

La communauté internationale s'était indignée l'année dernière lorsque le Sénat a voté sa propre version.

Au lendemain du vote du projet de loi, Amnesty International avait demandé aux autorités nigérianes de le supprimer, estimant qu'en donnant une définition large du 'mariage de personnes de même sexe', qui inclut toute relation entre personnes de même sexe et en ciblant les personnes qui 'assistent', 'aident' ou 'soutiennent' de telles relations, le projet de loi menace les droits humains d'un nombre important de personnes.

De nombreux pays, dont le Royaume-Uni, le Canada et les Etats-Unis, ont également demandé au Sénat de retirer ce projet de loi, certains menaçant même de suspendre leur aide au Nigeria, si le projet de loi était promulgué.

Mais le président du Sénat, David Mark, avait répondu par la négative, en dépit du tollé international qu'il avait suscité.

"Il est injuste de lier toute aide ou assistance au Nigeria à des lois que nous créons dans l'intérêt général de nos citoyens; autrement, nous sommes tentés de croire que cette assistance comprend des motifs inavoués".

"Si cette assistance a pour but d'hypothéquer notre avenir, nos valeurs, nos coutumes et nos modes de vie, alors qu'ils la gardent", avait conclu le président du Sénat.

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