21/11/2012 01:03:14
Mali. L'ONU exclut une intervention avant l'été 2013
Une telle opération nécessite des préparatifs, selon l'émissaire des Nations Unies, Romano Prodi...
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Romano Prodi
Une telle opération nécessite des préparatifs, selon l'émissaire des Nations Unies, Romano Prodi...

L'émissaire des Nations unies pour le Sahel, l'ancien président du Conseil italien Romano Prodi, a exclu mardi lors d'une visite au Maroc toute intervention militaire d'une force internationale au Mali avant l'été prochain.

«Il a dit qu'une opération militaire dans le nord du Mali ne serait pas possible avant septembre ou octobre de l'an prochain», a déclaré un responsable du ministère marocain des Affaires étrangères. «Selon lui, toute action militaire nécessite des préparatifs et tout doit être fait pour la paix et pour éviter la guerre», a ajouté ce responsable.

L'aval de l'Union africaine

Le ministre algérien de l'Intérieur, Daho Ould Kablia, qui prône une solution politique et des négociations entre les rebelles maliens et le gouvernement de Bamako, a estimé qu'une intervention militaire dans le nord du Mali serait «une aventure» vouée à l'échec.

L'Union africaine (UA) a donné son aval il y a une semaine à un plan d'intervention au Mali pour chasser les rebelles islamistes du nord du pays. Les dirigeants de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) se sont engagés à envoyer 3.300 soldats au Mali. Ces soldats seront notamment fournis par le Nigeria, le Niger et le Burkina Faso mais d'autres pays d'Afrique de l'Ouest et deux ou trois pays non africains pourraient également contribuer à cette force.

Lundi, des islamistes du Mouvement pour l'unicité et le djihad en Afrique de l'Ouest (Mujao), lié à Al-Qaida, ont affronté des séparatistes touaregs du MNLA pour le contrôle de la ville malienne de Ménaka, près de la frontière nigérienne. Des combats entre le MNLA et le Mujao ont éclaté vendredi pour la première fois depuis que les islamistes avaient repris la capitale régionale Gao aux indépendantistes touaregs en juin.

Washington critique le plan de la CEDEAO

RFI rapporte que l’armée américaine considère que le plan de l’intervention militaire dans le nord élaboré par la CEDEAO ne serait pas à la hauteur de ses objectifs. Le commandant des forces américaines pour l’Afrique (Africom), le général Carter Ham, affirme en effet aujourd’hui que « l’idée de demander à cette armée malienne, un ensemble très hétérogène d’un point de vue ethnique, d’être en première ligne au nord du Mali, c’est aller droit dans le mur ».

Le spécialiste du Mali à la Fondation Jamestown de Washington, Andrew Mc Gregor, estime de son côté qu’il « est peu probable que 3 300 soldats d'Afrique de l'Ouest parviennent à réussir une opération militaire au nord du Mali, un terrain difficile pour eux car ils connaissent mal le désert et son climat ». « Donc ces soldats s'exposent aux mêmes revers que ceux essuyés cette année par les forces régulières du Mali face aux insurgés du nord », estime-t-il.

 

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