26/10/2009 19:02:56
Afrique cenrale: Imbroglio au sommet de la Beac
Philibert Andzembe toujours goouverneur malgré son limogeage par Ali Bongo
AGA MEDIAS
TEXTE  TAILLE
Augmenter la taille
Diminuer la taille

Philibert Andzembe défie-t-il l’Etat gabonais ? Au lendemain de l’annonce officielle par le gouvernement gabonais de son rappel à Libreville, en vue de son remplacement à la tête de la Beac, une partie de la presse camerounaise annonçait dès mercredi dernier que le Vice Gouverneur d’origine congolaise Rigobert Andely assumait déjà, depuis mardi dernier, l’intérim du Gouverneur au siège de l’institution monétaire sous-régionale à Elig-Essono à Yaoundé.

Seulement, comme si de rien n’était, Philibert Andzembe, le Gouverneur de fait « limogé » par Ali Bongo, reste pourtant, une semaine après,  aux commandes de l’institution monétaire sous régionale à Yaoundé. Une preuve?  C’est M. Andzembe qui préside, depuis ce matin à Douala, en sa qualité de Gouverneur de la Beac, une réunion de l’institut d’émission monétaire de l'Afrique Centrale. Au grand dam et étonnement de ceux qui avaient lu dans le communiqué du 1er conseil des ministres de Ali Bongo Ondimba, qui annonçait, urbi et orbi, « son rappel à Libreville en vue de son remplacement » du poste de Gouverneur, un limogeage en douce. En attendant la tenue de la conférence des chefs d’Etat de la Cemac prévue à Bangui à la mi-novembre, cela paraissait tellement évident. Du moins comme la plus simple des mesures conservatoires, vu le niveau du scandale des malversations et détournements opérés à travers le Bureau extérieur de Paris.

Des sources dignes de foi à la Beac confient à AGA MEDIAS que M. Andzembe soutient que ce n’est pas au Gabon, son pays d’origine qui l’avait proposé, de le démettre. Mais plutôt, la Conférence des Chefs d’Etat l’ayant nommé qui a seule le pouvoir pour démettre les membres du gouvernement de la Beac. Parallélisme des formes oblige. De ce point de vue il renvoie le gouvernement gabonais d’Ali Bongo à ses cours de droit. En rappelant que ce dernier a uniquement le pouvoir statutaire de proposer le nom du Gouverneur, conformément aux termes du consensus de Fort-Lamy. Pas de le démettre. Quelle que soit la gravité de la situation.

Du point de vue strict du droit, M. Andzembe qui avait été proposé par le gouvernement de l’Etat gabonais sous Omar Bongo a raison de s’accrocher à son poste. Seulement, sur le plan politique interne au Gabon,  lui, ou son affaire, expose là Ali Bongo Ondimba à sa première grosse bourde politico-diplomatique.

 Les suites de ce qui apparaît d’évidence comme au moins une défiance à l’autorité gouvernementale de son pays d’origine, qui pourtant lui avait sauvé la mise en début d’année après l’éclatement de l’autre gros scandale des placements douteux, passé par pertes et profits alors que sa responsabilité personnelle était bel et bien engagée. Non plus par simple passivité puisqu’on apprend que le gouverneur avait géré ces opérations de placements uniquement avec son directement chargé des placements, n’informant ni les administrateurs, ni le gouvernement de la Beac encore moins les Etats-membres actionnaires.

Avec cette information sur la poursuite des activités de M. Andzembe à la tête de la Beac, on peut commencer à s’interroger  sur la valeur des autres mesures dites fortes annoncées sur cette affaire par le Conseil des ministres gabonais. Il s’agit notamment de l’effectivité de la mise aux arrêts des citoyens gabonais impliqués dans divers scandales à la Beac. La presse locale avait annoncé dès mardi dernier l’interpellation d'Armand Brice Ndzamba et de Maurice Moutsinga, respectivement comptable du bureau extérieur de  la Béac à Paris entre février 1994 et début 2009 et directeur central de comptabilité au siège de Yaoundé de 2000 à 2007. Ils sont accusés d’avoir occasionné des tripatouillages qui ont fait perdre, entre  2004 et 2008, alors que la Beac était dirigé respectivement par les Gabonais Philippe Mamalepot puis Phillibert Andzembe, 19 milliards de francs Cfa au Bureau extérieur de Paris de la Béac.

Au cours de l’émission dominicale Canal Presse, diffusée hier sur la chaîne camerounaise Canal 2 International, Annanie Rabier Bindzi, un responsable de cette chaîne commerciale qu’on dit assez introduit au sein des cercles du pouvoirs gabonais et qui revenait d’une mission au Gabon, a déclaré non seulement que M. Andzembe était effectivement rappelé à Libreville mais que l’ancien gouverneur Philippe Mamalepot était aussi aux arrêts.

Qui alors? Que d’embrouilles à la fin ! Qui traduisent au moins une réalité : le peu de réactivité des gouvernements de la Cemac ainsi que la politisation décrédilisante des institutions en sous-région Cemac. Ce que redoutent au plus haut point les responsables de la Cosumaf, la structure de régulation boursière de la Cemac. Son président, André Gandou espérait vendredi dernier devant la presse que des mesures sérieuses seraient rapidement prises pour rétablir la confiance des marchés, des investisseurs et des partenaires sur les institutions de la sous-région. Il faut rappeler en effet que la Beac est l’institution la plus influente, financièrement parlant, de la sous-région. 

Ainsi est entrain de se nouer un véritable imbroglio au sommet de la Beac. Avec l'annonce publique du gouvernement gabonais, M. Andzembe aurait eu la délicatesse de démissionner pour se mettre à la disposition de la justice. En réfusant de le faire, il embarasse aussi bien l'Etat gabonais que le gouvernement de la Beac. En espérant que le Vice gouverneur, qui devrait normalement assurer l'intérim ouvert, ne soit pas un va-t-en guerre. Sinon, d'ici à la conférence des chefs d'Etat de Bangui c'est à une véritable guerre des chefs qu'on assitera au sommet de la Beac. 

 

Dépêche du 26 octobre 2009

 

NB: AGA MEDIAS est une agence de presse indépendante et d'informations stratégiques. Basée à Douala, son promoteur est le journaliste Alex Gustave AZEBAZE

Alex Gustave AZEBAZE

Publicité
Publicité

comments powered by Disqus
Publicité
Autres actualités
Plus populaires

PUBLICITE