29/11/2012 00:36:06
L'inéluctable Troisième Guerre mondiale (suite)
(...) La mauvaise gestion de la sortie de la guerre froide
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1 – La mauvaise gestion de la sortie de la guerre froide

Trois choses au moins qui auraient dû être faites ne l’ont jamais été :

Il y a d’abord la renonciation par les deux anciens blocs idéologiques antagonistes, au maintien des structures militaires, politiques et diplomatiques de la confrontation. Le Pacte de Varsovie d’une part et le Traité de l’Atlantique nord (Otan) d’autre part, aurait dû disparaître. Or, on constate que si le premier est tombé en désuétude automatiquement après la fion du système de domination communiste, le second est resté intact et s’est même au contraire renforcé.

Dans cette logique, le complexe militaro-industriel, artisan comme le soutint le président Eisenhower du complot permanent pour créer le drainage des ressources immenses vers des lobbies guerriers, a vu en la fin de la guerre froide non pas une occasion événement contrariant son développement, mais plutôt une excellente opportunité pour étendre le champ de sa clientèle aux quatre coins de la planète. Toutes les structures de renseignement sont également restées en l’état, en dépit des révélations troublantes faites par les anciens dirigeants sur les crimes de la Cia, du Kgb, de la centrale française d’actions extérieures.

Il y a en deuxième lieu, le cadre onusien. Personne ne doute aujourd’hui, que les mécanismes conçus à San Francisco dans la Charte des Nations Unies en vue de maintenir la paix et la sécurité internationales, portaient les germes d’un blocage permanent des efforts de paix dans les situations les plus délicates. Le concept d’équilibre des pouvoirs articulés sur un unanimisme absolu au sein du conseil de sécurité s’est révélé cruel, improductif voire dangereux. Voici en effet un cadre qui devait servir de référence pour la protection des droits des peuples et assurer le maintien d’une cohésion internationale sur la base du respect des grands principes prescrits par la Charte, qui s’est mué en laboratoire mafieux des comportements délictueux des grandes puissances. La réforme du système s’imposait donc avec urgence, mais rien n’a été fait. Les dispositions relatives au déclenchement des mécanismes d’intervention des forces de maintien de la paix, de constat de l’existence d’une situation de menace, d’admission des nouveaux membres, des pouvoirs de l’Assemblée générale, des relations entre les organes, méritaient un toilettage radical. Rien n’a été fait, alors même que c’est tout cela qui avait permit et soutenu les affres et les crimes de la guerre froide.

Le troisième axe concerne la coordination des politiques diplomatiques en vue de l’émancipation effective des peuples jadis soumis. La guerre froide avait donné lieu à la légitimation de l’exclusion explicite de nombreux peuples, bénéfice réel du règne de la justice, des droits de l’homme et de la bonne gouvernance. Ce qui était prôné comme une preuve de la maturité de certains peuples, à savoir les indépendances, s’est traduit surtout par le confinement dans le racisme, la moquerie et l’exclusion de fait. Politiquement, rien n’a été fait pour amener les puissances dominatrices et impérialistes, à respecter la souveraineté des peuples, leur droit à une autodétermination effective. Les cas de l’île de Diégo Gracia et de Guantanamo qui demeurent des bases militaires américaines et de Mayotte confisquée par la France, montrent assez bien le degré de cupidité, de mensonge et de ridicule de ces pays, lesquels continuent de se présenter en champions.

Un quatrième et non des moindres, réside dans la viabilisation des institutions de la coopération économique mondiale qui aurait du logiquement se traduire par une libéralisation encadrée des échanges, très différente du modèle produit par l’Omc qui est devenu une arme diplomatique et idéologique sectaire et discriminatoire à l’efficacité relative.

2 – Inadéquation des mécanismes de sécurité collective

La  guerre froide était un facteur de blocage de la mise en œuvre de la plupart des institutions de la coopération internationale et des mécanismes subséquents destinés à favoriser la paix. La fin de la guerre ne pouvait que symboliser la promesse de grandes avancées dans ce domaine. Le constat ahurissant, c’est que les nations unies n’ont plus fourni aucun effort notoire pour aller de l’avant et faire différemment.

Tout s’est passé comme si le monde prenait acte des situations passées en se conformant à une certaine manière d’envisager la coopération internationale qui soit enfermée dans les cadres égoïstes et sectaires tracés par les grandes puissances.

Au plan politique, il se posait un problème fondamental quant au rôle des institutions du système dans la formulation de la gouvernance des peuples. Fallait-il s’en tenir à la seule demande de décolonisation sans prescrire des normes et des méthodes de gestion politique ? On sait depuis que le débat n’était pas alors facile au sein de l’Onu à cause des dissensions idéologiques.

En effet poser le problème de gouvernance revenait à se pencher uniquement et seulement sur le sort des peuples non autonomes, des peuples colonisés. Ainsi lorsque l’assemblée générale adopte la résolution 1514 relative à l’octroi immédiate de l’indépendance aux peuples non autonomes, elle adopte quelques temps plus tard, la résolution 1541 relative au droit de chaque peuple de choisir sa forme de gouvernement.

La réalité c’est que le but recherché se situe encore dans une certaine ambivalence idéologique teintée de rivalités entre les grandes puissances. Nul n’ignore que dans la plupart des colonies, les pays dominateurs n’entendent pas octroyer une vraie indépendance et cherchent au contraire à remettre le pouvoir entre les mains des potentats à l’instar de la France en Indochine et en Asie ou des Etats unis dans les Caraïbes. Aujourd’hui, le bilan que l’on dresse permet de mieux comprendre ce qui n’a pas été fait ou ce qui a été mal fait ou pas du tout bien conçu.

Il était très important au moment où Gorbatchev organise courageusement la fin de l’empire communiste et proclame sa foi en la démocratie comme seul moyen de promouvoir le développement à long terme des peuples, de repenser complètement l’unicité du monde et surtout de prescrire des modèles homogènes de gestion politique. Pourquoi reste-t-on dans le système des nations unies, bloqué sur la compartimentation du monde en systèmes de développement différents ? En fait on feint de ne pas voir que le drame des peuples demeurera entier tant que d’une part on proclamera la liberté de conscience, la démocratie et la participation citoyenne comme source de bonheur, et que d’autre part on proclamera la dictature au sommet, la censure et le contrôle excessif des populations comme moyen et comme voie royale de création de richesse et de puissance.

A suivre

Shande Tomne in Le Messager

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