29/11/2012 01:39:04
Détournements de fonds. Le Dg de la Camair-Co répond à ses détracteurs
Van Elk : «mon salaire est conforme au contrat qui me lie au gouvernement camerounais»
Le Messager
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Alex Van Elk

Alex Van Elk. « L’audit n’a pas été contradictoire »

Il est au centre de l’actualité. Notamment après la publication par certains journaux d’un rapport d’audit par le cabinet Okalla Ahanda. Audit commandité par le syndicat des travailleurs des transports aériens. Ce document épingle des fautes de gestion du directeur général et, plus grave, indique clairement qu’il y aurait eu « détournement de fonds » (voir Le Messager no 3728 du mardi 27 novembre 2012). C’est sur la base de ces révélations que le syndicat a porté l’affaire devant le Tribunal de grande instance du Wouri. Le Messager est allé vers le principal accusé qui dit dans cet entretien, sa part de vérité…

Percevez-vous un salaire mensuel de 18.333.767 Fcfa alors que votre salaire contractuel  «serait en dessous de 11.390.000 Fcfa», d’après le syndicat des travailleurs des transports aériens ?

Beaucoup de choses se disent par rapport à mon salaire depuis que je suis au Cameroun. A un moment, on l’avait d’ailleurs annoncé à 25.000.000 de francs. Mais je peux vous assurer, il est conforme au contrat qui me lie au gouvernement camerounais.

Il se dit que vous logez à l’hôtel aux frais de la compagnie à hauteur de 2.500.000 Fcfa alors que vous disposez d’une maison de fonction rénovée aux frais du contribuable ?

Je loge à l’hôtel c’est vrai. Mais je me loge à mes propres frais. Vous pouvez vérifier que je paie avec ma carte bancaire. Parlant de la maison de fonction, elle n’a pas encore été mise à la disposition de la compagnie. Peut-être tel sera le cas lorsqu’elle sera effectivement refaite par l’entité qui s’en charge actuellement.

Existe-t-il une politique de nationalisatisation des cadres dans un environnement où seuls les expatriés bénéficieraient des avantages exorbitants ? Pourquoi les avantages des expatriés n’ont pas été portés à la connaissance du commissaire aux comptes qui s’en est plaint ?

Vous vous souvenez que lors d’une conférence de presse en marge de l’an un de notre vol inaugural, j’avais parlé d’un processus qui conduirait à une forte nationalisation. Le processus n’a jamais souffert de contradiction. Vous saviez combien il y avait d’expatriés au départ. Ils avaient des missions précises. Aujourd’hui, nous ne sommes plus que deux responsables expatriés, avec des missions que nous portons avec détermination et engagement.
Quant au traitement des expatriés à Camair-co, je ne révèle rien en disant est conforme aux usages : de manière générale, les salaires à l’expatriation ne sont pas les mêmes que les salaires locaux. Il n’y a rien d’exorbitant. Sur la question, beaucoup de Camerounais en expatriation vous confirmeront ce que je viens de vous dire.

Comment vous sentez-vous dans la peau de quelqu’un dont le mandat est arrivé à expiration et qui continue à engager la Camair-Co alors même qu’un appel à candidatures pour vous remplacer a été lancé par le gouvernement ? Etes-vous candidat à votre propre succession ?

J’ai été nommé par décret présidentiel en février 2010 pour un contrat de deux ans et demi. Il est effectivement arrivé à expiration en fin juillet dernier, mais une résolution du conseil d’administration me permet de continuer à remplir mes fonctions jusqu’à la nomination de mon successeur…

Comment se porte la Camair-Co aujourd’hui (acquis et défis)?

Le domaine du transport aérien dans son ensemble connaît actuellement ce qu’on peut assimiler à une zone de turbulence. C’est difficile pour tout le monde. Ceci est dû aux effets conjugués du ralentissement de l’économie mondiale (suite aux crises que tout le monde connaît) et au renchérissement du prix du pétrole. Camair-Co, qui est une très jeune compagnie, n’y échappe pas. Néanmoins, nos ventes s’améliorent grâce au soutien de l’Etat et à la foi des Camerounais en leur compagnie. Nos équipes travaillent durement pour rendre possible cette amélioration malgré un contexte difficile.

Pourquoi Camair-Co ne décolle pas véritablement par la couverture des Etats-Unis, l’Asie et même le triangle national. Qu’est-ce-qui explique les multiples retards enregistrés et les autres désagréments connus par les passagers ?

Pour le moment, et j’insiste pour dire pour le moment, les Etats-Unis ne sont pas des marchés rentables pour Camair-Co. Par contre nous travaillons sur des lignes comme Dubaï ou la Chine par exemple. Les choses avancent. Les accords aériens ont été signés récemment par la Chine et le Cameroun par exemple.
Il y a des facteurs indépendants de notre volonté qui ont créé récemment des problèmes de déprogrammations ou des retards. Nous nous en excusons encore auprès de notre aimable clientèle. Mais convenons que des efforts sont faits pour une qualité de service toujours meilleure. Je comprends l’exigence que nous avons pour cette compagnie. Mais soyons exigeants en étant patients et indulgents.

Quel crédit accordez-vous à l’expert Okalla Ahanda qui a produit le rapport qui vous accable ?

Ce n’est pas à moi de juger du crédit de tel ou de tel. Pour certaines raisons, l’expert Okalla Ahanda a produit le document sur la base duquel certains journaux ont écrit ce qu’ils ont écrit. Je suis étonné que les personnes qui ont mis ce document en circulation ne leur aient pas dit qu’il ne s’agissait que d’une première mouture, avec certainement des erreurs et des méprises.

Pour un rapport comme celui-là, l’expert doit entendre le DG avant de conclure son audit. Ce qui n’a pas encore été fait. Cette rencontre entre l’auditeur et moi est prévue en décembre, m’a assuré M. Okalla. S’il y a des choses qui demandent explications ou clarification, je le ferai avec le même souci de transparence qui caractérise mon action à la tête de la compagnie.

Propos recueillis par Frédéric BOUNGOU

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